Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les femmes enceintes parmi les captives de guerre

« Il n’est pas permis à un homme croyant en Allah et au Jour dernier d’avoir de rapports avec une femme de la prise de guerre avant de s’assurer (par la période d’“istibrâ’”) qu’elle n’est pas enceinte. Il n’est pas permis non plus à un homme croyant en Allah et au Jour dernier de vendre un butin avant qu’il n’ait été réparti. Il n’est pas permis à un homme croyant en Allah et au Jour dernier de monter une monture provenant des biens (fay’) des musulmans, puis, après l’avoir rendue maigre, de la réintégrer parmi ces biens. Il n’est pas permis à un homme croyant en Allah et au Jour dernier de revêtir un habit tiré des biens des musulmans, puis, après l’avoir usé, de le leur rendre. »

C’est ainsi qu’Abou Dâoûd rapporta ce hadith par la voie de Muhammad ibn Ishâq (1). At-Tirmidhî (2) le transmit également — via ‘Oumar ibn Hafs ash-Shaybânî (3), Ibn Wahb, Yahyâ ibn Ayyoûb, Rabî‘ah ibn Soulaym, Bishr ibn ‘Oubayd Allâh — de Rouwayfi‘ ibn Thâbit, sous une forme abrégée, et le qualifia de « bon » (hasan).

Dans le « Sahîh » d’Al-Bukhârî (4), d’après Nâfi‘, Ibn ‘Oumar rapporte que le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) interdit, le jour de Khaybar, la consommation de la chair des ânes domestiques ainsi que la consommation d’ail. Ibn Hazm a mentionné que ‘Alî et Sharîk ibn al-Ḥanbal avaient opté pour l’interdiction de l’oignon et de l’ail crus. Au dire d’At-Tirmidhî (5), ils n’exprimaient toutefois qu’une réprobation (karâha), et Allah sait mieux.

Les commentateurs ont discuté du hadith rapporté dans les deux « Sahîh » (6), par la voie d’Az-Zouhrî, d’après ‘Abdallah et Al-Hasan, fils de Muhammad ibn Al-Ḥanafiyya, qui le tenaient de leur père, lui-même le tenant de son père ‘Alî ibn Abî Tâlib (qu’Allah l’agrée) : le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) y interdit, le jour de Khaybar, le mariage temporaire (nikâh al-mut‘a) ainsi que la chair des ânes domestiques. Telle est la formulation figurant dans les deux « Sahîh » à partir des chaînes passant par Mâlik et d’autres, venant d’Az-Zouhrî. Cela laisse entendre que l’interdiction du mariage temporaire aurait été édictée dès le jour de Khaybar. Or, ce point suscite deux difficultés :

Premièrement, le jour de Khaybar, il n’y avait pas de femmes pour lesquelles on aurait eu recours au mariage temporaire, puisqu’ils se suffisaient déjà des captives de guerre. Deuxièmement, il est établi dans le « Sahîh » de Mouslim (7), d’après Ar-Rabî‘ ibn Sabra ibn Ma‘bad, qui le tenait de son père, que le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) avait autorisé le mariage temporaire lors de la conquête (de La Mecque), puis, avant de quitter la ville, il l’interdit à nouveau en disant : « En vérité, Allah l’a prohibée jusqu’au Jour de la Résurrection. » Ainsi, il en ressort qu’il l’avait d’abord interdite, puis autorisée, puis de nouveau interdite, ce qui impliquerait deux abrogations successives, ce qui reste peu probable. Malgré tout, l’imam Ash-Shâfi‘î a affirmé qu’il ne connaissait rien qui aurait été permis, puis interdit, puis à nouveau permis, puis interdit une seconde fois, hormis le mariage temporaire (mut‘a).

