«Dis : “Je cherche protection auprès du Seigneur des hommes, du Souverain des hommes, du Dieu des hommes, contre le mal du Tentateur, le furtif, qui insinue [le mal] dans les poitrines des hommes, qu’il soit un djinn ou un humain.”» [an-Nâs : 1-6]
Et il est rapporté dans les deux Ṣaḥīḥ(1) d’Anas, et dans le Ṣaḥīḥ de al-Bukhârî(2) d’après Ṣafiyya bint Ḥuyayy, que le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — a dit : «Le diable circule chez le fils d’Adam à la manière du sang.»
Le ḥâfiẓ Abû Yaʿlâ al-Mawṣilî(3) a dit : «Nous a rapporté Muḥammad ibn Baḥr, qui nous a rapporté ʿAdiyy ibn Abî ʿAmâra, qui nous a rapporté Ziyâd an-Numayrî, d’après Anas, qui a dit : le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — a dit : “En vérité, le diable pose son museau sur le cœur du fils d’Adam ; s’il se souvient de Dieu, il se retire, et s’il oublie, il saisit son cœur. Voilà le tentateur furtif (al-waswâs al-khannâs).”»
Puisque l’invocation de Dieu repousse le diable du cœur, elle est pour les hommes un rappel, comme l’a dit le Très-Haut : «Et invoque ton Seigneur quand tu oublies.» [al-Kahf : 24]. Et le compagnon de Mûsâ (Moïse) a dit : «Ce n’est que le diable qui m’a fait oublier de m’en souvenir.» [al-Kahf : 63]. Et Dieu — Exalté soit-Il — dit : «Et le diable lui fit oublier de mentionner [son Seigneur]» [Yûsuf : 42], à propos du maître échanson à qui Yûsuf (Joseph) avait dit : «Mentionne-moi auprès de ton seigneur.» Or l’échanson oublia de l’évoquer auprès de son seigneur (c’est-à-dire son roi). Cet oubli venait du diable, et c’est ainsi que Yûsuf demeura en prison quelques années. C’est pourquoi Dieu — Exalté soit-Il — dit ensuite : «Et celui des deux qui fut sauvé s’écria, après une période (ummah) : [Je suis en mesure de vous en informer !]» [Yûsuf : 45], c’est-à-dire après une longue durée. On a également récité «après un oubli» (ummah). L’interprétation selon laquelle l’échanson est celui qui avait oublié est la plus correcte des deux, comme nous l’avons établi dans le Tafsîr(4). Dieu sait mieux.
L’imâm Aḥmad(5) a rapporté : «Nous a rapporté Muḥammad ibn Jaʿfar, qui nous a rapporté Shuʿbah, d’après ʿÂṣim — j’ai entendu Abû Tamîmah relater d’après le compagnon de monture du Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — lequel dit : la monture du Prophète — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — trébucha, et je m’exclamai : “Périsse le diable !” Le Prophète répondit : “Ne dis pas : ‘Périsse le diable !’, car si tu dis cela, il s’enorgueillit et dit : ‘C’est par ma force que je l’ai fait tomber.’ Mais si tu dis : ‘Au nom de Dieu’, il rapetisse jusqu’à devenir semblable à une mouche.”» Rapporté seulement par Aḥmad, et la chaîne de transmission en est bonne.
Et Aḥmad(6) dit encore : «Nous a rapporté Abû Bakr al-Ḥanafî, qui nous a rapporté ḍaḥḥâk ibn ʿUthmân, d’après Saʿîd al-Maqburî, d’après Abû Hurayra, que le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — a dit : “Lorsque l’un d’entre vous se trouve dans la mosquée, le diable vient à lui et l’obsède comme…”» (le hadith se poursuit).