Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Messager de Dieu (ﷺ) – selon ce qui m’est parvenu – déclara : « Ils sont maintenant en train de prendre leur repaire chez Ghatafân. » Alors le Messager de Dieu (ﷺ) répartit un chameau entre chaque centaine de ses compagnons et ils s’y installèrent, puis il reprit la route jusqu’à rentrer à Médine.

Il fut rapporté : Une femme de la tribu des Ghifâr arriva sur une chamelle appartenant au Prophète (ﷺ) jusqu’à ce qu’elle parvînt à Médine et l’informa de ce qui s’était passé. Puis, lorsqu’elle eut terminé son récit, elle dit : « Ô Messager de Dieu, j’ai fait vœu pour Dieu de l’égorger si Dieu me sauvait grâce à elle. » Le Messager de Dieu (ﷺ) sourit alors et dit : « Quelle piètre récompense pour elle ! Dieu t’a portée dessus et t’a sauvée grâce à elle, puis tu veux l’égorger ? Il n’y a pas de vœu dans la désobéissance à Dieu, ni pour ce que tu ne possèdes pas. Elle appartient à mes chamelles. Retourne donc auprès de ta famille, avec la bénédiction de Dieu. »

Ibn Ishaq (1) dit : « Le hadith à ce sujet provient d’Abû Zubayr al-Makkî, d’après al-Hasan al-Basrî. » C’est ainsi qu’Ibn Ishaq rapporte cette histoire, avec la chaîne de transmission et la narration qu’il mentionne.

Al-Bukhârî (2), qu’Allah lui fasse miséricorde, a ensuite déclaré – après l’histoire d’Al-Hudaybiya et avant Khaybar : « Il s’agit de l’expédition de Dhû Qarad, au cours de laquelle on attaqua les chamelles laitières du Prophète (ﷺ) trois jours avant Khaybar. Qutayba ibn Saʿîd nous l’a rapporté, transmis par Hâtim, d’après Yazîd ibn Abî ʿUbayd, qui rapporte avoir entendu Salama ibn al-Akwʿ dire :

“Je suis sorti avant l’appel à la première prière, et les chamelles laitières du Prophète (ﷺ) paissaient à Dhû Qarad. Je rencontrai alors un jeune esclave dʿAbd al-Rahmân ibn ʿAwf qui me dit : ‘On vient de prendre les chamelles laitières du Prophète (ﷺ).’ Je lui demandai : ‘Qui les a prises ?’ Il répondit : ‘Ghatafân.’ Alors je criai par trois fois : ‘Ô Sabâhâh !’ (cri d’alarme), si bien que ma voix résonna entre les deux étendues rocheuses de Médine. Je me lançai à leur poursuite et les rattrapai alors qu’ils étaient en train de puiser de l’eau. Je me mis à leur tirer des flèches, car j’étais un archer, en criant : ‘Je suis le fils d’al-Akwʿ ! Aujourd’hui est le jour des nourrissons !’ Je récitais des vers jusqu’à ce que je parvienne à arracher les chamelles de leurs mains et à m’emparer de trente de leurs manteaux.

“Le Prophète (ﷺ) et des gens arrivèrent alors, et je lui dis : ‘Ô Messager de Dieu, j’ai intercepté ces hommes au point d’eau et ils sont assoiffés, envoie donc du monde leur tendre une embuscade maintenant.’ Il répondit : ‘Ô fils d’al-Akwʿ, tu es victorieux, sois donc clément (3).’ Puis nous fîmes demi-tour, et je fus assis derrière le Messager de Dieu (ﷺ) sur sa chamelle jusqu’à ce que nous arrivions à Médine.” »

C’est ainsi que Muslim (4) rapporte également ce récit par l’intermédiaire de Qutayba, avec la même chaîne de transmission, de même qu’al-Bukhârî (5) par Abû ʿÂsim an-Nabîl, d’après Yazîd ibn Abî ʿUbayd, lui-même rapportant de son affranchi, Salama, dans des termes similaires.

L’imam Ahmad (6) dit : « Nous a rapporté Hâshim ibn al-Qâsim, qui déclara : ‘Nous a rapporté ʿIkrima ibn ʿAmmâr, qui déclara : “Iyâs ibn Salama ibn al-Akwʿ m’a informé, d’après son père, lequel a dit : ‘Nous arrivâmes à Médine à l’époque de Hudaybiya en compagnie du Messager de Dieu (ﷺ). Je partis, avec Râbah, l’esclave du Prophète (ﷺ), en montant à cheval sur les montures du Messager (ﷺ), et j’emmenai un cheval appartenant à Talha ibn ʿUbayd Allâh pour l’entraîner aux côtés des chamelles. Puis, lorsque la nuit fut presque finie (al-ghalas)…’”’ »

