L’imam Aḥmad (1) a rapporté : « ʿAffān nous a transmis, Wahīb nous a transmis, Khuthaym – c’est-à-dire Ibn ʿIrāk – nous a transmis d’après son père, qu’Abū Hurayra arriva à Médine avec un groupe de sa tribu tandis que le Prophète (que la Paix et la Bénédiction soient sur lui) se trouvait à Khaybar. Celui-ci avait désigné Sibāʿ ibn ʿUrfuṭa – c’est-à-dire le Ghatafānite – pour gouverner Médine. » Il dit : « Je vins à lui alors qu’il récitait, dans la prière de l’aube, durant la première rakʿa, “Kāf-Hā-Yā-ʿAyn-Ṣād” (Maryam, 1), et dans la deuxième, “Malheur aux fraudeurs !” (al-Muṭaffifīn, 1). Je me dis alors en moi-même : “Malheur à untel ! Quand il reçoit sa mesure, il la prend pleine, mais quand il la donne, il la fait incomplète.” » Il dit encore : « Lorsqu’il eut terminé la prière, il nous donna de quoi subsister jusqu’à ce que nous arrivâmes à Khaybar, que le Prophète (que la Paix et la Bénédiction soient sur lui) venait de conquérir. Et il déclara : “Le Prophète s’adressa alors aux musulmans, qui nous firent participer à leurs parts de butin.” »
Al-Bayhaqī (2) en a également fait le récit, d’après le témoignage de Sulaymān ibn Ḥarb, lui-même le tenant de Wahīb, de Khuthaym ibn ʿIrāk, de son père, puis d’un groupe issu des Banū Ghifār qui dirent : « Abū Hurayra arriva à Médine… », et il mentionna le récit.
Ibn Isḥāq (3) a dit : « Lorsque le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction soient sur lui) quitta Médine pour Khaybar, il passa par ʿIṣr, où l’on construisit pour lui une mosquée, puis il passa par aṣ-Ṣahbāʾ. Ensuite, il avança avec son armée jusqu’à ce qu’il eût campé dans un lieu nommé ar-Rajīʿ, établissant ses troupes entre eux et les Ghatafān afin de les empêcher de venir en aide aux habitants de Khaybar ; ces Ghatafān s’étaient en effet alliés contre le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction soient sur lui). On m’a informé qu’à la nouvelle de cette manœuvre, les Ghatafān se rassemblèrent et sortirent pour secourir les Juifs contre lui. Lorsqu’ils eurent déjà parcouru une certaine distance, ils entendirent un remue-ménage derrière eux dans leurs biens et auprès de leurs familles. Ils crurent que les musulmans s’étaient dirigés vers leurs foyers et rebroussèrent donc chemin, demeurant auprès de leurs biens et de leurs familles, et laissant le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction soient sur lui) s’avancer seul jusqu’à Khaybar. »
Al-Bukhārī (4) a dit : « ʿAbd Allāh ibn Maslama nous a transmis, d’après Mālik, d’après Yaḥyā ibn Saʿīd, d’après Bushayr, que Suwayd ibn an-Nuʿmān lui raconta être parti avec le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction soient sur lui) l’année de Khaybar. Parvenus à aṣ-Ṣahbāʾ, qui est tout proche de Khaybar, il accomplit la prière de ʿAṣr, puis demanda qu’on lui apportât des provisions. On ne lui offrit que du sawīq (farine d’orge grillée), qu’il fit humecter. Il en mangea et nous partagions avec lui. Puis il se leva pour la prière du Maghrib, se rinça la bouche et pria sans refaire ses ablutions. »
Al-Bukhārī (5) a également rapporté : « ʿAbd Allāh ibn Maslama nous a transmis, Ḥātim ibn Ismāʿīl nous a transmis, d’après Yazīd ibn Abī ʿUbayd, d’après Salama ibn al-Akwāʿ, qui a dit : “Nous partîmes avec le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction soient sur lui) en direction de Khaybar, de nuit. Un homme du groupe s’adressa alors à ʿĀmir : ‘Ô ʿĀmir, ne voudrais-tu pas nous dire quelques vers ?’ Car ʿĀmir était un poète. Il descendit donc [de monture] et se mit à haranguer la troupe en récitant :
O Allah, sans Toi nous n’aurions pas été guidés,
Ni n’aurions fait l’aumône ni prié.
Pardonne-nous, nous T’appartenons tout entier,
Et affermis nos pas quand nous rencontrons l’ennemi.” »