Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et ce qui l’a poussé à agir ainsi (qu’Allah lui fasse miséricorde) n’était autre que son appui sur ces deux hadiths, comme nous l’avons déjà exposé.

As-Suhaylī (1) et d’autres ont rapporté qu’un certain érudit a prétendu qu’elle (la permission de la “mutʿa”) aurait été octroyée puis interdite trois fois. D’autres ont dit : quatre fois. C’est là une opinion très éloignée de la vérité. Et Allah est plus savant.

Ils ont également divergé quant au moment où elle fut interdite pour la première fois. On a dit : à Khaybar ; on a dit aussi : lors de la ‘Umrat al-Qadā’ ; on a dit encore : l’année de la Conquête (et c’est ce qui paraît le plus probable) ; on a dit également : à Awṭās (ce qui est proche du précédent) ; on a dit : à Tabūk ; et on a dit enfin : lors du Pèlerinage d’Adieu, comme le rapporte Abū Dāwūd (2).

Certains savants ont tenté de répondre au ḥadīth de ʿAlī (qu’Allah anoblisse son visage) en avançant qu’il y a eu dans son récit un renversement dans l’ordre des faits. Selon eux, le passage correctement préservé est celui transmis par l’Imām Aḥmad (3) : « Sufyān nous a rapporté, d’après az-Zuhrī, d’après al-Ḥasan et ʿAbdullāh, les deux fils de Muḥammad, d’après leur père – et al-Ḥasan était le meilleur d’entre eux à ses yeux – que ʿAlī a dit à Ibn ʿAbbās : “Certes, le Messager d’Allah (ﷺ) a interdit le mariage temporaire (mutʿa) ainsi que la consommation de la viande des ânes domestiques, à l’époque de Khaybar.” »

Ils expliquent alors que le narrateur a considéré « Khaybar » comme le moment où les deux interdictions (le mariage temporaire et la viande d’ânes) furent prononcées, alors qu’il ne s’agissait que de la consommation de viande d’ânes domestiques ; quant au mariage temporaire, aucun contexte temporel n’a été mentionné. Le Prophète (ﷺ) aurait donc, selon ʿAlī (qu’Allah l’agrée), réuni ces deux interdictions afin que celui-ci (Ibn ʿAbbās) se détourne de l’idée qu’il en défendait la permission (ce qui était notoire de sa part) pour ces deux sujets. Voilà l’interprétation à laquelle penchait notre maître, le ḥāfiẓ Abū al-Ḥajjāj al-Mizzī (qu’Allah lui fasse miséricorde), amīn.

Pourtant, Ibn ʿAbbās ne revint pas sur sa position à propos de la permission de la viande d’ânes et du mariage temporaire. Il en a donné l’interprétation suivante : les ânes domestiques étaient leur moyen de transport (d’où la permission), et il estimait également que la mutʿa était permise en cas de nécessité lors de voyages, considérant que l’interdiction visait la période d’aisance et de bien-être. Plusieurs de ses disciples et de leurs successeurs l’ont suivi en cela. Cette opinion demeura d’ailleurs connue chez les savants du Hijāz jusqu’à l’époque d’Ibn Jurayj, puis après lui. On a rapporté une version de l’imām Aḥmad ibn Ḥanbal allant dans le sens de l’avis d’Ibn ʿAbbās, mais elle est jugée faible. Certains auteurs de compilations juridiques ont prétendu relever une telle position chez l’imām Aḥmad, mais cela n’est pas fiable non plus. Et Allah est plus savant. Cela est examiné en détail dans le livre « al-Aḥkām », et c’est en Allah que nous plaçons notre recours.

Ibn Isḥāq (4) rapporte : « Ensuite, le Messager d’Allah (ﷺ) s’approchait progressivement des forteresses et des biens (de Khaybar). ʿAbdullāh ibn Abī Bakr m’a mentionné qu’un homme de la tribu de Aslam lui a raconté que les Banū Sahm, de Aslam, vinrent trouver le Messager d’Allah (ﷺ) et dirent : “Par Allah, ô Messager d’Allah, nous subissons une grande privation et nous n’avons vraiment plus rien.” Or ils ne trouvèrent rien auprès du Messager d’Allah (ﷺ) à leur donner. Il dit alors : “Ô Allah, Tu sais bien quelle est leur condition, et que…” »

(1) Voir « Al-Rawḍ al-Anf » (6/557). (2) Rapporté par Abū Dāwūd, n° 2072, ce hadith est isolé (shādh), et la version correcte est que l’interdiction de la mutʿa a eu lieu le jour de la conquête, comme l’a indiqué l’auteur. (3) Rapporté par Aḥmad dans le « Musnad » (1/79), et également cité par al-Bukhārī n° 5115 et Muslim n° 1407, par la chaîne de transmission de Sufyān, qui est Ibn ʿUyayna. (4) Voir « Sīra an-Nabawiyya » d’Ibn Hichām (2/332).
وما حداه على هذا، (رحمه الله) ، إلا اعتماده على هذين الحديثين، كما قدَّمناه. وقد حكى السهيليّ (١) وغيره، عن بعضهم أنه ادّعى أنها أبيحت ثلاث مرات، وحرّمت ثلاث مرات. وقال آخرون: أربع مرات. وهذا بعيد جدًّا. والله أعلم. واختلفوا؛ أيّ وقت أول ما حرّمت؟ فقيل: في خيبر. وقيل: في عمرة القضاء. وقيل: في عام الفتح. وهو الذي يظهر، وقيل: في أوطاس. وهو قريب من الذي قبله. وقيل: في تبوك. وقيل: في حجَّة الوداع، رواه أبو داود (٢) . وقد حاول بعض العلماء أن يجيب عن حديث عليّ، (رضي الله عنه) ، بأنه وقع فيه تقديم وتأخير. وإنما المحفوظ فيه ما رواه الإمام أحمد (٣) : حَدَّثَنَا سفيان، عن الزهريّ، عن الحسن وعبد الله ابني محمد، عن أبيهما - وكان حسن أرضاهما في أنفسهما - أن عليًّا قال لابن عباس: إن رسول اللّه ﷺ نهى عن نكاح المتعة، وعن لحوم الحمر الأهلية زمن خيبر. قالوا: فاعتقد الراوي أن قوله: "خيبر" . ظرف للمنهيّ عنهما، وليس كذلك، إنما هو ظرف للنهي عن لحوم الحمر، فأمَّا نكاح المتعة فلم يذكر له ظرفًا، وإنما جمعه معه؛ لأن عليًّا، (رضي الله عنه) ، بلغه أن ابن عباس أباح نكاح المتعة، ولحوم الحمر الأهلية، كما هو المشهور عنه، فقال له أمير المؤمنين علي: إنك امرؤ تائهٌ، إن رسول اللّه ﷺ نهى عن نكاح المتعة ولحوم الحمر الأهلية يوم خيبر، فجمع له النهي ليرجع عما كان يعتقده في ذلك من الإباحة، وإلى هذا التقرير كان ميل شيخنا الحافظ أبي الحجّاج المزّيّ، تغمَّده الله برحمته، آمين. ومع هذا ما رجع ابن عباس عما كان يذهب إليه من إباحة الحمر والمتعة، أما النهي عن الحمر، فتأوَّله بأنَّها كانت حَمولتهم، وأما المتعة، فإنما كان يبيحها عند الضّرورة في الأسفار، وحمل النهي على ذلك في حال الرَّفاهية والوجدان، وقد تبعه على ذلك طائفة من أصحابه وأتباعهم، ولم يزل ذلك مشهورًا عن علماء الحجاز، إلى زمن ابن جريج، وبعده. وقد حكي عن الإمام أحمد بن حنبل رواية كمذهب ابن عباس، وهي ضعيفة، وحاول بعض من صنّف في الخلاف نقل رواية عن الإمام أحمد بمثل ذلك، ولا يصحّ أيضًا، واللّه أعلم. وموضع تحرير ذلك في كتاب "الأحكام" ، وبالله المستعان. قال ابن إسحاق (٤) : ثم جعل رسول الله (٢) يتدنَّى الحصون والأموال، فحدّثني عبد الله بن أبي بكر أنه حدّثه بعضُ أَسْلَم أن بني سهم من أسلم أتوا رسول اللّه ﷺ فقالوا: والله يا رسول الله، لقد جهدنا وما بأيدينا من شيء. فلم يجدوا عند رسول اللّه ﷺ شيئًا يعطيهم إيّاه، فقال: "اللهم إنك فد عرفتَ حالهم، وأن
(١) انظر "الروض الأنف" (٦/ ٥٥٧). (٢) رواه أبو داود رقم (٢٠٧٢)، وهو شاذ، والصحيح أن تحريم المتعة كان يوم الفتح كما أشار إليه المصنف. (٣) رواه أحمد في "المسند" (١/ ٧٩)، وأخرجه البخاري رقم (٥١١٥) ومسلم (١٤٠٧) من طريق سفيان وهو ابن عيينة به. (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٣٣٢).

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