Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« Au contraire, c’est ton fils qui le tuera, si Dieu le veut. » Ils se rencontrèrent, et Az-Zubayr le tua.

[Rapporté:] Ainsi, lorsque l’on disait à Az-Zubayr : « Par Dieu, ton sabre n’était-il pas redoutablement tranchant ce jour-là ? », il répondait : « Par Dieu, il ne l’était pas, mais je l’y ai contraint. »

Younous a rapporté, selon Ibn Ishaq, d’après certains membres de sa famille, d’après Abou Rafi‘, l’affranchi du Messager de Dieu ﷺ, qui a dit : « Nous sommes sortis avec ‘Ali lorsque le Messager de Dieu ﷺ l’envoya [à Khaybar] avec son étendard. Lorsque ‘Ali fut proche de la forteresse, ses occupants sortirent à sa rencontre et l’attaquèrent. L’un d’eux, issu des Juifs, le frappa et fit tomber son bouclier. ‘Ali saisit alors la porte de la forteresse et s’en servit comme bouclier, qu’il ne lâcha pas tout au long du combat, jusqu’à ce que Dieu lui accorde la victoire. Puis il le jeta. Pour ma part, je me suis vu, avec sept autres hommes – j’étais le huitième – peiner pour retourner cette porte, et nous n’y sommes pas parvenus. » Ce récit comporte cependant une incertitude quant à son narrateur et une rupture évidente dans sa chaîne de transmission.

Le hâfiẓ Al-Bayhaqî (1) et Al-Hakim ont toutefois rapporté, par la chaîne de transmission allant de Muṭṭalib ibn Ziyad à Layth ibn Abî Sulaym, puis à Abou Ja‘far Al-Bâqir, d’après Jâbir, que ‘Ali porta la porte le jour de Khaybar au point que les musulmans grimpèrent dessus et prirent la forteresse. Puis, lorsqu’on voulut tester la porte après coup, quarante hommes ne purent la soulever. Ce hadith est toutefois jugé faible. Selon une version également fragile, rapportée de Jâbir, soixante-dix hommes se réunirent ensuite autour de la porte, et ce ne fut qu’au prix de grands efforts qu’ils réussirent à la remettre en place.

Al-Bukhârî (2) rapporte : « Makkî ibn Ibrâhîm nous a transmis, de la part de Yazîd ibn Abî ‘Ubayd, qui a dit : “J’ai vu la marque d’une blessure sur la jambe de Salama. Je lui ai demandé : ‘Ô Abou Mouslim, d’où vient cette blessure ?’ Il répondit : ‘C’est une blessure que j’ai reçue le jour de Khaybar. Les gens dirent alors : ‘Salama est touché.’ Je me suis donc rendu auprès du Prophète ﷺ, qui y a soufflé trois fois, et depuis, je n’ai plus jamais souffert de cette blessure.’” »

Puis Al-Bukhârî (3) dit : « ‘Abd Allâh ibn Maslama nous a transmis, d’après Ibn Abî Hâzim, selon son père, d’après Sahl, qui a dit : “Le Prophète ﷺ et les polythéistes se rencontrèrent lors de l’une des expéditions et engagèrent le combat. Chaque groupe repartit alors vers son propre camp. Au sein des musulmans, se trouvait un homme qui ne laissait échapper aucun ennemi isolé ou épars sans l’attaquer de son sabre. Les gens dirent : ‘Ô Messager de Dieu, nul n’a accompli aujourd’hui une prouesse égale à la sienne.’ Le Prophète ﷺ répondit : ‘En vérité, il est des gens de l’Enfer.’” Les Compagnons s’exclamèrent : ‘Qui donc, parmi nous, peut être promis au Paradis si celui-là est de l’Enfer ?’ L’un d’eux déclara : ‘Je vais le suivre. Dès qu’il s’élancera ou ralentira, je le suivrai de près.’ L’homme fut finalement blessé et s’empressa de mettre fin à ses jours : il posa la garde de son sabre à terre, la pointe entre ses seins, puis pesa dessus pour se tuer. L’autre homme vint alors trouver le Prophète ﷺ et déclara : ‘Je témoigne que tu es le Messager de Dieu.’ Celui-ci demanda : ‘Qu’est-ce qui t’amène à le dire ?’ Il lui raconta l’événement, et le Prophète ﷺ s’exclama : ‘En vérité, un homme peut agir à la manière des gens du Paradis en apparence, alors qu’il fait partie des gens de l’Enfer, et inversement, il peut agir comme les gens de l’Enfer en apparence alors qu’il fait partie des gens du Paradis.’” »

Dans une autre version (4), rapportée par Qutayba, selon Ya‘qûb, d’après Abû Hâzim, d’après Sahl, le récit est semblable ou s’en approche.

