Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Ishaq (1) a dit : « ʿAbdallah ibn Abî Najîḥ m’a rapporté, d’après Mudjâhid, d’après Ibn ʿAbbâs, qui a dit : “Le jour de al-Hudaybiya, certains hommes se rasèrent la tête, tandis que d’autres se contentèrent de raccourcir leurs cheveux.” Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara alors : “Qu’Allah fasse miséricorde à ceux qui se sont rasés.” Ils dirent : “Et ceux qui ont raccourci, ô Messager de Dieu ?” Il répondit : “Qu’Allah fasse miséricorde à ceux qui se sont rasés.” Ils répétèrent : “Et ceux qui ont raccourci, ô Messager de Dieu ?” Il dit à nouveau : “Qu’Allah fasse miséricorde à ceux qui se sont rasés.” Ils demandèrent : “Et ceux qui ont raccourci, ô Messager de Dieu ?” Il finit par répondre : “Et à ceux qui ont raccourci.” Ils insistèrent : “Ô Messager de Dieu, pourquoi as-tu davantage insisté sur la miséricorde pour ceux qui se sont rasés plutôt que pour ceux qui ont raccourci ?” Il expliqua : “Parce qu’ils n’ont pas douté.”” »

ʿAbdallah ibn Abî Najîḥ a également dit : « Mudjâhid m’a rapporté, d’après Ibn ʿAbbâs, que le Messager de Dieu (ﷺ) offrit, lors de l’année de al-Hudaybiya, parmi ses offrandes, un chameau appartenant à Abû Djahal et orné d’une pièce d’argent sur la tête, afin d’irriter les polythéistes. » Voilà la version présentée par Muḥammad ibn Isḥâq (qu’Allah lui fasse miséricorde) concernant cet épisode. Selon le récit d’Al-Bukhârî — comme on le verra — il existe quelques divergences en certains endroits par rapport à ce texte, comme vous pourrez l’observer si Allah le veut, en Lui est la confiance. Nous allons en rapporter l’intégralité et mentionner, à chaque passage, ce que contiennent les hadiths authentiques ou bons qui peuvent y faire écho, si Allah le veut. En Lui nous plaçons notre confiance et c’est de Lui que nous implorons le secours.

Al-Bukhârî (2) a dit : « Khâlid ibn Mukhallad nous a rapporté, disant : “Sulaymân ibn Bilâl nous a rapporté, disant : Ṣâliḥ ibn Kaysân nous a rapporté, d’après ʿUbaydallâh ibn ʿAbdallâh, d’après Zayd ibn Khâlid : ‘Nous sommes sortis en compagnie du Messager de Dieu (ﷺ) l’année de al-Hudaybiya. Une nuit, il plut, puis le Messager de Dieu (ﷺ) nous fit prier la prière de l’aube. Ensuite, il se tourna vers nous et nous dit : « Savez-vous ce qu’a dit votre Seigneur ? » Nous répondîmes : « Allah et Son Messager sont plus savants. » Il nous expliqua alors : « Allah (Exalté soit-Il) a dit : “Parmi Mes serviteurs, ce matin, certains ont cru en Moi, tandis que d’autres M’ont renié. Quant à ceux qui disent : ‘Nous avons été arrosés par la miséricorde, la subsistance et la faveur d’Allah’, ceux-là sont croyants en Moi et renient l’astre. Quant à ceux qui disent : ‘Nous avons été arrosés par telle étoile’, ceux-là croient en l’astre et Me renient.” »’” » Ceci est rapporté à plusieurs endroits dans le Ṣaḥîḥ d’Al-Bukhârî et par Muslim sous différentes chaînes (3). Il a également été relaté par Az-Zuhrî, d’après ʿUbaydallâh ibn ʿAbdallâh, d’après Abû Hurayra.

Al-Bukhârî (4) a aussi dit : « ʿUbaydallâh ibn Mûsâ nous a rapporté, d’après Isrâ’îl, d’après Abû Isḥâq, d’après Al-Barâ, qui a dit : “Vous considérez que la Conquête (al-Fatḥ) désigne la prise de La Mecque — et certes, celle-ci fut une conquête. Pour nous, la (véritable) Conquête fut plutôt l’allégeance dite ar-Riḍwân lors du jour de al-Hudaybiya. Nous étions quatorze cents aux côtés du Prophète (ﷺ). Al-Hudaybiya était alors un puits que nous avions entièrement vidé, au point qu’il n’y restait plus une seule goutte d’eau. Lorsque le Prophète (ﷺ) l’apprit, il y vint, s’assit sur son rebord, demanda un récipient d’eau, fit ses ablutions, se rinça la bouche, invoqua (Allah), puis il versa le tout dans le puits. Nous nous en éloignâmes alors un moment, et ce puits nous fournit toute l’eau désirée, pour nous comme pour nos montures.” » Ce récit est rapporté exclusivement par Al-Bukhârî.

