Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et les soucis de l’âme, avant que je ne le tue, m’effleuraient sans cesse, m’épargnant ainsi la dureté du lit.
J’ai accompli ma vengeance par son intermédiaire et atteint mon but ; j’ai même été le premier à retourner vers les idoles.
Par lui, j’ai vengé Fihr et j’ai fait porter le fardeau aux chefs des Banû al-Najjâr, seigneurs de Fâri‘.(1)

J’ai dit : C’est pour cette raison que ce Miqyas se trouvait parmi les quatre personnes dont le Messager d’Allah (ﷺ) déclara le sang licite le jour de la conquête, même s’ils étaient accrochés aux tentures de la Ka’ba.

Ibn Ishâq (2) a rapporté : Alors que les gens étaient installés près de cette source, les porteurs d’eau arrivèrent. Avec ‘Umar ibn al-Khattâb se trouvait un affranchi issu des Banû Ghifâr, nommé Jahjâh ibn Mas‘ûd, qui conduisait sa monture. Jahjâh et Sinân ibn Wabr al-Juhanî, allié des Banû ‘Awf ibn al-Khazraj, se bousculèrent près de l’eau et en vinrent aux mains. Le Juhanî cria : « Ô vous, les Anṣâr ! », tandis que Jahjâh cria : « Ô vous, les Muhâjirûn ! »

Cela mit alors en colère ‘Abdallâh ibn Ubayy ibn Salûl, qui se trouvait avec un groupe de ses hommes, parmi lesquels Zayd ibn Arqam, encore tout jeune. Il s’exclama : « L’ont-ils vraiment fait ? Ils nous ont défiés, ils ont pris le dessus alors que nous sommes chez nous ! Par Allah, je ne nous considère, ni nous ni ces “jalabîb” de Quraysh (4), qu’à la manière de ce que disait l’ancien : “Nourris ton chien, il te dévorera.” (5) Par Allah, si nous retournons à Médine, le plus noble d’entre nous en fera sortir le plus faible. » Il se tourna ensuite vers les siens et ajouta : « Voilà ce que vous vous êtes infligé : vous les avez installés dans votre terre et partagé vos biens avec eux. Par Allah, si vous aviez cessé de leur donner ce qui est entre vos mains, ils se seraient rendus ailleurs. »

Zayd ibn Arqam entendit ses propos et alla en informer le Messager d’Allah (ﷺ), à un moment où ce dernier venait de remporter la victoire sur son ennemi. ‘Umar ibn al-Khattâb se trouvait auprès de lui et dit : « Ordonne à ‘Abbâd ibn Bishr de le tuer ! » Mais le Messager d’Allah (ﷺ) répondit : « Comment donc, Ô ‘Umar, si les gens racontent que Muḥammad tue ses compagnons ? Non, annonce plutôt le départ. » Il s’agissait d’une heure où, habituellement, le Prophète (ﷺ) ne se remettait pas en route ; mais il fit lever le camp sur-le-champ.

Abdallâh ibn Ubayy ibn Salûl vint alors vers le Messager d’Allah (ﷺ), lorsqu’il apprit que Zayd ibn Arqam lui avait rapporté ses propos. Il jura par Allah ne pas avoir tenu de tels propos. Comme il avait un rang élevé au sein de son peuple, certains des Anṣâr présents dirent au Messager d’Allah (ﷺ) : « Ô Messager d’Allah, il se peut que le jeune garçon se soit trompé dans ce qu’il a rapporté ou qu’il n’ait pas bien retenu les paroles de cet homme », prenant ainsi la défense d’Abdallâh ibn Ubayy et rejetant la faute. Puis, quand le Messager d’Allah (ﷺ) reprit la route, Usayd ibn Ḥuḍayr vint à sa rencontre, le salua de la salutation prophétique et lui dit : « Ô Messager d’Allah, par Allah… »

