Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nos épées reposent sur nos épaules pour une affaire qui nous effraie, à moins qu’elles ne nous mènent vers une affaire que nous connaissions avant celle-ci. Chaque fois que nous en bouchons une brèche (1), une autre brèche surgit contre nous, et nous ne savons comment y faire face.

Al-Bukhârî a rapporté : «ʿAbd Allâh ibn Yûsuf nous a transmis, Mâlik nous a informés, d’après Zayd ibn Aslam, d’après son père, que l’Envoyé de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) voyageait au cours de l’une de ses expéditions, et ʿUmar ibn al-Khattâb l’accompagnait de nuit. ʿUmar interrogea alors l’Envoyé de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) au sujet de quelque chose, mais il ne lui répondit pas. Il l’interrogea à nouveau, et il ne lui répondit pas, puis l’interrogea une troisième fois sans réponse. ʿUmar ibn al-Khattâb (qu’Allâh l’agrée) s’exclama : “Puisse ta mère te perdre, ô ʿUmar ! Tu as insisté auprès de l’Envoyé de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) à trois reprises, et chaque fois il ne t’a pas répondu.”” ʿUmar poursuivit : “Alors j’ai fait avancer ma monture et j’ai devancé les musulmans, craignant qu’un verset ne soit révélé à mon propos. Peu de temps après, j’entendis quelqu’un m’appeler. Je me dis alors : ‘J’ai craint qu’un passage du Coran ne descende à mon sujet.’ Je revins donc vers l’Envoyé de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui), le saluai et il me dit : ‘Une sourate vient de m’être révélée cette nuit, et elle m’est plus chère que tout ce sur quoi le soleil se lève.’ Puis il récita : ﴾En vérité, Nous t’avons accordé une victoire éclatante﴿ (Al-Fath, v. 1).”

J’ai déjà commenté la sourate “Al-Fath” en détail dans mon livre “At-Tafsîr” (2), d’une manière que l’on peut juger suffisante. À Dieu reviennent la louange et la grâce. Et celui qui voudrait recopier ce commentaire ici (3) peut le faire.

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Section au sujet des expéditions (sarâyâ) et des campagnes (baʿouth) qui eurent lieu la sixième année de l’Hégire

Pour résumer ce qu’a rapporté l’imam Al-Bayhaqî, d’après Al-Wâqidî : au cours de Rabîʿ al-Awwal (ou à la fin de ce mois), l’Envoyé de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) envoya ʿUkâsha ibn Muhsin à la tête de quarante hommes vers (al-Ghamr). Les habitants prirent la fuite, et il s’installa sur leurs points d’eau. Il envoya ensuite des hommes à leurs trousses et s’empara de deux cents chameaux, qu’il ramena à Médine.

Au cours de cette même année, Abû ʿUbayda ibn al-Jarrâh fut envoyé à Dhû al-Qissah, avec quarante hommes également. Ils marchèrent toute la nuit à pied jusqu’à ce qu’ils atteignissent cet endroit à l’aube noire. Là-bas, les gens prirent la fuite vers les sommets des montagnes. Il captura l’un d’eux, l’amena devant l’Envoyé de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui), et cet homme se convertit à l’islam.

Il envoya aussi Muhammad ibn Maslamah à la tête de dix hommes, mais leurs adversaires leur tendirent une embuscade pendant leur sommeil. Ils tuèrent alors tous les compagnons de Muhammad ibn Maslamah, et ce dernier parvint à s’échapper, grièvement blessé.

(1) Al-Khuṣm : le côté. (2) Voir « Tafsîr al-Qur'ân al-'Aẓîm » de l’auteur (7/453). (3) Dans (Ṭ) : « ici ». (4) Ce qui est entre les parenthèses a été omis dans (Ā) et (Ṭ) et a été rétabli à partir de « Dalāʾil al-Nubuwwa » d’al-Bayhaqî (4/83).
أسيافنا على عواتقنا لأمر يفظعنا إلا أسهلنَ بنا إلى أمر نعرفه قبل هذا الأمر، ما نسدّ منها خُصمًا (١) إلا انفجر علينا خصم، ما ندري كيف نأتي له. وقال البخاريّ: ثنا عبد اللّه بن يوسف، أنبا مالك، عن زيد بن أسلم، عن أبيه أن رسول الله ﷺ كان يسير في بعض أسفاره، و [كان] عمر بن الخطَّاب يسير معه ليلًا، فسأله عمر بن الخطاب عن شيء فلم يجبه رسول اللّه ﷺ ، ثم سأله فلم يجبه، ثم سأله فلم يجبه، فقال عمر بن الخطاب: ثكلتك أُمّك [يا] عمر، نزّرت رسول اللّه ﷺ ثلاث مرات، كلّ ذلك لا يجيبك. قال عمر: فحرّكت بعيري ثم تقدّمت [أمام] المسلمين، وخشيت أن ينزل فيّ قرآن، فما نشبت أن سمعت صارخًا يصرخ بي، قال: فقلت: لقد خشيت أن يكون نزل فيّ قرآن. فجئت رسول الله ﷺ فسلَّمت عليه فقال: "لقد أُنزلت عليّ الليلة سورة لهي أحبّ إليّ مما طلعت عليه الشمس" . ثم قرأ: ﴿إِنَّا فَتَحْنَا لَكَ فَتْحًا مُبِينًا﴾ [الفتح: ١] . قلت: وقد تكلَّمنا على سورة "الفتح" بكمالها في كتابنا "التفسير" (٢) بما فيه كفاية، وللّه الحمد والمنة، ومن أحبّ أن يكتب ذلك هاهنا (٣) فليفعل. * * * فصل في ذكر السّرايا والبعوث التي كانت في سنة ستّ من الهجرة وتلخيص ذلك ما أورده الحافظ البيهقي، عن الواقديّ قال: في ربيع الأول منها أو الآخر، بعث رسول اللّه ﷺ عكاشة بن محصن، في أربعين رجلًا إلى [الغَمْر] (٤) فهربوا منه، ونزل على مياههم، وبعث في آثارهم، وأخذ منهم مائتي بعير، فاستاقها إلى المدينة. وفيها كان بعث [أبي] عُبيدة بن الجرّاح إلى ذي القصّة، في أربعين رجلًا أيضًا، فساروا ليلتهم مشاة، حتى أتوها في عماية الصّبح، فهربوا منه في رؤوس الجبال، فأسر منهم رجلًا، فقدم به على رسول الله ﷺ فأسلم. وبعث محمد بن مسلمة في عشرة نفر، فكمن القوم لهم حتى ناموا، [فقتل] أصحاب محمد بن مسلمة كلّهم، وأفلت هو جريحًا.
(١) الخُصم: الجانب. (٢) انظر "تفسير القرآن العظيم" للمؤلف (٧/ ٤٥٣). (٣) في (ط): "هنا". (٤) ما بين الحاصرتين سقط من (آ) و (ط) واستدركته من "دلائل النبوة" للبيهقي (٤/ ٨٣).

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