[Sixième année de l’Hégire]
Al-Bayhaqī (1) a dit : « On rapporte qu’au mois de Muḥarram de cette année-ci se déroula l’expédition de Muḥammad ibn Maslama en direction du Najd, au cours de laquelle ils firent prisonnier Thumāma ibn Uthāl al-Yamāmī. »
Je (l’auteur) dis : « Toutefois, selon la version transmise par Ibn Isḥāq, à partir de Saʿīd al-Maqburī, d’Abū Hurayra, celui-ci y aurait participé ; or il n’a émigré qu’après Khaybar. Il faut donc reporter cet événement à une date postérieure, et Dieu sait mieux. »
C’est aussi en cette année qu’eut lieu, au tout début, la campagne contre Banū Liḥyān, selon l’avis le plus fiable.
Ibn Isḥāq (2) a dit : « La conquête de Banū Qurayẓa eut lieu en Dhū al-Qaʿda et au début de Dhū al-Ḥijja, et les polythéistes prirent en charge ce pèlerinage-là. C’était donc en l’an cinq, comme cela a déjà été exposé. »
Puis, ajoute-t-il, le Messager de Dieu (ﷺ) demeura à Médine durant Dhū al-Ḥijja, al-Muḥarram, Ṣafar et les deux mois de Rabīʿ. Ensuite, en Jumādā al-Ūlā, soit six mois après la conquête de Banū Qurayẓa, il sortit vers Banū Liḥyān pour rechercher ceux qui avaient tué les compagnons du Rajiʿ, Khubayb et ses compagnons, en laissant croire qu’il se dirigeait vers la Syrie afin de profiter de la surprise.
Ibn Hishām (3) a indiqué qu’il confia l’intérim de Médine à Ibn Umm Maktūm. On comprend que lorsque le Prophète (ﷺ) atteignit les demeures de Banū Liḥyān, ceux-ci s’enfuirent pour se retrancher dans la montagne. Il s’orienta alors vers ʿUsfān, où il rencontra un groupe de polythéistes et y accomplit la prière de la crainte (ṣalāt al-khawf).
Le récit de cette expédition avait déjà été mentionné pour la quatrième année, et al-Bayhaqī la situe à ce moment-là. Néanmoins, l’avis d’Ibn Isḥāq selon lequel elle se produisit après la bataille du Fossé est plus plausible, car la prière de la crainte, d’après l’opinion la plus répandue, ne fut instituée qu’après ce combat-là. Il est en effet attesté que le Prophète pria à ʿUsfān le jour de l’expédition contre Banū Liḥyān, et c’est pourquoi il convient de la noter ici, en suivant l’autorité de celui qui fut l’imam des spécialistes des récits de campagnes (maghāzī) à son époque et après lui — comme l’a déclaré ash-Shāfiʿī (qu’Allah lui fasse miséricorde) : « Quiconque étudie les maghāzī puise nécessairement chez Muḥammad ibn Isḥāq. »
Kʿab ibn Mālik (4) a, par ailleurs, composé des vers au sujet de l’expédition de Banū Liḥyān, entamant ainsi [un poème sur la métrique du ṭawīl]