(1) Al-Suhaylī rapporte dans « Al-Rawḍ al-Anf », en citant Ibn Isḥāq : « Et Miqāys ibn Ṣubābah a également dit : [poème al-basīt] J’ai été frappé d’un coup qui m’a été funeste et m’a paralysé… Par un liquide profond, il le surmonte et se dissipe. Je dis, alors que la mort le couvre : Ne fais pas confiance à Banū Bakr s’ils sont lésés. » (2) Voir « La Sīra al-Nabawiyya » d’Ibn Hichām (t. 2, p. 290). (3) Ainsi dans (Ā) et (Ṭ) : « Pendant que les gens… » et dans « La Sīra al-Nabawiyya » d’Ibn Hichām : « Pendant que le Messager de Dieu ﷺ… » (4) C’est le surnom attribué à ceux qui avaient embrassé l’islam parmi les Muhājirīn (les émigrés), donné par les polythéistes. Voir « Sharḥ Gharīb al-Sīra » (t. 3, p. 40). (5) Selon certains, l’expression est : « Le chien le plus gros te mangera », proverbe célèbre parmi les proverbes arabes. Voir ses sources dans « Maʿjam al-Amthāl al-ʿArabiyya » du respectable confrère Riḍāʾ ʿAbd al-Ḥamīd Murād (t. 4, p. 53). (6) C’est-à-dire « par compassion ». Voir « Sharḥ Gharīb al-Sīra » (t. 3, p. 40).
وكانت همومُ النفس من قبل قتله … تُلمُّ فتحميني وطاء المضاجعِ حللت به وِتْرِي وأدركت ثُؤرتي … وكنت إلى الأوثان أوَّل راجعِ ثأرت به فِهرًا وحمَّلت عقله … سَراة بني النَّجّار أربابَ فَارعِ (١) قلت: ولهذا كان مِقْيَسُ هذا من الأربعة الذين أهدر رسول اللّه ﷺ يوم الفتح دماءهم، وإن وجدوا مُعلَّقين بأستار الكعبة. قال ابن إسحاق (٢) : فبينا الناس (٣) على ذلك الماء، وردت واردة الناس، ومع عمر بن الخطَّاب أجير له من بني غِفَار، يقال له: جهجاه بن مسعود، يقود فرسه، فازدحم جهجاه، وسنان بن وبر الجهني، حليف بني عوف بن الخزرج، على الماء، فاقتتلا، فصرخ الجهنيُّ: يا معشر الأنصار، وصرخ جهجاه: يا معشر المهاجرين، فغضب عبد اللّه بن أبي بن سلول، وعنده رهط من قومه، فيهم زيد بن أرقم؛ غلامٌ حدث، فقال: أوقد فعلوها؟ قد نَافرونا، وكاثرونا في بلادنا، واللّه ما أعُدُّنا وجلابيب قريش (٤) هذه، إلَّا كما قال الأول: سَمِّنْ كلبك يأكلك (٥) ، أما واللّه، لئن رجعنا إلى المدينة ليخرجن الأعزُّ منها الأذلَّ. ثم أقبل على من حضره من قومه فقال: هذا ما فعلتم بأنفسكم؟ أحللتموهم بلادكم، وقاسمتموهم أموالكم، أما واللّه، لو أمسكتم عنهم ما بأيديكم؛ لتحَّولوا إلى غير داركم. فسمع ذلك زيد بن أرقم، فمشى به إلى رسول الله ﷺ ، وذلك عند فراغ رسول اللّه ﷺ من عدوِّه، فأخبره الخبر، وعنده عمر بن الخطاب فقال: مر به عبّاد بن بشر فليقتله. فقال رسول اللّه ﷺ : "فكيف يا عمر، إذا تحدَّث الناس أن محمدًا يقتل أصحابه، لا، ولكن أذِّن بالرحيل" . وذلك في ساعة لم يكن رسول اللّه ﷺ يرتحل فيها، فارتحل الناس، وقد مشى عبد الله بن أُبى بن سلول إلى رسول اللّه ﷺ ، حين بلغه أن زيد بن أرقم قد بلَّغه ما سمع منه، فحلف باللّه: ما قلت ما قال، ولا تكلَّمت به. وكان في قومه شريفًا عظيمًا، فقال من حضر رسول اللّه ﷺ من الأنصار من أصحابه: يا رسول اللّه، عسى أن يكون الغلام أوهم في حديثه، ولم يحفظ ما قال الرجل. حَدَبًا (٦) على ابن أُبيٍّ ودفعًا عنه. فلمَّا استقلَّ رسول اللّه ﷺ وسار، لقيه أُسيد بن حضير، فحيَّاه بتحية النبوة وسلَّم عليه، وقال: يا رسول اللّه، واللّه
(١) وقال السهيلي في "الروض الأنف" نقلًا عن ابن إسحاق: "وقال مِقَيس بن صُبابة أيضًا: [من البسيط] جلّلته ضربة باءت لها وشلٌ … من ناقع الجوف يعلوه وينصرم فقلت والموت تغشاه أسِرّته … لا تأمنن بني بكر إذا ظُلموا" (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٩٠). (٣) كذا في (آ) و (ط): "فبينا الناس … " وفي "السيرة النبوية" لابن هشام: "فبينا رسول اللّه ﷺ ". (٤) وهو لقب لمن كان أسلم من المهاجرين، لقّبهم بذلك المشركون. انظر "شرح غريب السيرة" (٣/ ٤٠). (٥) وعند بعضهم: "أسمن كلبك يأكلك" وهو مثل مشهور من أمثال العرب. انظر مصادره في "معجم الأمثال العربية" لصديقي الفاضل الأستاذ رياض عبد الحميد مراد (٤/ ٥٣). (٦) أي: تحننًا. انظر "شرح غريب السيرة" (٣/ ٤٠).

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