Les gens disaient alors : « Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) les a fait prêter allégeance jusqu’à la mort. » Or, Jâbir ibn ‘Abd Allâh affirmait : « Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) ne nous a pas fait prêter allégeance jusqu’à la mort, mais il nous a fait jurer de ne pas fuir. » Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) réclama ainsi le serment d’allégeance des gens, et nul parmi les musulmans présents ne s’en abstint, hormis al-Jadd ibn Qays, de la tribu des Banû Salama.
Jâbir ibn ‘Abd Allâh disait aussi : « Par Dieu, j’ai encore l’impression de le voir accroupi contre le flanc de sa chamelle, se blottissant contre elle pour se cacher des gens. » Puis la nouvelle parvint au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) que ce qui avait été dit à propos de ‘Uthmân était infondé.
Ibn Hishâm (1) rapporte que Waki‘, citant Ismâ‘îl ibn Abî Khâlid, qui le tenait d’Al-Sha‘bî, a mentionné qu’Abû Sinân al-Asadî fut le premier à prêter allégeance au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lors de la Bay‘at al-Ridwân. Ibn Hishâm (2) déclare également : « Une personne en qui j’ai confiance m’a raconté, d’après ce qu’un autre lui transmit avec sa chaîne de transmission, qu’Ibn Abî Mulayka, citant Ibn ‘Umar, a rapporté que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) prêta serment au nom de ‘Uthmân, joignant l’une de ses mains à l’autre. » Bien que la chaîne de transmission mentionnée par Ibn Hishâm soit faible, ce hadith est pourtant authentifié par les deux Sahîh (3).
Ibn Isḥâq (4) rapporte que l’imam Al-Zuhrî a dit : « Les Quraysh dépêchèrent alors Suhayl ibn ‘Amr, de la famille des Banû ‘Âmir ibn Lu’ayy, vers le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), en lui disant : “Va trouver Muhammad et conclue la paix avec lui, à condition qu’il rebrousse chemin cette année. Par Dieu, nous ne voulons pas que les Arabes racontent qu’il est entré (à La Mecque) par la force.”” Suhayl ibn ‘Amr se rendit donc auprès de lui. Lorsque le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) le vit arriver, il déclara : “Les gens veulent la réconciliation, puisqu’ils ont envoyé cet homme.” »
Quand Suhayl rejoignit le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), ils discutèrent longuement et négocièrent, jusqu’à conclure un accord de paix. Lorsqu’ils furent tombés d’accord et que seul restait à le consigner par écrit, ‘Umar se leva et alla trouver Abû Bakr : « Ô Abû Bakr, n’est-il pas le Messager de Dieu ? » Abû Bakr répondit : « Si, assurément. » ‘Umar poursuivit : « Ne sommes-nous pas musulmans ? » – « Si. » – « Ne sont-ils pas polythéistes ? » – « Si. » – « Pourquoi alors consentirions-nous à subir une humiliation dans notre religion ? » Abû Bakr répliqua : « Ô ‘Umar, tiens-toi à ses côtés, car je témoigne qu’il est le Messager de Dieu. » ‘Umar conclut : « Et moi, je témoigne qu’il est le Messager de Dieu. »
‘Umar se rendit ensuite auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) : « Ô Messager de Dieu, n’es-tu pas le Messager de Dieu ? » – « Bien sûr. » – « Ne sommes-nous pas musulmans ? » – « Bien sûr. » – « Et ne sont-ils pas polythéistes ? » – « En effet. » – « Pourquoi alors devons-nous accepter cette humiliation dans notre religion ? » Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) répondit : « Je suis le serviteur de Dieu et Son Messager. Je ne contredis pas Son ordre et Il ne m’abandonnera pas. »
‘Umar (qu’Allah l’agrée) disait après cela : « Je n’ai cessé de jeûner, de donner l’aumône, de prier et d’affranchir (des esclaves) à cause de ce que j’ai fait ce jour-là, par crainte de mes propos, jusqu’à ce que j’espère en avoir retiré du bien. »
Puis le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) appela ‘Alî ibn Abî Tâlib (qu’Allah l’agrée) et dit : « Écris : “Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.” » Suhayl objecta : « Je ne reconnais pas cela. Écris plutôt : “Au nom de Toi, ô Dieu.” »