Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il se trancha l’artère du poignet et en mourut. Sélama raconte : « Je sortis alors et tombai sur un groupe de Compagnons du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) en train de dire : “Les œuvres de ‘Amir sont vaines ; il s’est donné la mort.” » Il poursuit : « Je me rendis auprès du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) en pleurant. Il me dit : “Qu’as-tu ?” Je répondis : “Ils disent qu’‘Amir a perdu le bénéfice de ses actes.” Il me demanda : “Qui a dit cela ?” Je rétorquai : “Un groupe de tes Compagnons.” Il déclara : “Ils ont menti : il aura au contraire une double récompense.” »

Il envoya ensuite chercher ‘Ali (que Dieu l’agrée) qui souffrait des yeux. Le Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Je donnerai aujourd’hui l’étendard à un homme qui aime Dieu et Son Messager. » Sélama raconte : « Je l’amenai, le conduisant par la main. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) cracha dans ses yeux et il fut guéri. Il lui donna alors l’étendard. »

C’est alors que Marhab se présenta en récitant ces vers (rajaz) :
« Khaybar sait bien que je suis Marhab,
Armé de pied en cap, héros aguerri,
Quand la guerre se prépare, la flamme s’allume. »

‘Ali se porta à sa rencontre en disant :
« Je suis celui que ma mère nomma Haïdara,
Tel un lion de la jungle, à l’aspect redoutable.
Je paie chacun à sa juste mesure, dans un grand fracas. » (1)

‘Ali frappa Marhab, fendit son crâne et le tua. Ce fut la victoire. Ainsi, selon ce récit, ‘Ali fut celui qui tua Marhab le Juif — que Dieu le maudisse.

Aḥmad (2) rapporte : « Hussein ibn Ḥasan al-Ashqar nous raconta, d’après Ibn Qâbous ibn Abî Ẓabiyân, d’après son père, d’après son grand-père, sur l’autorité de ‘Ali, qui dit : “Lorsque je tuai Marhab, j’apportai sa tête au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix).” »

Mûsâ ibn ‘Uqba (3), d’après az-Zuhrî, raconte toutefois que celui qui tua Marhab fut Muḥammad ibn Maslama. De même, Muḥammad ibn Isḥâq (4) rapporte, d’après ‘Abd Allâh ibn Sahl — l’un des Banû Ḥâritha — que Jâbir ibn ‘Abd Allâh raconta : « Marhab le Juif sortit de la forteresse de Khaybar en déclamant ces vers (rajaz) :
“ Khaïbar sait bien que je suis Marhab,
Armé de pied en cap, héros éprouvé.
Tantôt je frappe de ma lance, tantôt de mon épée,
Quand les lions s’approchent, ils reculent.
Ma forteresse est un rempart protégé qu’on n’approche pas.” »

Jâbir poursuit : « Ka‘b ibn Mâlik (5) lui répondit de même en vers (rajaz). »

(1) Al-sandarâ : une sorte de mesure. (2) Rapporté par Aḥmad dans « al-Musnad » (1/111) avec une chaîne de transmission faible. (3) Voir « Dalāʾil al-Nubuwwa » d’al-Bayhaqī (4/214). (4) Voir « Dalāʾil al-Nubuwwa » d’al-Bayhaqī (4/215). (5) Les vers se trouvent dans son « Dīwān » p. 154, avec quelques divergences dans les formulations.
فقطع أكحله وكانت فيها نفسه. قال سلمة: فخرجت فإذا نفر من أصحاب رسول الله ﷺ يقولون: بطلَ عمل عامر؛ قتل نفسه. قال: فأتيت رسول اللّه ﷺ وأنا أبكي، فقال: "ما لك؟ " فقلت: قالوا: إن عامرًا بطل عمله. فقال: "من قال ذلك؟ " فقلت: نفر من أصحابك. فقال: "كذب أولئك، بل له الأجر مرتين" . قال: وأرسل رسول الله ﷺ إلى علي [ (رضي الله عنه) ] يدعوه وهو أرمد، وقال: "لأعطينَّ الراية اليوم رجلًا يحبّ اللّهَ ورسوله" . قال: فجئت به أقوده. قال: فبصق رسول اللّه ﷺ في عينيه فبرأ، فأعطاه الرّاية، فبرز مرحب وهو يقول: [من الرجز] قَدْ عَلِمَتْ خَيبرُ أنِّي مَرْحَبُ … شَاكِي السِّلاح بَطَلٌ مُجَرّبُ إذا الحُروب أَقْبَلَتْ تلهّبُ قال: فبرز له عليّ وهو يقول: [من الرجز] أنا الذي سمَّتني أمّي حَيْدَرَه … كليث غابات كريهِ المنظره أوفيهم بالصّاع كيل السَّندره (١) قال: فضرب مرحبًا ففلق رأسه فقتله، وكان الفتح. هكذا وقع في هذا السياق أنّ عليًّا هو الذي قتل مرحبًا اليهوديّ، لعنه اللّه. وقال أحمد (٢) : ثنا حسين بن حسن الأشقر، حدّثني ابن قابوس بن أبي ظبيان، عن أبيه، عن جدّه، [عن] على قال: لما قتلتُ مرحبًا جئت برأسه إلى رسول الله ﷺ . وقد روى موسى بن عقبة (٣) ، عن الزهريّ أن الذي قتل مرحبًا هو محمد بن مسلمة. وكذلك قال محمد بن إسحاق (٤) : حدّثني عبد اللّه بن سهل، أحد بني حارثة، عن جابر بن عبد اللّه قال: خرج مرحب اليهوديّ من حصن خيبر وهو يرتجز ويقول: [من الرجز] قَدْ عَلِمَتْ خَيبرُ أنِّي مَرْحَب … شَاكي السِّلاح بَطَلٌ مُجَرّبُ أطعُن أحيانًا وحينًا أضربُ … إذا اللَّيوث أقبلت تحرّب إنَّ حِمَايَ لَلْحِمَى لا يُقْرَبُ قال: فأجابه كَعْبُ بن مَالك (٥) : [من الرجز]
(١) السَّنْدَرَة: ضرب من الكيل. (٢) رواه أحمد في "المسند" (١/ ١١١) وإسناده ضعيف. (٣) انظر "دلائل النبوة" للبيهقي (٤/ ٢١٤). (٤) انظر "دلائل النبوة" للبيهقي (٤/ ٢١٥). (٥) الأبيات في "ديوانه" ص (١٥٤) مع بعض الخلاف في ألفاظها.

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