Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ensuite, il leur tint des propos similaires à ceux qu’il avait adressés à Bishr ibn Sufyân. Ils retournèrent alors auprès de Quraysh et dirent : « Ô gens de Quraysh, vous vous précipitez injustement contre Muhammad. En vérité, Muhammad n’est pas venu pour combattre ; il est seulement venu en visiteur de cette Maison (la Kaʿba). » Quraysh les accusa de trahison, les rabroua, puis ajouta : « Même s’il est venu sans intention de combattre, par Dieu, il n’y entrera jamais de force sur nous, et que les Arabes ne puissent pas dire cela à notre sujet. »

Al-Zuhrî rapporta : « Khuzâʿa était le dépositaire de la confiance du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), qu’ils soient musulmans ou polythéistes. Ils ne lui cachaient rien de ce qui se passait à La Mecque. » Il ajouta : « Puis ils envoyèrent Mikrâz ibn Ḥafṣ ibn al-Akhayf, de la tribu de Banû ʿAmir ibn Lu’ayy. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) le vit arriver, il dit : « Voilà un homme fourbe. » Quand Mikrâz parvint au Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) et s’adressa à lui, celui-ci lui répéta à peu près la même chose qu’à Budayl et ses compagnons. Mikrâz retourna alors auprès de Quraysh et leur rapporta les propos du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue).

Ensuite, ils envoyèrent Ḥulays ibn ʿAlqama – ou ibn Zabbân – qui était alors le chef des Aḥâbîsh, appartenant aux Banû l-Ḥârith ibn ʿAbd Manât ibn Kinâna. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) l’aperçut, il dit : « Cet homme-là appartient à un peuple porté sur la dévotion. Faites avancer les bêtes destinées au sacrifice devant lui, qu’il les voie. » Lorsque Ḥulays vit le bétail s’écouler devant lui, orné de ses colliers, et dont la toison était amincie à force d’être retenu longtemps en deçà de son lieu d’immolation, il en fut grandement impressionné. Il rebroussa chemin vers Quraysh, sans rencontrer le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), par vénération pour ce qu’il avait observé, et il raconta tout à Quraysh. Ces derniers lui dirent : « Assieds-toi ! Tu n’es qu’un bédouin ignorant. »

D’après Ibn Isḥâq, ʿAbd Allâh ibn Abî Bakr raconta que Ḥulays se mit en colère et répliqua : « Ô gens de Quraysh, par Dieu, ce n’est pas pour cela que nous avons fait alliance avec vous ni conclu des traités. Empêcher d’entrer dans la Maison de Dieu (la Kaʿba) celui qui s’y rend pour la vénérer ? Par Celui qui tient la vie de Ḥulays dans Sa main, ou bien vous laissez Muhammad accomplir ce pour quoi il est venu, ou bien je partirai avec les Aḥâbîsh d’un seul élan ! » Ils lui dirent : « Du calme, ô Ḥulays. Laisse-nous d’abord arranger nous-mêmes ce qui nous conviendra. »

Al-Zuhrî, dans son récit (1), poursuit : « Puis ils envoyèrent ʿUrwa ibn Masʿûd al-Thaqafî au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Il s’adressa alors aux Quraysh en ces termes : “Ô gens de Quraysh, j’ai constaté comment vous malmenez ceux que vous dépêchez auprès de Muhammad lorsqu’ils reviennent vers vous, par vos invectives et vos paroles blessantes. Vous savez bien que vous êtes mes pères et que je suis votre fils” – car ʿUrwa descendait de Subayʿa bint ʿAbd Shams. “Ayant appris ce qui vous est arrivé, j’ai réuni ceux de mon peuple qui m’obéissaient, et je suis venu vous rejoindre, afin de partager votre sort.” Ils lui répondirent : ‘Tu dis vrai ; nous ne te soupçonnons pas.’” ʿUrwa partit donc trouver le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Il s’assit devant lui et déclara : “Ô Muhammad, tu as rassemblé des hommes de toutes sortes, puis tu es venu jusqu’à ta propre demeure (La Mecque) pour la briser grâce à eux ; or, voilà que Quraysh est sortie, accompagnée de ses chamelles suitées, revêtue de peaux de panthères, et fait le serment devant Dieu que tu n’y entreras jamais de force. Par Dieu ! Il me semble déjà qu’ils t’auront abandonné demain.”

