Muḥṣin et Muḥriz ibn Naḍlah, le frère des Banû Asad ibn Khuzaymah, Abû Qatâdah al-Ḥârith ibn Ribʿî, le frère des Banû Salamah, et Abû ʿAyâsh ʿUbayd ibn Zayd ibn Ṣâmit, le frère des Banû Zurayq, se réunirent auprès du Messager d’Allah (ﷺ). Celui-ci leur désigna Saʿd ibn Zayd comme émir, puis il leur dit : « Partez à la poursuite de leurs troupes jusqu’à ce que je vous rejoigne. »
Le Prophète (ﷺ) aurait déclaré à Abû ʿAyâsh, selon ce que m’ont rapporté des hommes des Banû Zurayq : « Ô Abû ʿAyâsh, si seulement tu donnais ce cheval à un homme plus habile que toi, et qu’il rattrape l’ennemi. » Abû ʿAyâsh raconta : « Je lui ai répondu : “Ô Messager d’Allah, je suis pourtant le meilleur cavalier !” Puis je fouettai le cheval ; par Allah, il n’avait pas parcouru cinquante coudées avant de me désarçonner. Je m’en étonnai, et des hommes parmi les Banû Zurayq affirmèrent alors que le Messager d’Allah (ﷺ) donna le cheval d’Abû ʿAyâsh à Muʿâdh ibn Maʿaṣ ou ʿâʾidh ibn Maʿaṣ ibn Qays ibn Khaladah, compté comme le huitième. »
Il dit encore : « Certains comptent Salamah ibn al-Akwaʿ comme le huitième et écartent Usayd ibn Ẓuhayr ; Allah seul sait ce qu’il en est. » Et de préciser : « Salamah ibn al-Akwaʿ n’était pas cavalier ce jour-là, bien qu’il ait été le premier à rejoindre l’ennemi à pied. » Les cavaliers partirent donc à leur suite, et ʿÂṣim ibn ʿUmar ibn Qatâdah me raconta que le premier à les rattraper fut Muḥriz ibn Naḍlah, que l’on surnommait al-Akhram et que l’on appelait aussi Qumayr. Le cheval qu’il montait appartenait à Maḥmûd ibn Maslamah et se nommait « Dhû al-Limmah ». Lorsqu’il parvint à l’ennemi, il leur dit : « Arrêtez-vous, ô Banû al-Lakyʿah, jusqu’à ce que vous rejoignent de l’arrière les Émigrés (al-Muhâjirûn) et les Auxiliaires (al-Anṣâr) ! » L’un d’eux fondit alors sur lui et le tua ; le cheval s’échappa pour finalement s’arrêter sur une propriété des Banû ʿAbd al-Ashhal, c’est-à-dire qu’il revint à son écurie initiale, située à Médine.
Ibn Isḥâq (1) rapporte : « Aucun autre musulman ne fut tué ce jour-là. » Ibn Hishâm (2) mentionne, quant à lui, que plusieurs savants affirment que Waqّâṣ ibn Mujazziz al-Mudlijî fut également tué ce jour-là. Ibn Isḥâq (3) ajoute : « Certains dont je ne doute pas de la fiabilité, au nombre desquels se trouve ʿAbdallah ibn Kaʿb ibn Mâlik, m’ont dit que Muḥriz chevauchait une monture dʿUkkâshah ibn Muḥṣin, appelée al-Janâḥ. Muḥriz fut tué et al-Janâḥ fut prise comme butin. Allah seul sait ce qu’il en est. »
(4) Lorsque la cavalerie se rattroupa, Abû Qatâdah tua Ḥabîb ibn ʿUyaynah et le couvrit de son manteau avant de rejoindre le reste des fidèles. Le Messager d’Allah (ﷺ) arriva avec les musulmans – Ibn Hishâm précise qu’il confia la garde de Médine à Ibn Umm Maktûm – et virent le corps de Ḥabîb recouvert du manteau d’Abû Qatâdah. Les gens se mirent à dire : « Abû Qatâdah a été tué. » Mais le Messager d’Allah (ﷺ) répondit : « Ce n’est pas Abû Qatâdah, c’est celui qu’il a tué. Il l’a couvert de son manteau pour que vous sachiez qu’il s’agit de son œuvre. »
ʿUkkâshah ibn Muḥṣin rattrapa ensuite ʾAwbâr et son fils ʿAmr ibn ʾAwbâr, tous deux juchés sur le même chameau ; il les tua tous deux d’un coup de lance, et les cavaliers purent récupérer une partie des chamelles capturées. Le Messager d’Allah (ﷺ) continua sa route jusqu’à camper contre la montagne de Dhû Qarad, où les gens le rejoignirent. Il y demeura un jour et une nuit. Salamah ibn al-Akwaʿ s’adressa alors à lui : « Ô Messager d’Allah, si tu me laissais partir avec cent hommes, je pourrais récupérer le reste des chameaux et les prendre à la gorge… »