Ibn Ishaq dit (1) : « Puis le Messager de Dieu (ﷺ) demeura à Médine durant Ramadan et Shawwâl, avant de partir en Dhou al-Qa‘da pour accomplir la ‘umra, sans intention de combattre. »
Ibn Hishâm dit : « Il confia l’administration de Médine à Numayla ibn ‘Abd Allâh al-Laythî. »
Ibn Ishâq poursuit : « Il appela les Arabes et les habitants des environs, parmi les bédouins, à se joindre à lui, car il craignait que Quraysh ne l’attaque ou ne lui barre la route de la Maison sacrée. Beaucoup d’Arabes tardèrent à répondre. Le Messager de Dieu (ﷺ) partit donc avec les Émigrés (Muhâjirîn), les Auxiliaires (Ansâr) et ceux des Arabes qui le rejoignirent. Il emmena avec lui les bêtes destinées au sacrifice (hady) et se mit en état d’ihrâm pour la ‘umra, afin de rassurer la population sur ses intentions pacifiques et de montrer qu’il n’était venu que pour visiter la Maison et l’honorer. »
Ibn Ishâq déclare (2) : « Muhammad ibn Muslim ibn Shihâb az-Zuhrî m’a rapporté d’après ‘Urwa ibn az-Zubayr, qui le tenait d’al-Miswar ibn Makhrama et de Marwân ibn al-Hakam, que ceux-ci leur avaient transmis : “Le Messager de Dieu (ﷺ) partit l’année d’al-Hudaybiya en ayant l’intention de visiter la Maison (sacrée), sans vouloir livrer bataille. Il emmena soixante-dix bêtes destinées au sacrifice, et ils étaient sept cents hommes. Chaque bête comptait pour dix personnes.” On rapporte que Jâbir ibn ‘Abd Allâh, selon ce qui m’est parvenu, disait : “Nous étions quatorze cents compagnons à al-Hudaybiya.” »
Az-Zuhrî (3) ajoute : « Le Messager de Dieu (ﷺ) avança jusqu’à ‘Usfân, où il rencontra Bishr (4) ibn Sufyân al-Ka‘bî qui lui dit : “Ô Messager de Dieu, voici Quraysh ! Ayant appris ta venue, ils se sont avancés avec leurs chameaux, même ceux portant encore leurs petits, vêtus de peaux de panthère. Ils se sont installés à Dhou Tuwa (5), jurant auprès de Dieu que tu n’y entreras jamais. De plus, Khâlid ibn al-Walîd se trouve avec leur cavalerie, qu’ils ont envoyée vers Kurâ‘ al-Ghamîm (6).” »
Az-Zuhrî précise : « Le Messager de Dieu (ﷺ) s’exclama alors : “Malheur à Quraysh ! La guerre les a tant éprouvés. Qu’aurait-il pu leur en coûter de me laisser traiter librement avec les autres Arabes ? S’ils réussissent à me vaincre, c’est bien ce qu’ils souhaitent ; si Dieu me donne la victoire sur eux, ils entreront alors en Islam en parfaite sécurité. S’ils s’y refusent, ils combattront en ayant encore des forces. Que peut bien penser Quraysh ? Par Dieu, je continuerai à mener ce combat pour la cause que Dieu m’a confiée, jusqu’à ce qu’Il la fasse triompher ou que je rende l’âme.””
Il ajouta : “Qui est disposé à nous faire prendre un autre chemin que celui qu’ils occupent ?” »
Ibn Ishâq raconte : « ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr m’a informé qu’un homme de la tribu d’Aslam répondit : “Moi, ô Messager de Dieu.” Il les conduisit alors par un sentier rocailleux et accidenté (7) à travers les défilés. Cela fut éprouvant pour les musulmans, mais lorsqu’ils parvinrent au bout du chemin, ils débouchèrent… »