Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«Ils n’ont pas de force, et je n’ai rien à leur donner. Ouvre-leur donc la plus grande forteresse qu’ils possèdent, celle qui contient le plus de nourriture et de graisse.» Le lendemain, les gens s’y rendirent et s’emparèrent de la forteresse de Ḍuʿb ibn Muʿādh. Il n’y avait, à Khaybar, aucune forteresse plus riche en nourriture et en graisse que celle-là.

Ibn Isḥāq (1) a dit : «Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) eut conquis certaines de leurs forteresses et réuni les biens qu’il avait réunis, ils se repliaient alors sur leurs forteresses d’al-Waṭīḥ et d’as-Salālim, qui furent les dernières forteresses de Khaybar à être ouvertes. Le Messager de Dieu (ﷺ) les assiégea pendant plus d’une dizaine de nuits.»

Ibn Hishām a déclaré : «Leur cri de ralliement, le jour de Khaybar, était : “Ô victorieux, tue, tue !”»

Ibn Isḥāq (2) a rapporté : «Buraïda ibn Sufyān al-Aslamī m’a relaté, d’après certains hommes des Banū Salama, qu’Abū l-Yasar Kaʿb ibn ʿAmr a dit : “Nous étions avec le Messager de Dieu (ﷺ) à Khaybar, un soir, lorsque survint un troupeau de moutons appartenant à un Juif, cherchant à rejoindre sa forteresse. Nous l’assiégions alors. Le Messager de Dieu (ﷺ) dit : ‘Qui donc nous procurerait à manger de ce troupeau ?’ Je répondis : ‘Moi, ô Messager de Dieu.’ Il me dit : ‘Fais donc.’ Je partis en courant comme une autruche, et lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) me vit de dos, il pria : ‘Ô Seigneur, fais qu’il nous soit utile.’ J’atteignis le troupeau au moment où les premières bêtes entraient dans la forteresse. Je pris deux moutons qui se trouvaient derrière, les portai sous mes bras, puis revins en courant comme si je ne portais rien, jusqu’à ce que je les déposai devant le Messager de Dieu (ﷺ). Il les égorgea et nous les mangeâmes. Abū l-Yasar fut l’un des derniers compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) à mourir.” Il se mettait à pleurer chaque fois qu’il racontait ce récit, puis disait : “C’est vrai, ils ont bien profité de moi, jusqu’à ce que je sois l’un des derniers d’entre eux (à disparaître).”»

Al-Ḥāfiẓ al-Bayhaqī rapporte dans son ouvrage «Dalāʾil» (3) : «Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Yūsuf al-Aṣbahānī nous informa ; Abū Saʿīd ibn al-Aʿrābī nous informa ; Saʿdān ibn Naṣr nous informa ; Abū Muʿāwiya nous informa, d’après ʿĀṣim al-Aḥwal, d’après Abū ʿUthmān an-Nahdī ou Abū Qilāba, qui a dit : ‘Lorsque le Prophète (ﷺ) arriva à Khaybar, les fruits n’étaient pas mûrs. Les gens se hâtèrent d’en manger, et ils tombèrent malades et furent pris de fièvre. Ils s’en plaignirent auprès de lui, et il leur ordonna de rafraîchir de l’eau dans des outres (4) et de la verser sur eux avant l’aube, tout en invoquant le nom de Dieu. Ils firent ainsi, et c’était comme s’ils étaient délivrés de liens.’»

Al-Bayhaqī ajoute : «Nous l’avons également transmis par ʿAbd al-Raḥmān ibn Rāfiʿ de manière reliée (mawṣūl). D’après une autre version, il s’agit du moment qui sépare la prière du Maghrib de celle de lʿIshāʾ.»

L’imam Aḥmad (5) a rapporté : «Yahyā et Bahz nous ont rapporté : Sulaymān ibn al-Mughīra nous a rapporté, de Ḥumayd ibn Hilāl…»

(1) Voir « La Sîra » d'Ibn Hichâm (2/332). (2) Voir « La Sîra » d'Ibn Hichâm (2/335). (3) (4/242). (4) C'est-à-dire : qu'ils le refroidissent. (5) Rapporté par Ahmad dans le « Musnad » (4/86), c'est un hadith authentique.
ليست بهم قوة، وأن ليس بيدي شيء أعطيهم إيّاه، فافتح عليهم أعظم حصونها عندهم، وأكثرها طعامًا وودكًا ". فغدا الناس ففتح عليهم حصن الضعب بن معاذ، وما بخيبر حصن كان أكثر طعامًا وودكًا منه. قال ابن إسحاق (١) : ولما افتتح رسول الله ﷺ من حصونهم ما افتتح، وحاز من الأموال ما حاز، انتهَوا إلى حصنهم الوطيح، والسَّلالم، وكان آخر حصون خيبر افتتاحًا، فحاصرهم رسول الله ﷺ بضع عشرة ليلة. قال ابن هشام: وكان شعارهم يوم خيبر: يا منصور، أمت أمت. قال ابن إسحاق (٢) : وحدّثني بريدة بن سفيان الأسلميّ، عن بعض رجال بني سلمة، عن أبي اليَسَر كعب بن عمرو قال: إنّا لمع رسول الله ﷺ بخيبر ذات عشية، إذ أقبلت غنم لرجل من يهود، تريد حصنهم ونحن محاصروهم، فقال رسول اللّه ﷺ : "من رجل يطعمنا من هذه الغنم؟ "قال أبو اليسر: فقلت: أنا يا رسول اللّه. قال: " فافعل ". قال: فخرجت أشتدّ مثل الظّليم، فلمّا نظر إليّ رسول اللّه ﷺ مولِّيًا قال: " اللهمم أمتعنا به ". قال: فأدركت الغنم وقد دخلت أولاها الحصن، فأخذت شاتين من أُخراها فاحتضنتهما تحت يديّ، ثم جئت بما أشتدّ، كأنه ليس معي شيء، حتى ألقيتهما عند رسول الله ﷺ فذبحهما فأكلوها، فكان أبو اليَسَر من آخر أصحاب رسول الله ﷺ موتًا " وكان إذا حدّث هذا الحديث بكى، ثم قال: أُمتعوا بي لعمري، حتى كنت من آخرهم [موتًا] . وقال الحافظ البيهقيّ في "الدلائل" (٣) : أخبرنا أبو محمد عبد اللّه بن يوسف الأصبهانيّ، ثنا أبو سعيد بن الأعرابيّ، ثنا سعدان بن نصر، ثنا أبو معاوية، عن عاصم الأحول، عن أبي عثمان النّهديّ، أو عن أبي قلابة قال: لما قدم النَّبِيّ ﷺ خيبر قدم والثمرة خضِرة، قال: فأسرع الناس فيها، فَحُمُّوا، فشكوا ذلك إليه، فأمرهم أن يقرّسوا (٤) الماء في الشّنان، ثم يحدروا عليهم بين أذاني الفجر، ويذكروا اسم اللّه عليه، ففعلوا ذلك فكأنما نشطوا من عُقُل. قال البيهقيّ: ورويناه عن عبد الرحمن بن رافع موصولًا، وعنه: بين صلاتي المغرب والعشاء. وقال الإمام أحمد (٥) : ثنا يحيى وبهز، قالا: ثنا سليمان بن المغيرة، ثنا حميد بن هلال، ثنا
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٣٣٢). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٣٣٥). (٣) (٤/ ٢٤٢). (٤) أي: أن يبرِّدوه. (٥) رواه أحمد في "المسند" (٤/ ٨٦)، وهو حديث صحيح.

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