C’est alors qu’Abû Bakr al-Ṣiddîq (que Dieu l’agrée), se trouvant derrière le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), s’écria : « Suce le clitoris d’al-Lāt ! Est-ce nous qui l’abandonnerions ? » ʿUrwa demanda aussitôt : « Qui est donc cet homme, ô Muhammad ? » Il répondit : « C’est le fils d’Abû Quḥâfa. » ʿUrwa répliqua : « Par Dieu, sans le service qu’un jour tu m’as rendu, je t’aurais bien rendu la pareille. Mais tiens, voilà qui solde notre dette. »

Ensuite, ʿUrwa s’approcha de la barbe du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) pour le saisir pendant qu’il lui parlait. Al-Mughîra ibn Shuʿba se tenait debout auprès du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), en armure de fer. Chaque fois que ʿUrwa tendait la main vers la barbe du Prophète, al-Mughîra la frappait en disant : « Ôte ta main du visage du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), avant que tu ne puisses plus la retirer. » ʿUrwa s’exclama : « Malheur à toi ! Que tu es rude ! »

(1) Voir « La Sīra du Prophète » d’Ibn Hichâm (2/311), et « Ar-Rawḍ an-Nafʾ » (6/457).
ثم قال لهم نحوًا مما قال لبشر بن سفيان، فرجعوا إلى قريش فقالوا: يا معشر قريش، إنكم تعجلون على محمد، إن محمدًا لم يأت لقتال، إنما جاء زائرًا لهذا البيت. فاتّهموهم وجبّهوهم وقالوا: وإن كان جاء ولا يريد قتالًا؛ فواللّه لا يدخلها علينا عنوة أبدًا، ولا تحدّث بذلك عنا العرب. قال الزّهريّ: وكانت خزاعة عيبة نصح رسول اللّه ﷺ ؛ مسلمها ومشركها، لا يخفون عنه شيئًا كان بمكة. قال: ثم بعثوا إليه مكرز بن حفص بن الأخيف، أخا بني عامر بن لؤيّ، فلمّا رآه رسول اللّه ﷺ مقبلًا قال: "هذا رجل غادر" . فلمّا انتهى إلى رسول اللّه ﷺ وكلَّمه، قال له رسول الله ﷺ نحوًا مما قال لبديل وأصحابه، فرجع إلى قريش فأخبرهم بما قال له رسول اللّه ﷺ ، ثم بعثوا إليه الحليس بن علقمة، أو ابن زبّان، وكان يومئذ سيد الأحابيش، وهو أحد بني الحارث بن عبد مناة بن كنانة، فلمّا رآه رسول اللّه ﷺ قال: "إنَّ هذا من قوم يتألّهون، فابعثوا الهدي في وجهه حتى يراه" . فلمّا رأى الهدي يسيل عليه من عرض الوادي في قلائده، قد أكل أوباره من طول الحبس عن محلّه، رجع إلى قريش، ولم يصل إلى رسول اللّه ﷺ ؛ إعظامًا لما رأى، فقال لهم ذلك. قال: فقالوا له: اجلس، فإنما أنت أعرابي لا علم لك. قال ابن إسحاق: فحدّثني عبد اللّه بن أبي بكر أن الحُليس غضب عند ذلك وقال: يا معشر قريش، واللّه ما على هذا حالفناكم، ولا على هذا عاقدناكم، أَيُصَدُّ عن بيت اللّه من جاءه معظّمًا له؛ والذي نفس الحُليس بيده لتخلُنّ بين محمد وبين ما جاء له، أو لأنفرنّ بالأحابيش نفرة رجل واحد. قالوا: مه، كفّ عنا يا حليس حتى نأخذ لأنفسنا ما نرضى به. قال الزّهريّ في حديثه (١) : ثم بعثوا إلى رسول اللّه ﷺ عروة بن مسعود الثقفيّ، فقال: يا معشر قريش، إني قد رأيت ما يلقى منكم من بعثتموه إلى محمد إذا جاءكم؛ من التّعنيف، وسوء اللفظ، وقد عرفتم أنكم والد وأني ولد - وكان عُرْوَة لسُبَيْعَة بنت عبد شمس - وقد سمعتُ بالذي نابكم، فجمعت من أطاعني من قومي، [ثم] جئتكم، حتى آسيتكم بنفسي. قالوا: صدقت، ما أنت عندنا بمتّهم. فخرج حتى أتى رسول اللّه ﷺ ، فجلس بين يديه، ثم قال: يا محمد، أجمعت أوشاب الناس، ثم جئت بهم إلى بيضتك لتفضّها بهم، إنها قريش قد خرجت معها العوذ المطافيل، قد لبسوا جلود النمور، يعاهدون الله، لا تدخلها عليهم عنوة أبدًا، وايم اللّه لكأنّي بهؤلاء قد انكشفوا عنك غدًا. قال: وأبو بكر الصِّدِّيق، (رضي الله عنه) ، خلف رسول اللّه ﷺ ، فقال: امصص بظر اللّات، أنحن ننكشف عنه؟ قال: من هذا يا محمد؟ قال: "هذا ابن أبي قُحَافة" . قال: أما والله لولا يد كانت لك عندي لكافأتك بها، ولكن هذه بها. قال: ثم جعل يتناول لحية رسول اللّه ﷺ وهو يكلّمه. قال: والمغيرة بن شعبة واقف على رأس رسول اللّه ﷺ في الحديد. قال: فجعل يقرع يده، إذا تناول لحية رسول اللّه ﷺ ويقول: اكفف يدك عن وجه رسول اللّه ﷺ ، قبل ألّا تصل إليك. قال: فيقول عروة: ويحك، ما أفظّك
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٣١١)، و"الروض الأنف" (٦/ ٤٥٧).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies