Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et je crains que tu ne donnes l’ordre [de le tuer] à quelqu’un d’autre, et qu’il ne le tue. Alors je ne saurai me retenir de voir le meurtrier de ‘Abd Allâh ibn Ubayy marcher parmi les gens, et je le tuerais, commettant ainsi le meurtre d’un croyant à cause d’un mécréant, et j’entrerais alors en Enfer. »

Le Messager de Dieu (ﷺ) répondit : « Au contraire, nous allons agir avec douceur envers lui et bien le traiter tant qu’il restera parmi nous. »

Par la suite, chaque fois qu’il (c’est-à-dire ‘Abd Allâh ibn Ubayy) commettait un acte répréhensible, ce sont les siens qui le réprimandaient, le prenaient à partie et le blâmaient sévèrement. Le Messager de Dieu (ﷺ) dit alors à ‘Umar ibn al-Khattâb, lorsqu’il apprit la conduite de son peuple à son égard : « Qu’en penses-tu, ‘Umar ? Par Dieu, si je l’avais tué le jour où tu m’as dit : “Tue-le”, alors il aurait soulevé contre nous bien des têtes ! Tandis que si je leur ordonnais aujourd’hui de le tuer, ils le tueraient. »

‘Umar répondit : « Par Dieu, j’ai bien compris que l’ordre du Messager de Dieu (ﷺ) était infiniment plus rempli de bénédictions que le mien. »

‘Ikrima, Ibn Zayd et d’autres ont rapporté que son fils, ‘Abd Allâh (qu’Allâh l’agrée), se posta devant son père, ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl, à l’entrée de Médine et lui dit : « Arrête-toi ! Par Dieu, tu n’y entreras pas tant que le Messager de Dieu (ﷺ) ne l’aura pas permis. » Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) vint, il demanda la permission d’entrer pour son père, puis il la lui accorda et le laissa pénétrer dans la ville.

Ibn Ishâq dit (1) : « Ce jour-là, plusieurs des Banû al-Mustaliq tombèrent, et ‘Alî ibn Abî Tâlib tua deux d’entre eux, Mâlik et son fils. »

Ibn Hishâm relate (2) : « Le cri de ralliement des musulmans était alors : “Ô Mansûr, tue, tue !” »

Ibn Ishâq poursuit (3) : « Le Messager de Dieu (ﷺ) captura beaucoup de prisonniers parmi eux et les répartit entre les musulmans. »

Al-Bukhârî rapporte (4) : « Qutayba ibn Sa‘îd nous raconta — Ismâ‘îl ibn Ja‘far me transmit de Rabî‘a ibn Abî ‘Abd ar-Rahmân, de Muhammad ibn Yahyâ ibn Habban, de Ibn Muhayriz, qui dit : “Je suis entré dans la mosquée et j’y trouvai Abû Sa‘îd al-Khudrî. Je m’assis auprès de lui et l’interrogeai au sujet du ‘azl (coït interrompu). Abû Sa‘îd répondit : ‘Nous étions partis en expédition avec le Messager de Dieu (ﷺ) contre Banû al-Mustaliq. Nous fîmes un certain nombre de prisonnières arabes et nous avions le désir des femmes, car la continence nous pesait. Nous voulions pratiquer le coït interrompu, tout en nous disant : “Nous allons le faire alors que le Messager de Dieu (ﷺ) est parmi nous, avant même de l’avoir consulté.” Puis nous l’interrogeâmes là-dessus. Il nous dit : “Il n’y a pas d’inconvénient à ne pas le faire. Toute âme destinée à exister jusqu’au Jour de la Résurrection existera bel et bien.”’” »

Ibn Ishâq rapporte encore (6) : « Parmi les captives ce jour-là se trouvait Juwayriyya bint al-Hârith ibn Abî Dirâr. » Il mentionne que Muhammad ibn Ja‘far ibn az-Zubayr transmit, d’après ‘Urwa, d’après ‘Â’isha (qu’Allâh l’agrée) : « Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) répartit les prisonniers de Banû… »

