Abou Bakr ibn Abî Khaythama a dit : « Elle mourut une année avant Muʿâwiya ; or la mort de Muʿâwiya eut lieu au mois de Rajab de l’an soixante (de l’Hégire). »
Son mariage (– paix sur lui –) avec Zaynab bint Jahsh (1), la fille d’Oumayma bint ʿAbd al-Muttalib, tante du Messager de Dieu (ﷺ), intervint alors qu’elle avait auparavant été l’épouse de son affranchi Zayd ibn Hâritha (– qu'Allah soit satisfait de lui –). Qatâda, al-Wâqidî et certains habitants de Médine indiquent qu’il l’épousa en l’an cinq. Certains ajoutent que ce fut au mois de Dhu l-Qaʿda. L’historien hâfiẓ al-Bayhaqî déclare qu’il l’épousa après (l’expédition de) Banû Qurayẓa. Toutefois, Khalîfa ibn Khayyât, Abû ʿUbayda Maʿmar ibn al-Muthannâ et Ibn Mundah disent qu’il l’épousa en l’an trois. La première opinion est plus connue et c’est celle qu’a suivie Ibn Jarîr ainsi qu’un certain nombre de spécialistes de l’histoire.
Plusieurs exégètes, juristes et historiens ont rapporté, à propos de la raison de son mariage avec elle (– paix sur lui –), un ḥadîth mentionné par Aḥmad ibn Ḥanbal dans son « Musnad » (2). Nous avons volontairement renoncé à l’inclure ici, afin que certains, ne le comprenant pas, ne l’utilisent à mauvais escient. Dieu, Exalté soit-Il, dit dans Son Livre sublime : « Et lorsque tu disais à celui qu’Allah avait comblé de bienfaits et que tu avais toi-même comblé : “Garde pour toi ton épouse et crains Allah,” tout en cachant en toi-même ce qu’Allah allait rendre manifeste, et tu redoutais les gens, alors qu’Allah a plus de droit que tu Le craignes ! Puis, lorsque Zayd eut rompu tout lien avec elle, Nous te l’avons donnée en mariage, afin qu’il n’y ait plus de gêne pour les croyants au sujet des épouses de leurs fils adoptifs lorsqu’ils ont rompu tout lien avec elles. L’ordre d’Allah doit être accompli. Il n’y a pas de reproche à faire au Prophète au sujet de ce qu’Allah lui a prescrit. Telle est la règle d’Allah pour ceux qui ont vécu auparavant ; et l’ordre d’Allah est un décret immuable. » [Al-Aḥzâb, 33 : 37-38]. Nous en avons amplement parlé dans notre « Tafsîr » (3).
Celui qu’Allah avait comblé de bienfaits, mentionné ici, est Zayd ibn Hâritha, l’affranchi du Messager de Dieu (ﷺ). Allah l’avait gratifié du bienfait de l’Islam, et le Messager de Dieu (ﷺ) l’avait comblé par l’affranchissement, puis en le mariant à sa cousine Zaynab bint Jahsh.
Muqâtil ibn Ḥayyân rapporte que la dot qu’il lui offrit s’élevait à dix dinars et soixante dirhams, ainsi qu’un khimâr (voile), une milḥafa (couverture ou étoffe large), une cotte de maille, cinquante mudd de nourriture et dix mudd de dattes. Elle demeura auprès de lui environ un an, ou un peu plus, avant qu’un différend n’éclate entre eux. Son époux alla alors se plaindre d’elle auprès du Messager de Dieu (ﷺ), qui lui répondit : « Crains Dieu et garde ton épouse. » C’est à ce propos que Dieu dit : « Et tu cachais en toi-même ce qu’Allah allait rendre manifeste… »