Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Ô vous qui avez cru ! Lorsque des croyantes viennent à vous en tant qu’émigrées, éprouvez-les… » (jusqu’à Sa Parole : « et ne gardez pas les liens conjugaux avec les mécréantes », Al-Mumtahina, v. 10). Ce jour-là, ‘Umar divorça de deux de ses femmes qui étaient encore polythéistes. L’une fut ensuite épousée par Muʿâwiya ibn Abî Sufyân, et l’autre par Safwân ibn Umayya.
Ensuite, le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) retourna à Médine. C’est alors qu’Abû Basîr – un homme de Quraysh converti à l’islam – vint à lui. Les Qurayshites envoyèrent deux hommes le réclamer en invoquant la convention conclue avec le Prophète, lequel finit par le leur remettre. Ils l’emmenèrent donc, et lorsqu’ils arrivèrent à Dhû al-Ḥulayfa, ils s’assirent pour manger des dattes. Abû Basîr interpella alors l’un des deux hommes : « Par Dieu, je vois que ton sabre, ô untel, est fort bon. » L’autre le dégaina et répondit : « Oui, par Dieu, il est excellent ; je l’ai déjà mis à l’épreuve à maintes reprises. » Abû Basîr dit : « Montre-le-moi, que je le regarde. » L’homme le lui tendit ; Abû Basîr s’en saisit et le frappa jusqu’à le mettre à mort. Le second homme s’enfuit alors jusqu’à Médine, où il entra en courant.
Lorsque le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) l’aperçut, il dit : « Cet homme a certainement été saisi de frayeur. » L’homme rapporta : « Par Dieu ! Mon compagnon a été tué, et je crains de l’être à mon tour ! » Abû Basîr arriva et dit : « Ô Prophète de Dieu ! Par Dieu, Dieu a accompli ta garantie : tu m’as livré à eux, puis Il m’a sauvé de leurs mains. » Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) s’exclama alors : « Malheur à sa mère ! C’est un brasier de guerre : s’il avait seulement des alliés ! » Abû Basîr comprit qu’on le renverrait à Quraysh ; il s’esquiva donc et gagna la côte (Sîf al-Baḥr).
C’est alors qu’Abû Jandal ibn Suhayl ibn ʿAmr parvint à s’enfuir de chez eux et rejoignit Abû Basîr. Désormais, chaque fois qu’un homme de Quraysh embrassait l’islam, il s’en allait rejoindre Abû Basîr, à tel point qu’un groupe de fidèles finit par se constituer autour de lui. Par Dieu, sitôt informés du départ d’une caravane qurayshite pour la Syrie, ils l’interceptaient, tuaient ceux qui la convoyaient et s’emparaient de leurs biens. Finalement, les Qurayshites envoyèrent un message au Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), le suppliant au nom de Dieu et des liens de parenté de faire cesser ces attaques, et déclarant que quiconque se rendrait désormais auprès de lui pourrait le faire en sécurité. Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) envoya donc chercher ces hommes.
C’est à ce moment que Dieu, Exalté soit-Il, révéla : « C’est Lui qui a retenu leurs mains loin de vous et vos mains loin d’eux dans la vallée de La Mecque, après vous avoir donnés victorieux sur eux… » jusqu’à Sa Parole : « l’orgueil de la Jâhiliya » (Al-Fatḥ, v. 24-26). Leur orgueil se manifestait par leur refus de reconnaître qu’il était le Prophète de Dieu, de valider « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » et de laisser l’accès à la Maison sacrée. Ce récit comporte donc des compléments et des points bénéfiques qui ne se trouvent pas dans la version rapportée par Ibn Isḥâq d’après az-Zuhrî. De fait, plusieurs narrateurs l’ont transmis d’après az-Zuhrî : Sufyân ibn ʿUyayna, Maʿmar et Muḥammad ibn Isḥâq, tous d’après az-Zuhrî, d’après ʿUrwa, d’après Marwân et Miswar, relatant ainsi cette histoire.
Al-Bukhârî (1) l’a rapportée, au début du « Livre des Conventions », par la chaîne suivante : Yaḥyâ ibn Bukayr, d’après al-Layth ibn Saʿd, d’après ʿUqayl, d’après az-Zuhrî, d’après ʿUrwa, d’après Marwân ibn al-Ḥakam et Miswar ibn Makhrama, d’après les Compagnons du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Il y mentionne toute l’histoire. Cela semble le plus probable, car Marwân et Miswar étaient encore jeunes au moment d’al-Ḥudaybiya et l’auraient donc retenue des Compagnons (que Dieu les agrée tous).
Al-Bukhârî a aussi rapporté, par la chaîne suivante : al-Ḥasan ibn Isḥâq, Muḥammad ibn Sâbiq, Mâlik ibn Mighwal, qui dit : « J’ai entendu Abû Ḥuṣayn raconter qu’Abû Wâʾil disait : “Lorsque Sahl ibn Ḥunayf revint de Ṣiffîn, nous sommes allés le questionner. Il nous a répondu : ‘Méfiez-vous de vos raisonnements personnels ! Je me souviens du jour d’Abû Jandal : si j’avais pu contredire l’ordre du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), je l’aurais fait. Mais Dieu et Son Messager savent mieux.’ Et jamais nous ne…” »