(1) Voir « La Sīrah du Prophète » d’Ibn Hichâm (t. 2, p. 294). (2) Voir « La Sīrah du Prophète » d’Ibn Hichâm (t. 2, p. 294). (3) Voir « La Sīrah du Prophète » d’Ibn Hichâm (t. 2, p. 294). (4) Rapporté par al-Boukhârî, n° 4138. (5) Al-Boukhârî fait référence dans son Livre des expéditions (al-Maghâzî) à son Ṣaḥîḥ et l’a également rapporté à d’autres endroits de son Ṣaḥîḥ avec des formulations différentes de celle de ce récit. (6) Voir « La Sīrah du Prophète » d’Ibn Hichâm (t. 2, p. 294).
وإنِّي أخشى أن تأمر [به غيري] فيقتله، فلا تدعني نفسي أن أنظر إلى قاتل عبد اللّه بن أبيٍّ يمشي في الناس، فأقتله، فأقتل مؤمنًا بكافر، فأدخل النار. فقال رسول اللّه ﷺ : "بل نترفَّق به، ونحسن صحبته ما بقي معنا" . وجعل بعد ذلك إذا أحدث الحدث؛ كان قومه هم الذين يعاتبونه، ويأخذونه ويعنِّفونه، فقال رسول اللّه ﷺ لعمر بن الخطَّاب، حين بلغه ذلك من شأنهم: "كيف ترى يا عمر، أما واللّه لو قتلتُه يوم قلت لي: اقتُله. لأرعدت له آنُف، لو أمرتها اليوم بقتله لقتلته" . فقال عمر: قد واللّه علمت؛ لأمر رسول الله ﷺ أعظم بركة من أمري. وقد ذكر عكرمة، وابن زيد، وغيرهما، أنَّ ابنه عبد اللّه، (رضي الله عنه) ، وقف لأبيه عبد اللّه بن أُبي ابن سلول عند مضيق المدينة فقال: قف، فوالله لا تدخلها حتى يأذن رسول الله ﷺ في ذلك، فلمَّا جاء رسول الله ﷺ استأذنه في ذلك، فأذن له، فأرسله حتى دخل المدينة. قال ابن إسحاق (١) وأُصيب يومئذ من بني المُصْطَلق ناس، وقتل عليُّ بن أبي طالب منهم رجلين؛ مالكًا وابنه. قال ابن هشام (٢) : وكان شعار المسلمين: يا منصور، أَمِتْ أَمِتْ. قال ابن إسحاق (٣) : وكان رسول اللّه ﷺ أصاب منهم سبيًا كثيرًا، فقسمهم في المسلمين. وقال البخاريُّ (٤) : ثنا قتيبة بن سعيد، أخبرني إسماعيل بن جعفر، عن ربيعة بن أبي عبد الرحمن، عن محمد بن يحيى بن حبَّان، عن ابن محيريز، أنَّه قال: دخلت المسجد فرأيت أبا سعيد الخُدري فجلست إليه، فسألته عن العزل، فقال أبو سعيد: خرجنا مع رسول الله ﷺ في غزوة بني المصطلق، فأصبنا سَبْيًا من سبي العرب، فاشتهينا النساء، واشتدَّت علينا العُزُوبة، وأحببنا العزل، وقلنا: نعزل ورسول اللّه ﷺ بين أظهرنا، قبل أن نسأله. فسألناه عن ذلك فقال: "ما عليكم أن لا تفعلوا، ما من نسمة كائنة إلى يوم القيامة إلَّا وهي كائنة" وهكذا رواه (٥) . قال ابن إسحاق (٦) : وكان فيمن أُصيب يومئذ من السَّبايا جُويرية بنت الحارث بن أبي ضرار، فحدَّثني محمد بن جعفر بن الزُّبير، عن عُروة، عن عائشة قالت: لمَّا قسم رسول الله ﷺ سبايا بني
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٩٤). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٩٤). (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٩٤). (٤) رواه البخاري رقم (٤١٣٨). (٥) يعني البخاري في كتاب المغازي من "صحيحه" ورواه بمواضع أخرى من "صحيحه" بألفاظ أخرى مختلفة عن ألفاظ روايته هذه. (٦) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٩٤).

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