Khaybar a su que je suis Kaʿb, moi qui dissipe les angoisses, audacieux et résolu. Quand la guerre s’est dispersée, suivie d’un nouveau combat, je brandissais un sabre d’une dureté semblable à la cornaline, parfaitement tranchant. Je vous foule aux pieds jusqu’à ce que l’intraitable se soumette, et nous accordons la rétribution ou le butin revient (1) grâce à une main ferme qui ne souffre aucun reproche.
Puis il dit : Marhab se mit alors à improviser des vers et lança : « Qui veut m’affronter en duel ? » [Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui)] dit : « Qui se chargera de lui ? » Alors Muḥammad Ibn Maslama répondit : « Moi, ô Messager de Dieu. Je suis, par Dieu, celui qui réclame vengeance, mon frère ayant été tué hier. » [Le Prophète] lui dit : « Lève-toi contre lui. Ô Seigneur, accorde-lui Ton secours. »
Lorsque l’un approcha l’autre, un arbre ʿumriyya (2), de l’espèce de lʿu shar (3), se dressa entre eux. Chacun se servait de l’arbre pour se protéger de l’adversaire. Chaque fois que l’un d’eux se dissimulait derrière l’arbre, l’autre tranchait d’un coup d’épée ce qui dépassait, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent face à face, sans qu’il ne reste de l’arbre qu’un tronc semblable à un homme debout, dépourvu de branches. Marhab chargea alors Muḥammad Ibn Maslama et le frappa, mais celui-ci para le coup de son bouclier. L’épée de Marhab s’y enfonça et resta coincée. Muḥammad Ibn Maslama le frappa à son tour et le tua.
L’imam Aḥmad (4) rapporta ce récit d’après Yaʿqūb Ibn Ibrāhīm, de son père, d’après Ibn Isḥāq, en des termes similaires. Ibn Isḥāq (5) raconta que certains affirmèrent que Muḥammad scanda ces vers, en disant : « Khaybar sait que je suis déterminé, doux quand je le souhaite, et venin mortel. »
De même, al-Wāqidī (6) rapporta, d’après Jābir et d’autres Anciens, que c’est Muḥammad Ibn Maslama qui tua Marhab. Il évoqua le fait que Muḥammad trancha les deux jambes de Marhab ; alors ce dernier lui dit : « Achève-moi ! » Il lui répondit : « Non ! Savoure la mort comme l’a goûtée Maḥmūd Ibn Maslama. » Puis ʿAlī passa et lui trancha la tête. Ils se disputèrent alors le butin auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), qui attribua à Muḥammad Ibn Maslama l’épée, la lance, la coiffe de maille (maghfar) et le casque (bayḍa) de Marhab. On rapporte qu’il était gravé sur l’épée : « Voici l’épée de Marhab. Quiconque la goûte périt. »
Ibn Isḥāq (7) ajouta que le frère de Marhab, Yāsir, sortit après lui en demandant : « Y a-t-il un adversaire ? » Selon Hishām Ibn ʿUrwa, az-Zubayr sortit alors à sa rencontre. Sa mère, Ṣafiyya bint ʿAbd al-Muṭṭalib, s’écria : « Mon fils va se faire tuer, ô Messager de Dieu ! »