Il (le Prophète) leur trancha les mains et les pieds, puis il les laissa dans la région pierreuse (al-Ḥarra) où ils demandaient à boire sans qu’on ne leur donne rien, jusqu’à ce qu’ils meurent sans qu’on leur ait cautérisé (les plaies).
Dans un récit rapporté d’Anas(1), celui-ci dit : « J’ai vu l’un d’entre eux mordre la terre de sa bouche à cause de la soif. » Abû Qilâba(2) a commenté : « Ces hommes ont commis des meurtres, ont volé, ont renié la foi après y avoir cru et ont fait la guerre contre Dieu et Son Messager. »
Al-Bayhaqî(3) rapporte selon la chaîne de transmission d’Uthmân ibn Abî Shayba, d’Abd al-Raḥmân ibn Sulaymân, de Muḥammad ibn ‘Ubayd Allâh, d’Abû al-Zubayr, de Jâbir, que le Messager de Dieu (ﷺ), lorsqu’il dépêcha des gens à leur poursuite, prononça cette invocation :
« Ô Dieu, obscurcis-leur la route et rends-la pour eux plus étroite qu’un fil de cheveux que l’on porte. »
Il est ensuite dit : « Dieu obscurcit leur chemin, si bien qu’ils furent rattrapés. On les amena alors auprès du Messager de Dieu (ﷺ), qui leur trancha les mains et les pieds et leur creva les yeux. » Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim(4), on lit qu’il leur creva les yeux parce qu’eux-mêmes avaient crevé les yeux des bergers.
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Chapitre sur les événements survenus durant cette année, c’est-à-dire la sixième année de l’Hégire
• Au cours de cette année, l’obligation du Pèlerinage fut révélée(5), comme l’a établi l’imam Ash-Shâfi‘î (que Dieu lui fasse miséricorde) à l’époque du pacte d’al-Ḥudaybiyya, en se fondant sur la Parole divine : « Et accomplissez pour Dieu le Pèlerinage et la ‘Umra » (Coran 2 : 196). De là, il déduisit que le Ḥajj se faisait de manière différée (et non immédiatement), car le Prophète (ﷺ) ne l’accomplit qu’en l’an dix de l’Hégire. Cependant, les trois autres écoles (Mâlik, Abû Ḥanîfa et Aḥmad) ne souscrivirent pas à cette opinion : pour eux, le Ḥajj est obligatoire immédiatement pour quiconque en a la capacité, et ils n’admettent pas que l’obligation soit déduite de Sa Parole : « Et accomplissez pour Dieu le Pèlerinage... ». Selon eux, ce verset enjoint seulement d’achever le Ḥajj et la ‘Umra une fois que l’on a déjà commencé. Ils se basent sur d’autres arguments que nous avons longuement exposés dans notre ouvrage « At-Tafsîr », louange et grâce à Dieu, ce qui est suffisant.
• Cette même année, les musulmanes furent interdites (en mariage) aux polythéistes, à titre d’exception vis-à-vis de la clause générale conclue lors de la trêve d’al-Ḥudaybiyya.