Ils se dirigèrent vers une terre plane à l’extrémité de la vallée. Le Messager de Dieu (ﷺ) dit : « Dites : “Nous demandons pardon à Dieu et nous nous repentons à Lui.” » Ils prononcèrent donc ces paroles, et il déclara : « Par Dieu, c’est bien la “ḥiṭṭa” (1) qui fut proposée aux Enfants d’Israël et qu’ils ne dirent pas. »
Ibn Shihâb rapporta : Le Messager de Dieu (ﷺ) ordonna alors aux gens : « Empruntez sur la droite, entre les buissons de ḥamḍ, un chemin qui débouche sur la passe de Thaniyyatu-l-Marâr, en contrebas de La Mecque, menant au lieu de al-Hudaybiya. » L’armée prit cette route. Mais lorsque la cavalerie de Quraysh vit la poussière (2) soulevée par l’armée qui avait changé d’itinéraire, elle repartit au galop vers Quraysh. Le Messager de Dieu (ﷺ) poursuivit sa marche jusqu’à la passe de Thaniyyatu-l-Marâr (3). Là, sa chamelle s’agenouilla. Les gens s’exclamèrent : « Elle s’est entêtée ! » mais il dit : « Elle ne s’est pas entêtée et ce n’est pas dans sa nature ; c’est plutôt Celui qui retint l’éléphant (loin de La Mecque) qui l’a stoppée. Aujourd’hui, si Quraysh m’appellent à une initiative où l’on respecte les liens de parenté, je l’accepterai. » Puis il dit aux gens : « Descendez. » On lui fit remarquer : « Ô Messager de Dieu, il n’y a pas d’eau ici pour nous installer. » Il sortit alors une flèche de son carquois et la donna à l’un de ses compagnons, qui descendit dans l’un des puits de la vallée. Là, il planta la flèche au fond et l’eau se mit à bouillonner au point que les gens purent s’abreuver en abondance (4).
Ibn Isḥâq (5) raconta : Des personnes avisées m’ont informé, d’après des hommes de la tribu Aslam, que celui qui était descendu dans le puits avec la flèche du Messager de Dieu (ﷺ) était Nâjiyya ibn Jundub, chargé de conduire les offrandes sacrificielles du Prophète (ﷺ). Ibn Isḥâq ajouta : Certains savants disent pourtant qu’al-Barâ’ ibn ‘Âzib affirmait : « C’est moi qui suis descendu avec la flèche du Messager de Dieu (ﷺ). » Dieu sait mieux quelle version est la bonne. Ibn Isḥâq appuie la première en relatant qu’une servante des Anṣâr vint alors puiser l’eau du puits tandis que Nâjiyya s’y trouvait, en train de tirer l’eau. Elle déclama :
[vers en rajaz]
« Ô porteur d’eau, prends mon seau ;
j’ai vu les gens te louer,
te couvrir d’éloges et t’honorer. »
Il lui répondit :
« Cette jeune Yéménite sait bien
que je suis le puisatier, et que je m’appelle Nâjiyya ;
quand j’ai porté un coup, le sang a giclé légèrement,
je l’ai asséné pendant l’assaut. »
Az-Zuhrî rapporta dans son récit : Lorsqu’il se fut installé, le Prophète (ﷺ) reçut Budayl ibn Warqâ’, accompagné d’hommes de la tribu de Khuza‘a. Ils s’entretenaient avec lui et lui demandèrent la raison de sa venue. Il leur expliqua qu’il n’était pas venu pour faire la guerre, mais pour visiter la Maison sacrée et exalter sa sainteté.