Mention de l’histoire de l’Ifk (1). Voici le récit de Muhammad ibn Ishaq concernant le hadith de l’Ifk.
Ibn Ishaq (2) a dit : « Az-Zuhri m’a rapporté d’après ‘Alqamah ibn Waqqâs, Sa‘îd ibn Al-Musayyib, ‘Urwah ibn Az-Zubayr et ‘Ubayd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Utbah. »
Az-Zuhri (3) déclara : « Chacun d’eux m’a transmis une partie de ce récit, et certains l’avaient mieux mémorisé que d’autres. J’ai rassemblé pour toi tout ce que ces hommes m’ont rapporté. »
Ibn Ishaq (4) poursuivit : « Yahyâ ibn ‘Abbâd ibn ‘Abd Allâh ibn Az-Zubayr m’a rapporté d’après son père, d’après ‘Â’isha, ainsi qu’’Abd Allâh ibn Abî Bakr (d’après ‘Amra bint ‘Abd Ar-Rahmân) d’après ‘Â’isha, relatant ce qu’elle-même vécut lorsque les gens de l’Ifk tinrent sur elle les propos qu’ils ont tenus. Tous ont rapporté son histoire d’après elle, chacun mentionnant ce qu’un autre n’avait pas évoqué, et ils étaient tous dignes de confiance à son sujet ; c’est ainsi que chacun rapporta d’elle ce qu’il avait entendu. »
‘Â’isha (qu’Allâh l’agrée) déclara : « Lorsque le Messager d’Allâh ﷺ comptait partir pour un voyage, il tirait au sort parmi ses épouses. Celle dont le nom sortait partait avec lui. Lorsque se produisit l’expédition contre Banû Al-Mustaliq, il procéda de la même manière, et le sort tomba sur moi. Ainsi, le Messager d’Allâh ﷺ m’emmena avec lui. »
Elle poursuivit : « En ce temps-là, les femmes prenaient encore de maigres repas (5) ; la viande ne nous avait pas alourdies (6). Quand on préparait mon chameau, je m’installais dans mon palanquin (houdaj). Les hommes qui en avaient la charge venaient alors, le soulevaient par sa base et le déposaient sur le dos du chameau, puis l’attachaient avec ses cordes et conduisaient la bête. »
Elle dit encore : « Lorsque le Messager d’Allâh ﷺ eut terminé cette expédition et prit le chemin du retour, il fit une halte près de Médine et y passa une partie de la nuit. Puis il annonça le départ à la troupe, et les gens s’apprêtèrent à repartir. De mon côté, je sortis pour un besoin personnel, portant autour de mon cou un collier en onyx de Dhafâr. Après en avoir fini, je constatai qu’il s’était détaché de mon cou sans que je m’en aperçoive. À mon retour, je voulus vérifier s’il était toujours à ma place, mais ne le trouvai pas, bien que les gens commençaient déjà à lever le camp. Je retournai donc là où j’étais sortie et finis par le retrouver. Entre-temps, les hommes qui avaient l’habitude de préparer mon chameau étaient venus, avaient bouclé ses bagages et, pensant que je me trouvais dans le houdaj comme à l’accoutumée, l’avaient soulevé et attaché sur la monture sans se douter de mon absence. Ils prirent alors la tête du chameau et s’en allèrent. À mon retour, je trouvai le camp désert, personne pour répondre à mon appel, car tous étaient déjà partis. »
Elle poursuivit : « Je m’enveloppai donc dans mon grand voile (jilbâb), puis je m’allongeai… »