(1) Dans "Dalāʾil an-Nubuwwa" (tome 4, p. 212). (2) Rapporté par al-Bukhārī, n° 4203. (3) Dans son « Ṣaḥīḥ », n° 4207. (4) Se réfère à al-Bukhārī dans son « Ṣaḥīḥ », n° 2898 et 4202.
"بل ابنك يقتله إن شاء اللّه" . فالتقيا فقتله الزبير. [قال] : فكان الزّبير - إذا قيل له: واللّه إن كان سيفك يومئذ لصارمًا - يقول: واللّه ما كان صارمًا، ولكني أكرهته. وقال يونس، عن ابن إسحاق، عن بعض أهله، عن أبي رافع مولى رسول اللّه ﷺ قال: خرجنا مع عليّ حين بعثه رسول اللّه ﷺ [برايته] ، فلمّا دنا من الحصن خرج إليه أهله، فقاتلهم، فضربه رجل منهم من يهود، فطرح تُرسه من يده، فتناول عليّ باب الحصن، فترّس به عن نفسه، فلم يزل في يده وهو يقاتل حتى فتح اللّه عليه، ثم ألقاه من يده، فلقد رأيتُني في نفر معي سبعة أنا ثامنهم، نجهد على أن نقلب ذلك الباب، فما استطعنا أن نقلبه. وفي هذا الخبر جهالة وانقطاع ظاهر. ولكن روى الحافظ البيهقيّ (١) ، والحاكم من طريق مُطَّلب بن زياد، عن ليث بن أبي سُليم، عن أبي جعفر الباقر، عن جابر، أن عليًّا حمل الباب يوم خيبر حتى صعِد المسلمون عليه فافتتحوها، وأنه جرّب بعد ذلك، فلم يحمله أربعون رجلًا. وفيه ضعف أيضًا. وفي رواية ضعيفة، عن جابر: ثم اجتمع عليه سبعون رجلًا، وكان جهدهم أن أعادوا الباب. وقال البخاريّ (٢) : ثنا مكّيّ بن إبراهيم، ثنا يزيد بن أبي عبيد قال: رأيت أثر ضربة في ساق سلمة، فقلت: يا أبا مسلم، ما هذه الضربة؟ قال: هذه ضربة أصابتْها يوم خيبر، فقال الناس: أصيب سلمة. فأتيت النبيّ ﷺ فنفث فيه ثلاث نفَثات، فما اشتكيت حتى الساعة. ثم قال البخاريّ (٣) : حَدَّثَنَا عبد اللّه بن مسلمة، حَدَّثَنَا ابن أبي حازم، عن أبيه، عن سهل قال: التقى النبيّ ﷺ المشركون في بعض مغازيه فاقتتلوا، فمال كلّ قوم إلى عسكرهم، وفي المسلمين رجل لا يدَع من المشركين شاذّة ولا فاذّة إلّا اتّبعها فضربها [بسيفه] ، فقيل: يا رسول اللّه، ما أجزأ أحدٌ ما أجزأ فلان. قال: "إنه من أهل النار" . فقالوا: أيّنا من أهل الجنة إن كان هذا من أهل النار؟ فقال رجل من القوم: لأتّبعنّه، فإذا أسرع وأبطأ كنت معه. حتى جرح فاستعجل الموت، فوضع نصاب سيفه بالأرض وذبابه بين ثدييه، ثم تحامل عليه فقتل نفسه. فجاء الرجل إلى النَّبِيّ ﷺ فقال: أشهد أنك رسول اللّه. قال: "وما ذاك؟ " فأخبره، فقال: "إن الرجل ليعمل بعمل أهل الجنة فيما يبدو للناس، وإنه من أهل النار، ويعمل بعمل أهل النار فيما يبدو للناس، وإنه من أهل الجنة" . رواه أيضًا (٤) عن قتيبة، عن يعقوب، عن أبي حازم، عن سهل، فذكر مثله أو نحوه.
(١) في "دلائل النبوة" (٤/ ٢١٢). (٢) رواه البخاري رقم (٤٢٠٣). (٣) في "صحيحه" رقم (٤٢٠٧). (٤) يعني البخاري في "صحيحه" رقم (٢٨٩٨) و (٤٢٠٢).

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