« Ils avaient une réponse meilleure que la vôtre : chaque fois que je leur récitais : “Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ?” ils disaient : “Nous ne nions aucun de Tes bienfaits, ô notre Seigneur ! Et à Toi la louange.” » (Rapporté par at-Tirmidhī, d’après Jābir, et par Ibn Jarīr et al-Bazzār, d’après Ibn ‘Umar (1)).
Les savants ont divergé à propos des jinn croyants : entreront-ils au Paradis, ou bien la récompense de ceux qui obéissent se limite-t-elle à ne pas être châtiés dans le Feu ? Deux avis s’opposent ; or, l’avis correct est qu’ils entreront au Paradis, en raison de textes généraux du Coran (3), et plus particulièrement du verset où Dieu – Exalté soit-Il – dit : « Et pour celui qui craint de comparaître devant son Seigneur, deux jardins (46) : Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? » [ar-Raḥmān 46-47]. Dieu leur en fait ainsi un bienfait. S’ils ne pouvaient accéder à cette récompense, Il ne l’aurait pas évoquée ni comptée parmi Ses faveurs. Cet argument à lui seul constitue une preuve suffisante et indépendante sur cette question, et Dieu est plus Savant.
Al-Bukhārī (4) rapporte : « Qutaybah nous a transmis, d’après Mālik, selon ‘Abd ar-Raḥmān ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Abd ar-Raḥmān ibn Abī Ṣa‘ṣa‘ah, de la part de son père, qu’Abū Sa‘īd al-Khudrī lui a dit : “Je te vois aimer les troupeaux de moutons et la vie au désert. Lorsque tu te trouves avec tes moutons dans la steppe et que tu appelles à la prière, élève la voix dans ton appel. En effet, rien (djinn, être humain ou autre créature) ne perçoit la portée de la voix du muezzin sans témoigner en sa faveur au Jour de la Résurrection.” Abū Sa‘īd ajouta : “Je l’ai entendu du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui).” » Seul al-Bukhārī le rapporte, et pas Muslim.
Quant aux jinn mécréants, il s’agit notamment des diables, dont le principal est Iblīs, l’ennemi d’Ādam, père de l’humanité. Iblīs et sa descendance ont été autorisés à s’attaquer à Ādam et à sa descendance, tandis que Dieu – Exalté soit-Il – a garanti Sa protection à ceux qui croient en Lui, qui valident les messages de Ses Messagers et qui suivent Sa Loi. Comme Il dit : « Certes, tu n’auras aucune autorité sur Mes serviteurs ; et ton Seigneur suffit comme Protecteur » [al-Isrā’ 65]. Et Il dit encore : « Iblīs a bel et bien trouvé que son opinion à leur sujet était exacte : ils l’ont alors suivi, sauf un groupe de croyants. Il n’avait cependant aucune emprise sur eux, si ce n’est pour que Nous sachions qui croit en l’au-delà et qui en doute. Et ton Seigneur est le Gardien par excellence de toute chose » [Saba’ 20-21].
Dieu – Exalté soit-Il – dit aussi : « Ô enfants d’Ādam, que le diable ne vous tente point comme il a fait sortir vos pères du Paradis, leur arrachant leur vêtement pour leur dévoiler leurs nudités. Il vous voit, lui et sa clique, de là où vous ne les voyez pas. Nous avons établi les diables comme alliés de ceux qui ne croient point » [al-A‘rāf 27].
Il dit encore : « Et lorsque ton Seigneur dit aux Anges : “Je vais créer un être humain d’une argile sonore, extraite d’une boue malléable. Quand Je l’aurai parfaitement formé et que J’aurai insufflé en lui de Mon Esprit, prosternez-vous devant lui.” Alors, tous les Anges se prosternèrent ensemble, exception faite d’Iblīs qui refusa d’être au nombre de ceux qui se prosternèrent. [Dieu dit :] “Ô Iblīs, pourquoi n’es-tu pas au nombre de ceux qui se prosternent ?” Il répondit : “Il ne me sied pas de me prosterner devant un humain que Tu as créé d’une argile sonore, extraite d’une boue malléable.” Dieu lui dit : “Sors d’ici, car te voilà bel et bien repoussé, et sur toi sera la malédiction jusqu’au Jour de la Rétribution.” Iblīs dit : “Ô mon Seigneur, accorde-moi un délai jusqu’au Jour où ils seront ressuscités.” [Dieu] dit : “Oui, tu es de ceux à qui ce délai est accordé, jusqu’au Jour du moment connu.” »