Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«Prends-la ! Je suis le fils d’al-Akwaʿ… Aujourd’hui est le jour des nourrissons.»

Il raconta : «Alors il dit : “Ô mère endeuillée d’Akwâʿ, de bon matin !” Je répondis : “Oui, ô ennemi de toi-même.” Celui que j’avais visé fut atteint au matin, et je lui lançai une autre flèche, de sorte que deux flèches s’attachèrent à lui. Ils laissèrent derrière eux deux chevaux, que j’emmenai ensuite vers le Messager de Dieu (ﷺ) qui se trouvait près du point d’eau d’où je les avais chassés, à Dhou Qard. Le Prophète (ﷺ) était alors entouré de cinq cents hommes. Je vis Bilal, qui avait abattu un chameau parmi ceux que j’avais fait fuir, en train d’en faire griller le foie et la bosse pour le Messager de Dieu (ﷺ).

Je me rendis auprès du Messager de Dieu (ﷺ) et lui dis : “Ô Messager de Dieu, laisse-moi choisir cent de tes compagnons afin que j’attaque les mécréants à la nuit tombante, et qu’il ne reste aucun d’entre eux pour avertir les autres.” Il répondit : “Allais-tu vraiment le faire, ô Salama ?” Je dis : “Oui, par Celui qui t’a honoré.” Le Messager de Dieu (ﷺ) se mit alors à rire jusqu’à ce que je voie ses molaires à la lueur du feu. Puis il dit : “En ce moment, ils sont reçus sur le territoire de Ghatafan.”

Alors vint un homme de Ghatafan qui raconta : “Ils se sont arrêtés chez un tel, un homme de Ghatafan, et il leur a abattu un chameau. Mais tandis qu’ils commençaient à en gratter la peau, ils ont aperçu de la poussière et ont aussitôt pris la fuite.”

Le matin venu, le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : “Le meilleur de nos cavaliers aujourd’hui est Abou Qotada, et le meilleur de nos fantassins est Salama.” Puis il m’attribua à la fois la part du cavalier et celle du fantassin, et il me fit monter derrière lui sur la chamelle Al-ʿAdhbâʾ, tandis que nous retournions à Médine.

Lorsque nous fûmes proches de la ville, vers la fin de la matinée, un homme des Anṣâr, qui n’avait jamais été devancé dans la course, se mit à crier : “Qui veut courir contre moi jusqu’à Médine ? Y a-t-il un concurrent ?” Il répéta cela plusieurs fois. J’étais alors assis derrière le Messager de Dieu (ﷺ). Je lui dis : “N’honoreras-tu pas un homme méritant et ne craindras-tu pas un noble ?” Il répondit : “Non, hormis le Messager de Dieu (ﷺ).” Je dis : “Ô Messager de Dieu, que mon père et ma mère te soient sacrifiés, permets-moi de courir contre lui.” Il dit : “Si tu veux.” Je répondis : “C’est parti.” Je sautai aussitôt de ma monture, puis je déployai un peu d’effort pour le rattraper et, lorsque je le rejoignis, je lui tapotai l’épaule en disant : “Par Dieu, je t’ai devancé !” ou une parole proche de cela. Il rit et dit : “C’est bien ce que je pensais.” Puis nous entrâmes à Médine.

C’est ainsi que Mouslim l’a rapporté(1) par différentes voies, d’après ʿIkrima ibn ʿAmmâr, dans une version semblable. Chez lui, il est encore dit : “Je l’ai battu à la course jusqu’à Médine, et nous ne restâmes que trois jours avant de partir pour Khaybar.” Aḥmad propose cette même version.

Al-Bukhârî et al-Bayhaqî placent cette expédition après al-Hudaybiya et avant Khaybar, ce qui semble plus correct que la chronologie donnée par Ibn Isḥâq — Dieu sait mieux. Elle devrait donc être située au début de la septième année de l’hégire, puisque Khaybar eut lieu au mois de Ṣafar de la même année.

Quant à l’histoire de la femme qui échappa à ses poursuivants en chevauchant la chamelle du Prophète (ﷺ) et promit ensuite de l’immoler pour avoir été sauvée, Ibn Isḥâq(2) la rapporte, via sa chaîne de transmission, d’après Abou al-Zoubayr, d’après al-Ḥasan al-Baṣrî, sous forme mursal. Toutefois, il en existe des chaînes de transmission complètes (musnad) par d’autres voies. L’imam Aḥmad(3) a dit : “ʿAffân nous le rapporta, d’après Ḥammâd ibn Zayd, d’après Ayyoub, d’après Abou Qilâba, d’après Abou al-Muhallab…”.

