Ils réalisèrent qu’ils étaient voués à la perte et demandèrent qu’il leur fût permis de partir(1) et que leur sang soit épargné. Il acquiesça. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) s’était déjà emparé de tous leurs biens et de toutes leurs forteresses : al-Chaqq, an-Naṭâh, al-Katîba, à l’exception de ces deux derniers forts. Lorsque les habitants de Fadak [furent informés de ce qui était arrivé], ils envoyèrent une délégation au Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) afin de lui demander de les laisser partir en préservant leurs vies, tout en lui cédant leurs biens. Il y consentit. [Parmi ceux qui intercédèrent alors entre le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et eux, se trouvait Muḥayyiṣa ibn Masʿūd, de la branche des Banû Ḥâritha.]
Lorsque les gens de Khaybar [acceptèrent ce compromis], ils sollicitèrent le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) pour qu’il leur confiât l’exploitation [des biens, sur la base d’une répartition à moitié]. Ils déclarèrent en effet : « Nous en avons une meilleure connaissance et sommes plus aptes que vous à les faire prospérer. » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) convint donc d’une trêve [avec un partage à moitié], tout en leur disant : « Si nous voulons vous faire partir, nous vous en expulserons. » Il appliqua également le même accord aux habitants de Fadak.
(…)
Chapitre consacré à la conquête de leurs forteresses(2) et au partage de leurs terres
Al-Wâqidî(3) a rapporté : « Lorsque les Juifs se retirèrent du fort de Nâʿim et du fort de aṣ-Ṣaʿb ibn Muʿâdh pour s’établir dans la citadelle d’al-Zubayr, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) les assiégea durant trois jours. Un homme parmi eux, du nom de Ghazzâl, se présenta et dit : “Ô Abû al-Qâsim, accorde-moi la sécurité et je t’indiquerai un moyen de te débarrasser des gens d’an-Naṭâh, afin que tu puisses ensuite t’en prendre à ceux d’al-Chaqq, car ils sont déjà terrassés par la peur qu’ils ont de toi.” Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) lui garantit la sécurité pour lui et sa famille. Alors le Juif ajouta : “Même si tu les assiégeais un mois, ils n’en seraient nullement incommodés, car ils possèdent sous terre des conduits (douboul) qui leur permettent de sortir la nuit pour s’abreuver, puis de regagner leur citadelle.” Aussitôt, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) ordonna de détruire ces conduits, ce qui força [les assiégés] à sortir pour livrer un combat acharné. Ce jour-là, [quelques] musulmans tombèrent en martyrs, tandis que dix Juifs furent tués. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) prit alors la citadelle, qui était la dernière forteresse d’an-Naṭâh, puis il se tourna vers la région d’al-Chaqq, qui comptait plusieurs forteresses équipées. Il commença par le fort d’Ubayy. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) se tint devant une citadelle appelée Samwân(4), dont les défenseurs combattirent avec la plus vive ardeur. L’un d’eux, nommé ʿAzûl, se porta au-devant [des musulmans] pour un duel. Al-Ḥubbâb ibn al-Mundhir s’avança contre lui, lui trancha la main droite au niveau de l’avant-bras, et l’épée tomba. Le Juif s’enfuit, mais al-Ḥubbâb le poursuivit et lui coupa le tendon du jarret. Un autre homme sortit de la citadelle pour combattre, et un musulman s’élança contre lui ; ce dernier fut alors tué par le Juif. Celui-ci… »