Mouʾammal ibn Ismāʿīl nous a rapporté, Hammād nous a rapporté, Thābit, d’après Anas, qu’un homme vint auprès du Messager de Dieu ﷺ et dit : « Ô Messager de Dieu, je suis un homme à la peau noire, au visage disgracieux et à l’odeur repoussante, je ne possède aucun bien. Si je combats ces gens jusqu’à être tué, entrerai-je au Paradis ? » Le Prophète ﷺ répondit : « Oui. » Alors l’homme s’avança et combattit jusqu’à être tué. Le Messager de Dieu ﷺ passa près de lui alors qu’il gisait mort et dit : « En vérité, Dieu a embelli ton visage, parfumé ton odeur et multiplié ta richesse. » Et [il ajouta] : « J’ai vu ses deux épouses parmi les houris se disputer sa tunique, s’immisçant entre sa peau et sa tunique. »
Puis al-Bayhaqī (1) rapporta, selon la chaîne de transmission passant par Ibn Jurayj, qui a dit : ‘Ikrima ibn Khālid m’a informé, d’après [Ibn] Abī ʿAmmār, d’après Shaddād ibn al-Hād, qu’un bédouin vint auprès du Messager de Dieu ﷺ, crut en lui et le suivit, puis il dit : « Je veux émigrer avec toi. » Le Prophète ﷺ le recommanda à l’un de ses compagnons. Quand survint la bataille de Khaybar, le Prophète ﷺ fit un butin et procéda au partage. Il attribua une part à ce compagnon, puis on la remit au bédouin, qui gardait les montures. À son retour, on lui donna sa part, et il dit : « Qu’est-ce que cela ? » Ils répondirent : « C’est la part que le Messager de Dieu ﷺ t’a allouée. » Il déclara : « Je ne t’ai pas suivi pour cela. Je t’ai suivi pour être atteint d’une flèche ici – et il montra sa gorge – pour mourir et entrer alors au Paradis. » Le Prophète ﷺ dit : « Si tu es sincère envers Dieu, Il sera sincère envers toi. » Puis ils livrèrent bataille à l’ennemi, et on apporta cet homme au Messager de Dieu ﷺ, grièvement blessé par une flèche à l’endroit même qu’il avait indiqué. Le Prophète ﷺ demanda : « Est-ce bien lui ? » Ils répondirent : « Oui. » Il dit : « Il a été sincère avec Dieu, alors Dieu a été sincère avec lui. » Le Prophète ﷺ l’enveloppa de sa propre tunique, puis il avança et pria sur lui. Parmi les propos prononcés au cours de la prière, on rapporte : « Ô Dieu, voici Ton serviteur, il est sorti en émigrant sur Ton chemin, il a été tué en martyr, et j’en témoigne. » Ce récit a également été rapporté par an-Nassāʾī (2) via Souwayd ibn Naṣr, d’après ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak, d’après Ibn Jurayj, dans un sens proche.
[Chapitre]
Ibn Isḥāq (3) a dit : « Le Messager de Dieu ﷺ s’approchait des biens (de Khaybar), les prenant un à un, conquérant forteresse après forteresse. La première forteresse ouverte fut celle de Nāʿim, à proximité de laquelle Maḥmūd ibn Maslama trouva la mort : une meule qu’on jeta sur lui le tua. Vint ensuite al-Qamūṣ, la forteresse d’Abūl-Ḥuqayq. Le Messager de Dieu ﷺ y fit des prisonnières, parmi lesquelles Ṣafiyya bint Ḥuyayy ibn Akhṭab, qui était l’épouse de Kināna ibn ar-Rabīʿ ibn Abīl-Ḥuqayq, ainsi que deux cousines à elle. Le Prophète ﷺ choisit Ṣafiyya pour lui-même alors que Dihya ibn Khalīfa l’avait demandée ; il la lui prit donc et donna à Dihya les deux cousines à la place. »
Ibn Isḥāq poursuit : « Les captives de Khaybar se répandirent parmi les musulmans, et les gens mangèrent de la chair d’ânes. C’est alors que le Messager de Dieu ﷺ leur interdit d’en consommer. »