Sa première éducation eut lieu dans le village de «Majdal» ou «Migdal» ou «Majîdal al-Qurayya» (1), situé à l’est de la ville de Bosra, qui était la patrie de sa mère. À la fin de sa vie, le père d’Ibn Kathir s’y établit en tant qu’imam pour les prières et prédicateur lors des prêches du vendredi et des fêtes. Après son décès, la famille y demeura encore environ quatre ans, avant de se rendre à Damas en l’an 707 de l’Hégire. Ibn Kathir quitta ce village après y avoir nourri son cœur et son esprit de souvenirs d’enfance, recueillant ce que les gens disaient au sujet des sermons émouvants de son père, et écoutant les vers et propos que tous retenaient de lui. Ses frères lui racontèrent que leur père l’avait nommé Ismâ‘îl, le prenant en bon augure pour qu’il soit semblable à leur frère aîné, étudiant en quête de savoir, que la mort avait ravi après un long parcours dans l’apprentissage. Ainsi, dès son plus jeune âge, il aspira à poursuivre cette voie, à s’abreuver à cette source limpide et, ce faisant, à apporter la satisfaction à l’âme de son père dans sa tombe, devenant à son tour, parmi les gens, un individu digne de mention comme son père.
Quant à sa deuxième éducation, plus marquante, elle se déroula à Damas, en terre de Cham, où il se rendit avec son frère germain, ‘Abd al-Wahhâb, homme aimant et bienveillant tenant lieu de père et premier enseignant pour lui. Ibn Kathir demeura longtemps sous sa garde, profitant de son savoir. Écoutons le témoignage d’Ibn Kathir lui-même, qui raconte :
« Puis nous déménageâmes ensuite — c’est-à-dire après la mort du père — en l’an 707 de l’Hégire, pour Damas, en compagnie de Kamâl al-Dîn ‘Abd al-Wahhâb, notre frère germain, qui était pour nous un compagnon compatissant. Son décès fut retardé jusqu’en l’an 750 de l’Hégire. J’étudiai sous sa direction, et Dieu, exalté soit-Il, rendit aisé ce qui était facile et adoucit ce qui était ardu grâce à lui. » (2)
Ibn Kathir précise également où ils s’installèrent à Damas, mentionnant des noms que le temps a fait oublier :
« Cette année-là, 707 de l’Hégire, nous arrivâmes de Bosra à Damas après la mort de mon père, et la première demeure que nous occupâmes fut à Darb Saffûn, appelé aussi Darb Ibn Abî al-Hayjâ’, dans la vieille zone du marché des orfèvres, près du quartier des vendeurs d’oiseaux. » (3)
Il relate en outre, dans la biographie du shaykh Muhyî al-Dîn Ibn ‘Abd Allâh Ibn Safî al-Dîn Ibrâhîm Ibn Marzûq (mort en 662 de l’Hégire) :
« Sa demeure, transformée en madrasa pour les shafi‘ites et constituée en waqf par l’émir Jamâl al-Dîn Âqouch al-Najîbî, appelée “an-Najîbiyya” — qu’Allâh agrée son œuvre — fut également le lieu de notre séjour. Puisse Dieu en faire une demeure précédant celle de la félicité éternelle, un succès éclatant. » (4)