(1) Rapporté par Ahmad dans le « Musnad » (4/108-109) et Abū Dāwūd, numéros (2158) et (2159), par la chaîne de transmission d'Ibn Isḥāq, dont la chaîne est qualifiée de ḥasan. (2) Numéro (1131), un hadith ḥasan comme mentionné par al-Tirmidhī et cité par l'auteur. (3) Dans les « Uṣūl » : Ḥafṣ ibn ʿUmar, attesté par al-Tirmidhī. (4) Numéro (4215). (5) Numéros (1808) et (1809), un hadith ḥasan. (6) Rapporté par al-Bukhārī numéros (4216), (5115) et (6961), et Muslim numéro (1407). (7) Numéro (1406).
الحَبَالى من السّبي "ولا يحلّ لامرئ يؤمن باللّه واليوم الآخر] أن يصيب امرأة من السّبي حتى يستبرئها، ولا يحل لامرئ يؤمن باللّه واليوم الآخر أن يبيع مغنمًا حتى يقسم، ولا يحل لامرئ يؤمن باللّه واليوم الآخر أن يركب دابة من فيء المسلمين حتى إذا أعجفها ردّها فيه، ولا يحلّ لامرئ يؤمن باللّه واليوم الآخر أن يلبس ثوبًا من فيء المسلمين حتى إذا أخلقه ردّه فيه" . وهكذا روى هذا الحديث أبو داود من طريق محمد بن إسحاق، به (١) . ورواه الترمذيّ (٢) ، عن عمر بن حفص الشّيبانيّ (٣) ، عن ابن وهب، عن يحيى بن أيوب، عن ربيعة بن سُليم، عن بشر بن عبيد الله، عن روُيفع بن ثابت، مختصرًا، وقال: حسن. وفي "صحيح البخاريّ" (٤) عن نافع، عن ابن عمر أن رسول اللّه ﷺ نهى يوم خيبر عن لحوم الحمر الأهليّة وعن أكل الثّوم. وقد حكى ابن حزم، عن عليّ وشريك بن الحنبل، أنهما ذهبا إلى تحريم البصل والثّوم النِّيْءِ. والذي نقله الترمذيّ (٥) عنهما الكراهة. فاللّه أعلم. وقد تكلّم الناس في الحديث الوارد في "الصحيحين" (٦) من طريق الزهريّ، عن عبد اللّه والحسن ابني محمد ابن الحنفيّة، عن أبيهما، عن أبيه عليّ بن أبي طالب، (رضي الله عنه) ، أن رسول اللّه ﷺ نهى عن نكاح المتعة يوم خيبر، وعن لحوم الحمر الأهليّة. هذا لفظ "الصحيحين" من طريق مالك وغيره، عن الزهريّ، وهو يقتضي تقييد تحريم نكاح المتعة بيوم خيبر، وهو مشكل من وجهين: أحدهما، أن يوم خيبر لم يكن ثَمّ نساء يتمتّعون بهنّ؛ إذ قد حصل لهم الاستغناء بالسِّباء عن نكاح المتعة. الثاني، أنه قد ثبت في "صحيح مسلم" (٧) عن الربيع بن سَبْرة بن مَعْبَد، عن أبيه، أن رسول اللّه ﷺ أذن لهم في المتعة زمن الفتح، ثم لم يخرج من مكة حتى نهى عنها، وقال: "إن الله قد حرّمها إلى يوم القيامة" . فعلى هذا يكون قد نهى عنها، ثم أذن فيها، ثم حرّمت؛ فيلزم النّسخ مرتين، وهو بعيد. ومع هذا فقد نصَّ الشافعيّ على أنه لا يعلم شيئًا أُبيح ثم حرّم، ثم أبيح ثم حرّم، غير نكاح المتعة،
(١) رواه أحمد في "المسند" (٤/ ١٠٨ - ١٠٩) وأبو داود رقم (٢١٥٨) و (٢١٥٩) من طريق ابن إسحاق وإسناده حسن. (٢) رقم (١١٣١)، وهو حديث حسن كما ذكر الترمذي ونقله المصنف. (٣) في الأصول: حفص بن عمر، والمثبت من الترمذي. (٤) رقم (٤٢١٥). (٥) رقم (١٨٠٨) و (١٨٠٩)، وهو حديث صحيح. (٦) رواه البخاري رقم (٤٢١٦) و (٥١١٥) و (٦٩٦١) ومسلم رقم (١٤٠٧). (٧) رقم (١٤٠٦).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies