Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsqu’il parvint à Dhû al-Hulayfa, il orna l’offrande sacrificielle (al-hady) de colliers et la déclara publiquement, puis il entra en état d’ihrâm à partir de ce lieu pour accomplir une ‘umra. Il envoya un éclaireur de la tribu de Khuza‘a, et le Prophète ﷺ poursuivit sa route jusqu’à ce qu’il fût à Ghadîr al-Ashṭât(1). Là, son éclaireur vint l’informer : « Les Quraysh ont réuni des troupes contre toi, et ils ont rassemblé les Ḥabîsh ; ils combattront contre toi, t’empêcheront l’accès à la Maison (sacrée) et te barreront la route. » Le Prophète ﷺ dit alors : « Conseillez-moi, ô gens. Pensez-vous que nous allions vers les familles et les enfants de ceux qui veulent nous interdire l’accès à la Maison ? S’ils nous affrontent, Dieu aura déjà anéanti un groupe de polythéistes, et sinon, nous les laisserons dépossédés. » Abû Bakr répondit : « Ô Messager de Dieu, tu es sorti en ayant pour objectif la visite de cette Maison, sans vouloir tuer ni combattre personne. Dirige-toi donc vers elle, et quiconque nous en empêchera, nous le combattrons. » Le Prophète ﷺ déclara alors : « Avancez au nom de Dieu. » C’est ainsi qu’il le rapporta à cet endroit ; il s’interrompit et n’en dit pas plus.

Quant à ce qu’il a mentionné dans le Kitâb ash-Shahâdât(2) : « ʿAbd Allâh ibn Muḥammad nous a rapporté, disant : ʿAbd ar-Razzâq nous a informés, Maʿmar nous a transmis, d’après az-Zuhrî, qui le tenait de ʿUrwa ibn az-Zubayr, rapportant de al-Miswar ibn Makhrama et de Marwân ibn al-Ḥakam, chacun confirmant le récit de l’autre. Ils dirent : Le Messager de Dieu ﷺ sortit lors de l’expédition d’al-Ḥudaybiya. Lorsqu’ils étaient en chemin, le Prophète ﷺ déclara : “Khalid ibn al-Walîd est à al-Ghamîm à la tête d’une troupe de cavalerie de Quraysh pour observer. Prenez donc par la droite.” Par Dieu, Khalid ne se rendit compte de leur présence que lorsqu’il vit le nuage de poussière soulevé par l’armée ; il partit aussitôt prévenir les Quraysh. Le Prophète ﷺ poursuivit sa route jusqu’à ce qu’il parvînt au col par lequel on descend vers eux. Là, sa chamelle s’agenouilla. Les gens s’exclamèrent : “Hal ! Hal !” mais elle refusa de se relever. Ils dirent : “Al-Qaṣwâ a refusé d’avancer, al-Qaṣwâ a refusé d’avancer.” Le Messager de Dieu ﷺ dit : “Al-Qaṣwâ n’a pas refusé d’avancer, ce n’est pas dans ses habitudes ; c’est plutôt Celui qui retint l’éléphant qui l’a retenue. Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, s’ils me demandent une trêve en glorifiant les choses sacrées de Dieu [je la leur accorderai].” Puis il la stimula, et elle se releva. Il évita alors leur route et fit halte à l’extrémité d’al-Ḥudaybiya, près d’un point d’eau qui était très faible, si bien que les gens en prélevaient avec parcimonie. Mais en peu de temps, ils l’épuisèrent. On se plaignit au Messager de Dieu ﷺ d’avoir soif. Il sortit alors une flèche de son carquois, ordonna aux gens de la placer dans la source, et, par Dieu, l’eau ne cessa de jaillir jusqu’à ce qu’ils se désaltèrent tous.

Tandis qu’ils étaient ainsi installés, Budeil ibn Warqâ al-Khuzâʿî arriva avec quelques membres de sa tribu de Khuzaʿa — ils étaient des conseillers dévoués du Prophète ﷺ parmi les habitants de Tihâma. Il dit : “J’ai laissé Kaʿb ibn Lu’ayy et ʿÂmir ibn Lu’ayy près de diverses sources d’al-Ḥudaybiya, avec des chamelles fraichement mises bas. Ils veulent te combattre et t’empêcher d’accéder à la Maison.” Le Prophète ﷺ déclara : “Nous ne sommes pas venus pour combattre qui que ce soit ; nous sommes venus en pèlerins pour accomplir la ʿumra. Les Quraysh ont été usés par la guerre, qui leur a causé bien des torts. S’ils le souhaitent, je leur accorderai un délai, et ils nous laisseront, moi et les gens, libres. [Si Dieu me donne la victoire, et qu’ils désirent alors se rallier à ce que les autres ont accepté,] qu’ils le fassent ; sinon, ils auront repris des forces. Mais s’ils refusent, par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, je les combattrai pour ce commandement qui est le mien, jusqu’à ce que mon cou se sépare de mon buste et que l’ordre de Dieu s’accomplisse.” Budeil répondit : “Je vais leur transmettre ce que tu dis.” Il se rendit donc auprès des Quraysh et leur déclara : “Nous venons d’entendre les propos de cet homme ; si vous le souhaitez, nous vous les rapporterons.” Les plus irréfléchis d’entre eux dirent : “Nous n’avons que faire de ce que tu nous rapportes.” Mais les plus clairvoyants répondirent : “Dis-nous ce que tu as entendu.” Il leur transmit alors les propos du Messager de Dieu ﷺ. C’est à ce moment qu’ʿUrwa ibn Masʿûd se leva en disant : “Ô mon peuple, n’êtes-vous pas…”

(1) Ghadir al-Ashṭāṭ : un lieu près de ʿUsfān. Voir « Marāṣid al-Iṭṭilāʿ » (1/81). (2) Voir « Ṣaḥīḥ al-Bukhārī » n° (2731) et (2732) concernant les conditions, non les témoignages.
فلمّا أتى ذا الحُليفة قلّد الهدي وأشهره، وأحرم منها بعمرة، وبعث عينًا له من خُزَاعَة، وسار النبيّ ﷺ حتى إذا كان بغُدَير الأَشْطَاط (١) أتاه عينه، قال: إن قريشًا قد جمعوا لك جموعًا، وقد جمعوا لك الأحابيش، وهم مقاتلوك وصادّوك عن البيت ومانعوك. فقال: "أشيروا أيها الناس عليّ، أترون أن أميل إلى عيالهم، وذراريّ هؤلاء الذين يريدون أن يصدُّونا عن البيت؟ فإن يأتونا كان الله قد قطع عينًا من المشركين وإلا تركناهم محروبين" . قال أبو بكر: يا رسول الله، خرجت عامدًا لهذا البيت لا تريد قتل أحد ولا حرب [أحد] فتوجَّه له، فمن صدّنا عنه قاتلناه. قال: "امضوا على اسم الله" . هكذا رواه هاهنا، ووقف، ولم يزد شيئًا على هذا. وقال في كتاب الشّهادات (٢) : ثنا عبد الله بن محمد، ثنا عبد الرزّاق، أنبأ مَعْمَر، أخبرني الزّهريّ، أخبرني عُرَوة بن الزّبير، عن المِسْوَر بن مَخْرَمة ومَروان بن الحكم، يصدّق كل واحد منهما حديث صاحبه، قالا: خرج رسول الله ﷺ زمن الحُديبية، حتى إذا كانوا ببعض الطريق، قال النَّبِيّ ﷺ : "إن خالد بن الوليد بالغميم، في خيل لقريش طليعة، فخذوا ذات اليمين" . فوالله ما شعر بهم خالد حتى إذا هم بقترة الجيش، فانطلق يركض نذيرًا لقريش، وسار النبيّ ﷺ حتى إذا كان بالثّنية التي يهبط عليهم منها بركت به راحلته، فقال الناس: حَلْ حَلْ. فألحْت، فقالو: خَلأَتِ القَصْواء، خلأت القصواء. فقال رسول الله ﷺ : "ما خَلأَت القصواء، وما ذاك لها بخُلُق، ولكن حبسها حابس الفيل" . ثم قال: "والذي نفسي بيده لا يسألوني خطّة يعظّمون فيها حرمات اللّه [إلا أعطيتهم إيّاها] " . ثم زجرها فوثبت، فعدل عنهم حتى نزل بأقصى الحُديبية، على ثَمَد قليل الماء يَتَبَرَّضُه الناس تبرُّضًا، فلم يلبّثه الناس حتى نزحوه، وشكي إلى رسول الله ﷺ العطش، فانتزع سهمًا من كنانته، ثم أمرهم أن يجعلوه فيه، فوالله ما زال يجيش لهم بالرّيّ حتى صدروا عنه، فبينما هم كذلك إذ جاء بُديل بن وَرْقَاء الخُزَاعيّ، في نفر من قومه من خُزَاعة - وكانوا عيبة نصح رسول الله ﷺ من أهل تِهَامة - فقال: إني تركت كعب بن لؤيّ، وعامر بن لؤيّ، نزلوا أعداد مياه الحُديبية، معهم العوذ المطافيل وهم مقاتلوك وصادّوك عن البيت. فقال النَّبِيّ ﷺ : "إنا لم نجئ لقتال أحد، ولكن جئنا معتمرين، وإن قريشًا قد نهكتهم الحرب وأضرّت بهم، فإن شاؤوا مادَدْتُهم مدة، ويخلّوا بيني وبين الناس، [فإن أظهر، فإن شاؤوا أن يدخلوا فيما دخل فيه الناس] فعلوا، وإلّا فقد جمُّوا، وإن هم أبوا، فوالذي نفسي بيده لأقاتلنّهم على أمري هذا حتى تنفرد سالفتي، ولينفذنّ أمر الله" . قال بديل: سأبلّغهم ما تقول. فانطلق حتى أتى قريشًا، فقال: إنا قد جئناكم من عند هذا الرجل، وسمعناه يقول قولًا، فإن شئتم أن نعرضه عليكم فعلنا. فقال سفهاؤهم: لا حاجة لنا أن تخبرنا عنه بشيء. وقال ذوو الرأي منهم: هات ما سمعته يقول. قال: سمعته يقول كذا وكذا، فحدّثهم بما قال رسول الله ﷺ ، فقام عروة بن مسعود فقال: أي قوم، ألستم
(١) غدير الأشطاط: موضع قرب عُسفان. انظر "مراصد الاطلاع" (١/ ٨١). (٢) انظر "صحيح البخاري" رقم (٢٧٣١) و (٢٧٣٢) في الشروط، لا في الشهادات.

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