(1) Dans son Sahih, n° 1807. (2) Voir la Sira du Prophète d'Ibn Hicham (2/285). (3) Rapporté par Ahmad dans le Musnad (4/430).
خذها وأنا ابن الأَكوع … اليوم يوم الرُّضَّعِ قال: فقال: يا ثُكل أمِّ أكوع بُكرةَ. فقلت: نعم، أي عدوَّ نفسه. وكان الذي رميته بكرة، وأتبعته سهمًا آخر فعلق به سهمان، ويخلفون فرسين فجئت [بهما] أسوقهما إلى رسول اللّه ﷺ وهو على الماء الذي أجليتهم عنه، ذو قرد، وإذا بنبيِّ الله ﷺ في خمسمئة، وإذا بلال قد نحر جزورًا مما خَلَفْتُ، فهو يشوي لرسول اللّه ﷺ من كبدها وسنامها، فأتيت رسول اللّه ﷺ فقلت: يا رسول اللّه، خلِّني فأنتخب من أصحابك مائة، فآخذ على الكُفَّار بالعشوة، فلا يبقى منهم مخبر إلا قتلته. فقال: "أكنتَ فاعلًا ذلك يا سلمة؟ " قال: قلت: نعم والذي أكرمك. فضحك رسول اللّه ﷺ ، حتى رأيت نواجذه في ضوء النار، ثم قال: "إنهم يُقْرَون الآن بأرض غطفان" . فجاء رجل من غطفان فقال: مَرُّوا على فلان الغطفانيِّ، فنحر لهم جزورًا، فلمَّا أخذوا يكشطون جلدها رأوا غبرة، فتركوها وخرجوا هرابًا، فلمَّا أصبحنا قال رسول اللّه ﷺ : "خير فرساننا اليوم أبو قتادة، وخير رجَّالتنا سلمة" . فأعطاني رسول اللّه ﷺ سهم الفارس والراجل جميعًا، ثم أردفني وراءه على العضباء راجعين إلى المدينة، فلمَّا كان بيننا وبينها قريب من ضحوة، وفي القوم رجل من الأنصار كان لا يسبق، جعل ينادي: هل من مسابق؟ ألا رجل يسابق إلى المدينة؟ فأعاد ذلك مرارًا، وأنا وراء رسول اللّه ﷺ مردفي، فقلت له: أما تكرم كريمًا ولا تهاب شريفًا؟ قال: لا، إلا رسول اللّه ﷺ . قال: قلت يا رسول اللّه، بأبي أنت وأمي، خلِّني فلأسابق الرجل. قال: "إن شئت" . قلت: اذهب إليك. فطفر عن راحلته وثنيت رجليَّ فطفرت عن الناقة، ثم إني ربطت عليه شرفًا أو شرفين، يعني استبقيت من نفسي، ثم إني عدوت حتى ألحقه، فأَصُكُّ بين كتفيه بيدي، قلت: سبقتك واللّه. أو كلمة نحوها. قال: فضحك وقال: إن أظنُّ. حتى قدمنا المدينة. وهكذا رواه مسلم (١) ، من طرق، عن عكرمة بن عمَّار، بنحوه، وعنده: سبقتُه إلى المدينة، فلم نلبث إلا ثلاثًا حتى خرجنا إلى خيبر. ولأحمد هذا السياق. ذكر البخاريُّ والبيهقيُّ هذه الغزوة بعد الحديبية وقبل خيبر، وهو أشبه مما ذكره ابن إسحاق، واللّه أعلم، فينبغي تأخيرها إلى أوائل سنة سبع من الهجرة، فإنَّ خيبر كانت في صفر منها. وأما قصة المرأة التي نجت على ناقة النبيِّ ﷺ ونذرت نحرها لنجاتها عليها، فقد أوردها ابن إسحاق (٢) بروايته، عن أبي الزبير، عن الحسن البصريِّ مرسلًا، وقد جاء متَّصلًا من وجوه أخر. قال الإمام أحمد (٣) : ثنا عفَّان، ثنا حمَّاد بن زيد، ثنا أيوب، عن أبي قِلابة، عن أبي المُهَلَّب،
(١) في "صحيحه "رقم (١٨٠٧). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٨٥). (٣) رواه أحمد في "المسند" (٤/ ٤٣٠).

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