(1) Voir "La Sîra" d’Ibn Hichâm (tome 2, p. 285). (2) Dans son « Ṣaḥîḥ », n° 4194. (3) C’est-à-dire : pardonne. (4) Dans son « Ṣaḥîḥ », n° 1806. (5) Dans son « Ṣaḥîḥ », n° 3041, dans la chaîne de transmission de Makkî ibn Ibrâhîm ibn Bachîr at-Tamîmî al-Balkhî Abû as-Sakan. (6) Rapporté par Aḥmad dans le « Musnad » (tome 4, p. 52), et c’est un ḥadîth authentique. Voir aussi « Zâd al-Maʿâd » (tome 3, pp. 249-250).
القوم. فقال رسول اللّه ﷺ - فيما بلغني -: "إنهم الآن ليُغبَقون في غطفان" . فقسم رسول اللّه ﷺ في أصحابه في كل مائة رجل جزورًا، وأقاموا عليها، ثم رجع قافلًا حتى قدم المدينة. قال: وأقبلت امرأة الغفاريِّ على ناقة من إبل النبيِّ ﷺ ، حتى قدمت عليه المدينة فأخبرته الخبر، فلمَّا فرغت قالت: يا رسول اللّه، إني قد نذرت للّه أن أنحرها إن نجَّاني اللّه عليها. قال: فتبسَّم رسول اللّه ﷺ ثم قال: "بئس ما جزيتِها أن حملك اللّه عليها ونجَّاك بها ثم تنحرينها، إنه لا نذر في معصية اللّه، ولا فيما لا تملكين، إنما هي ناقة من إبلي، فارجعي إلى أهلك على بركة اللّه" . قال ابن إسحاق (١) : والحديث في ذلك عن أبي الزُّبير المكِّيِّ، عن الحسن البصريِّ. هكذا أورد ابن إسحاق هذه القصة بما ذكره من الإسناد والسِّياق. وقد قال البخاريُّ (٢) : (رحمه الله) ، بعد قصة الحُديبية وقبل خيبر: غزوة ذي قَرَد، وهي الغزوة التي أغاروا على لِقَاح النبيِّ ﷺ قبل خيبر بثلاث، ثنا قتيبة بن سعيد، ثنا حاتم، عن يزيد بن أبي عُبيد، سمعت سلمة بن الأكوع يقول: خرجت قبل أن يؤذَّن بالأولى، وكانت لقاح النبيِّ ﷺ ترعى بذي قرد، قال: فلقيني غلام لعبد الرحمن بن عوف، فقال: أُخذت لقاح النبيِّ ﷺ . فقلت: من أخذها؟ قال: غطفان. قال: فصرخت ثلاث صرخات: يا صباحاه. قال: فأسمعت ما بين لابتي المدينة، ثم اندفعت على وجهي حتى أدركتهم وقد أخذوا يستقون من الماء، فجعلت أرميهم بنجلي، وكنت راميًا، وأقول: أنا ابن الأكوع، اليوم يوم الرُّضَّع. وأرتجز حتى استنقذت اللِّقاح منهم واستلبت منهم ثلاثين بردة. قال: وجاء النبيُّ ﷺ والناس فقلت: يا رسول اللّه، قد حميت القوم الماء، وهم عطاش، فابعث إليهم الساعة. فقال: "يابن الأكوع ملكت فَأَسْجِحْ (٣) . ثم رجعنا، ويردفني رسول اللّه ﷺ على ناقته حتى قدمنا المدينة. وهكذا رواه مسلم (٤) ، عن قتيبة، به، ورواه البخاريُّ (٥) ، عن أبي عاصم النَّبيل، عن يزيد بن أبي عُبيد، عن مولاه سلمة، بنحوه. وقال الإمام أحمد (٦) : ثنا هاشم بن القاسم، ثنا عكرمة بن عمَّار، حدَّثني إياس بن سلمة بن الأكوع، عن أبيه قال: قدمنا المدينة زمن الحُديبية مع رسول اللّه ﷺ ، فخرجت أنا ورباح غلام النبيِّ بظهر رسول اللّه ﷺ ، وخرجت بفرس لطلحة بن عبيد اللّه، كنت أريد أن أندِّيَه مع الإبل، فلمَّا كان بغَلَسٍ
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٨٥). (٢) في "صحيحه" رقم (٤١٩٤). (٣) أي: اعف. (٤) في "صحيحه "رقم (١٨٠٦). (٥) في "صحيحه" رقم (٣٠٤١) من طريق مكي بن إبراهيم بن بشير التميمي البلخي أبو السكن. (٦) رواه أحمد في "المسند" (٤/ ٥٢) وهو حديث صحيح. وانظر "زاد المعاد" (٣/ ٢٤٩ - ٢٥٠).

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