Tu es venu à une heure inhabituelle, une heure à laquelle tu ne venais pas d’ordinaire. Le Messager de Dieu (ﷺ) lui dit alors : « Ne t’est-il pas parvenu ce qu’a dit votre compagnon ? » Il répondit : « Quel compagnon, ô Messager de Dieu ? » Le Prophète (ﷺ) répondit : « ‘Abdallah ibn Ubayy. » Il demanda : « Qu’a-t-il dit ? » Le Prophète (ﷺ) expliqua : « Il prétend que, s’il retourne à Médine, l’homme le plus puissant en fera sortir le plus faible. » Il répliqua : « Par Dieu, ô Messager de Dieu, si tu veux, tu le feras sortir ; il est certes le plus vil et toi tu es le plus noble. Puis il ajouta : Ô Messager de Dieu, use de douceur avec lui, car, par Dieu, c’est Dieu qui nous a envoyé vers toi ; or son peuple était en train de rassembler des perles afin de le couronner. Il pense donc que tu lui as ôté son royaume. » Par la suite, le Messager de Dieu (ﷺ) continua de marcher avec les gens tout le jour jusqu’au soir, puis toute la nuit jusqu’au matin, et encore une partie de ce jour-là malgré la chaleur. Ensuite, il s’arrêta pour que les gens puissent se poser à terre et aussitôt ils s’endormirent. Il agit ainsi afin de distraire les gens de la discussion de la veille au sujet de ‘Abdallah ibn Ubayy. Puis le Prophète (ﷺ) repartit avec les compagnons, emprunta la route du Hijâz et s’arrêta près d’un point d’eau du Hijâz, au-dessus d’an-Naqî‘, appelé Buq‘â’. Lorsque le Prophète (ﷺ) s’y rendit, un vent violent se mit à souffler et incommoda les gens, qui en prirent peur. Le Messager de Dieu (ﷺ) leur dit : « N’en ayez pas peur, ce vent n’a soufflé qu’à cause de la mort d’un grand parmi les grands mécréants. » Lorsqu’ils furent de retour à Médine, ils apprirent que Rifâ‘a ibn Zayd ibn at-Tâbût, l’un des Banû Qaynuqâ‘, notable parmi les Juifs et refuge pour les hypocrites, était mort ce jour-là (1). Moussa ibn ‘Uqbah et al-Wâqidî l’ont rapporté de la même manière.
L’imam Muslim (2), par l’intermédiaire de l’A‘mash, d’après Abû Sufyân, d’après Jâbir, a relaté un récit similaire, à ceci près qu’il ne nomme pas celui des hypocrites qui était mort. Il rapporte qu’un vent violent s’est levé alors que le Prophète (ﷺ) était en voyage et qu’il a dit : « Ce vent annonce la mort d’un hypocrite. » À leur arrivée à Médine, il s’avéra qu’il s’agissait bien d’un grand parmi les grands hypocrites.
Ibn Ishâq (3) rapporte : « La sourate dans laquelle Dieu a mentionné les hypocrites fut révélée au sujet d’ibn Ubayy et de ceux qui partageaient son état d’esprit. » Le Messager de Dieu (ﷺ) (4) saisit alors l’oreille de Zayd ibn Arqam et dit : « C’est lui qui a été loyal envers Dieu avec son oreille. »
Je précise que nous avons déjà expliqué cette sourate dans son intégralité, dans notre livre “Tafsîr” (5), ce qui rend inutile d’en reprendre ici l’interprétation. Nous y avons également recensé les différentes chaînes de transmission de ce récit, rapporté par Zayd ibn Arqam. Louange à Dieu et reconnaissance envers Lui. Ainsi, celui qui désire en prendre connaissance ou souhaite le transcrire ici, qu’il s’y réfère ; et c’est Dieu qui accorde la réussite.
Ibn Ishâq (6) a dit : « ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâdah m’a rapporté que ‘Abdallah ibn ‘Abdallah ibn Ubayy ibn Salûl se rendit auprès du Messager de Dieu (ﷺ) et lui dit : “Ô Messager de Dieu, on m’a informé que tu veux tuer ‘Abdallah ibn Ubayy à cause de ce qui t’est parvenu de lui. Si tu comptes vraiment le faire, ordonne-moi de l’exécuter, et je t’en apporterai la tête. Par Dieu, les Khazradj savent qu’il n’y a pas eu d’homme plus filial envers son père que moi.” »