Leur chef était Al-Hârith ibn Abî Dirâr, père de Juwayriya bint Al-Hârith, que le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) épousa par la suite. Lorsqu’il apprit leur venue, il sortit à leur rencontre et les rejoignit près d’une source d’eau qui s’appelait Al-Muraysi‘, dans la direction de Qudayd, sur la route du littoral. Les gens s’affrontèrent et combattirent, et Dieu vainquit Banû al-Mustaliq, tuant ceux d’entre eux qui devaient l’être. Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) prit pour butin leurs enfants, leurs femmes, et leurs biens, qu’il attribua ensuite (à ses compagnons).
Al-Wâqidî (1) rapporta : « Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) partit deux nuits après le début de Sha‘bân, la cinquième année de l’Hégire, accompagné de sept cents de ses compagnons, pour se diriger vers Banû al-Mustaliq. Ceux-ci étaient alliés à Banû Mudlij. Lorsqu’il parvint jusqu’à eux, il confia l’étendard des Muhâjirîn à Abû Bakr al-Siddîq – certains disent plutôt à ‘Ammâr ibn Yâsir – et celui des Anṣâr à Sa‘d ibn ‘Ubâda. Puis il ordonna à ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb de crier aux gens : “Dites : ‘Lâ ilâha illa-llâh’ (Il n’est de Dieu que Dieu), vous préserverez ainsi vos vies et vos biens.” Mais ils refusèrent. Ils échangèrent alors des flèches, puis le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) ordonna aux musulmans de lancer une charge groupée. Aucun homme ne put s’enfuir, dix d’entre eux furent tués, et le reste fut fait prisonnier. Un seul musulman fut tué. »
Dans les Deux Sahîh (2), selon le hadith rapporté par ‘Abd Allâh ibn ‘Awn, celui-ci dit : « J’ai écrit à Nâfi‘ pour l’interroger au sujet de l’invocation avant le combat, et il m’a répondu : “Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a attaqué Banû al-Mustaliq alors qu’ils étaient inattentifs, et que leurs troupeaux s’abreuvaient près de l’eau. Il a tué leurs combattants et fait prisonniers leurs captifs. C’est ce jour-là, je pense, qu’il s’empara de Juwayriya bint al-Hârith (3).” Et ‘Abd Allâh ibn ‘Umar m’informa de la même chose, car il faisait partie de cette expédition. »
Ibn Isḥâq rapporte qu’un homme parmi les musulmans, appelé Hishâm ibn Ṣubâba, fut tué par erreur par un homme des Anṣâr, qui le prenait pour un ennemi. Ibn Isḥâq (4) mentionne également que le frère de ce dernier, Miqyâs ibn Ṣubâba, arriva de La Mecque, prétendant avoir embrassé l’islam. Il réclama la diya (prix du sang) pour son frère Hishâm, tué par erreur. Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) la lui versa, mais après un court laps de temps, Miqyâs se vengea en tuant l’assassin de son frère, puis retourna à La Mecque en apostat, en disant :
« Il a apaisé mon âme qu’il gise dans la plaine étendu, / Maculant ses deux vêtements du sang jailli de la jugulaire. »