Ibn Isḥâq (5) a déclaré au sujet de la Parole du Très-Haut : « (Il a accordé, avant cela, une victoire proche) » [Al-Fatḥ, 48:27], qu’il s’agit du Traité de al-Hudaybiya.

(1) Voir "Al-Sīra al-Nabawiyya" d'Ibn Hicham (2/319). (2) Rapporté par Al-Boukhari, n° 4147. (3) Rapporté par Muslim, n° 71 (125) et n° 72 (126). (4) Rapporté par Al-Boukhari, n° 4150. (5) Voir "Al-Sīra al-Nabawiyya" (2/322).
قال ابن إسحاق (١) : وحدّثني عبد اللّه بن أبي نجيح، عن مجاهد، عن ابن عباس قال: حلق رجال يوم الحديبية وقصّر آخرون، فقال رسول اللّه ﷺ : "يرحم اللّه المحلِّقين" . قالوا: والمقصّرين يا رسول اللّه؟ قال: "يرحم اللّه المحلّقين" . قالوا: والمقصّرين يا رسول اللّه؛ قال: "يرحم اللّه المحلّقين" . قالوا: والمقصّرين يا رسول اللّه؟ قال: "والمقصّرين" . قالوا: يا رسول اللّه فلم ظاهرت التّرحيم للمحلّقين دون المقصّرين؟ قال: "لم يشكّوا" . وقال عبد اللّه بن أبي نجيح: حدّثني مجاهد، عن ابن عباس أنّ رسول اللّه ﷺ أهدى عام الحديبية - في هداياه - جملًا لأبي جهل، في رأسه برة من فضّة؛ ليغيظ بذلك المشركين. هذا سياق محمد بن إسحاق، (رحمه الله) ، لهذه القصة، وفي سياق البخاريّ - كما سيأتي - مخالفة في بعض الأماكن لهذا السياق، كما ستراها إن شاء اللّه تعالى، وبه الثقة. ولنوردها بتمامها، ونذكر ما في الأحاديث الصّحاح والحسان ما فيه شاهد، في كلّ موطن بحسبه، إن شاء اللّه تعالى، وعليه التّكلان، وهو المستعان. قال البخاريّ (٢) : ثنا خالد بن مخلد، ثنا سليمان بن بلال، ثنا صالح بن كيسان، عن عبيد اللّه بن عبد اللّه، عن زيد بن خالد قال: خرجنا مع رسول اللّه ﷺ عام الحديبية، فأصابنا مطر ذات ليلة، فصلّى لنا رسول اللّه ﷺ الصبح، ثم أقبل [بوجهه] علينا فقال: "أتدرون ماذا قال ربكم؟ " قلنا: الله ورسوله أعلم. [فقال] : "قال اللّه تعالى: أصبح من عبادي مؤمن بي وكافر بي؛ فأمّا من قال: مطرنا برحمة اللّه، وبرزق اللّه، وبفضل اللّه. فهو مؤمن بي كافر بالكوكب، وأمّا من قال: مطرنا بنجم كذا. فهو مؤمن بالكوكب كافر بي" . وهكذا رواه في غير موضع من "صحيحه" . ومسلم من طرق (٣) . وقد روى عن الزّهريّ، عن عبيد اللّه بن عبد اللّه، عن أبي هريرة. وقال البخاريّ (٤) : ثنا عُبيد اللّه بن موسى، عن إسرائيل، عن أبي إسحاق، عن البراء قال: تعدّون أنتم الفتح فتح مكة، وقد كان فتح مكة فتحًا، ونحن نعدّ الفتح بيعة الرّضوان يوم الحُديبية، كنا مع النَّبِيّ ﷺ أربع عشرة مئة، والحُديبية بئر، فنزحناها فلم نترك فيها قطرة، فبلغ ذلك النَّبِيّ ﷺ ، فأتاها فجلس على شفيرها، ثم دعا بإناء من ماءً، فتوضّأ ثم مضمض ودعا، ثم صبّه فيها، فتركناها غير بعيد، ثم إنها أصدرتنا ما شئنا نحن وركابنا. انفرد به البخاريّ. وقال ابن إسحاق (٥) في قوله تعالى: ﴿فَجَعَلَ مِنْ دُونِ ذَلِكَ فَتْحًا قَرِيبًا﴾ [الفتح: ٢٧] : صلح الحُديبية.
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٣١٩). (٢) رواه البخاري رقم (٤١٤٧). (٣) رواه مسلم (٧١) (١٢٥) و (٧٢) (١٢٦). (٤) رواه البخاري رقم (٤١٥٠). (٥) انظر "السيرة النبوية" (٢/ ٣٢٢).

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