Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Chapitre sur le mariage du Prophète (ﷺ) avec Umm Ḥabiba, fille d’Abū Sufyān

(1) Al-Bayhaqī (2) rapporta, après la bataille du Fossé, selon la chaîne de transmission d’al-Kalbī, d’après Abū Ṣāliḥ, d’après Ibn ‘Abbās au sujet de la parole divine : « Il se peut qu’Allah fasse naître l’affection entre vous et ceux que vous considériez comme ennemis » [Al-Mumtaḥanah : 7]. Ibn ‘Abbās dit : « Cela fait référence au mariage du Prophète (ﷺ) avec Umm Ḥabiba, fille d’Abū Sufyān. Ainsi, elle devint Mère des Croyants et Mu‘āwiya devint oncle maternel des Croyants. »

Puis Al-Bayhaqī (3) dit : « Abū ‘Abd Allāh al-Ḥāfiẓ nous informa, ‘Alī ibn ‘Īsā (4) nous informa, Aḥmad ibn Najda nous informa, Yaḥyā ibn ‘Abd al-Ḥamīd nous informa, Ibn al-Mubārak transmit, d’après Ma‘mar, d’après al-Zuhrī, d’après ‘Urwa, d’après Umm Ḥabiba, qu’elle se trouvait auprès de ‘Ubayd Allāh ibn Jaḥsh, lequel s’était rendu chez le Négus et y était mort. Le Messager d’Allah (ﷺ) épousa Umm Ḥabiba alors qu’elle se trouvait en terre d’Abyssinie, et le Négus la lui maria, lui attribuant une dot de quatre mille dirhams. Il l’envoya ensuite avec Sharḥabīl ibn Ḥasana et pourvut lui-même à ses besoins, tandis que le Messager d’Allah (ﷺ) ne lui envoya rien. » Il ajouta : « La dot des épouses du Prophète (ﷺ) s’élevait à quatre cents (dirhams). »

J’ai indiqué : « L’avis correct est que la dot des épouses du Prophète (ﷺ) était de douze ‘uqiyyah et un nash, chaque ‘uqiyyah valant quarante dirhams, et le nash étant la moitié de cette mesure, ce qui équivaut à cinq cents dirhams. »

Ensuite, Al-Bayhaqī (5) rapporta, d’après la chaîne de Ibn Luhay‘ah, via Abū al-Aswad, d’après ‘Urwa, que ‘Ubayd Allāh ibn Jaḥsh mourut en Abyssinie en tant que chrétien. Le Prophète (ﷺ) épousa alors sa veuve, Umm Ḥabiba, et ‘Uthmān ibn ‘Affān — qu’Allah l’agrée — la maria au Prophète (ﷺ).

J’ai précisé : « Quant au fait que ‘Ubayd Allāh ibn Jaḥsh se soit converti au christianisme, il en a été question précédemment : après avoir émigré en terre d’Abyssinie avec les musulmans, le diable l’égara en lui embellissant la religion chrétienne, si bien qu’il s’y rallia jusqu’à sa mort — qu’Allah le maudisse. Il rencontrait alors les musulmans pour leur dire : “Nous avons vu, tandis que vous étiez restés en arrière.” Nous avons déjà éclairci ce point dans le chapitre consacré à l’émigration en Abyssinie.

Quant à l’affirmation de ‘Urwa selon laquelle c’est ‘Uthmān qui la maria au Prophète (ﷺ), elle est étonnante ; car ‘Uthmān était déjà rentré à La Mecque avant cela, puis il émigra à Médine avec son épouse Ruqayya, comme cela a été rapporté. Et Allah est plus Savant. »

(1) Sa traduction et ses sources se trouvent dans « Jāmiʿ al-Uṣūl » (12/255) avec mon édition, et sa mention « fille d’Abū Sufyān » n’apparaît pas dans l’édition (ṭ). (2) Dans « Dalāʾil al-Nubuwwa » (3/459). (3) Dans « Dalāʾil al-Nubuwwa » (3/460). (4) Omission dans l’édition (ṭ). (5) Dans « Dalāʾil al-Nubuwwa » (3/460), il s’agit d’un récit faible en raison de la faiblesse de Ibn Lahiʿa. (6) C’est-à-dire : « elle a compris notre affaire tandis que vous n’avez pas compris la vôtre ». Voir « al-Nihāya fī Gharīb al-Ḥadīth wa al-Athar » (3/30).
فصل في تزويج النَّبيِّ ﷺ بأُم حَبيبة بنت أبي سُفْيَان (١) ذكر البيهقيُّ (٢) بعد وقعة الخندق من طريق الكلبيِّ، عن أبي صالح، عن ابن عباس في قوله تعالى: ﴿عَسَى اللَّهُ أَنْ يَجْعَلَ بَيْنَكُمْ وَبَيْنَ الَّذِينَ عَادَيْتُمْ مِنْهُمْ مَوَدَّةً﴾ [الممتحنة: ٧] . قال: هو تزويج النبي - ﷺ بأم حبيبة بنت أبي سفيان، فصارت أمَّ المؤمنين، وصار معاوية خال المؤمنين. ثم قال البيهقيُّ (٣) : أنبا أبو عبد الله الحافظ، ثنا علي بن عيسى (٤) ثنا أحمد بن نجدة، ثنا يحيى بن عبد الحميد، أنبأ ابن المبارك، عن معمر، عن الزُّهريِّ، عن عُرْوَة، عن أُمِّ حبيبة، أنها كانت عند عبيد الله بن جحش، وكان رحل إلى النجاشيِّ فمات، وأن رسول الله ﷺ تزوَّج بأُمِّ حبيبة وهي بأرض الحبشة، وزوَّجها إيّاه النجاشيُّ، ومَهَرَهَا أربعة آلاف درهم، وبعث بها مع شرحبيل بن حسنة وجهَّزها من عنده، وما بعث إليها رسول الله ﷺ بشيء. قال: وكان مهور أزواج النبيِّ ﷺ أربعمئة. قلت: الصحيح أن مهور أزواج النبيِّ ﷺ كانت ثنتي عشرة أوقيَّة ونشًّا، والأوقيَّة أربعون درهمًا، والنَّشنُ: النصف، وذلك يعدل خمسمئة درهم. ثم روى البيهقيُّ (٥) ، من طريق ابن لهيعة، عن أبي الأسود، عن عُرْوَة، أن عبيد الله بن جحش مات بالحبشة نصرانيًا، فَخَلَفَ على زوجته أُمِّ حبيبة رسول الله ﷺ ، زوَّجها منه عثمان بن عَفَّان، (رضي الله عنه) . قلت: أمّا تنصُّر عبيد الله بن جَحْش فقد تقدَّم بيانه، وذلك على أثر ما هاجر مع المسلمين إلى أرض الحبشة؛ استزلَّه الشيطان فزيَّن له دين النَّصارى، فصار إليه حتى مات، عليه لعنة الله، وكان يلقى المسلمين فيقول لهم: أبصرنا وصأصأتم (٦) . وقد تقدَّم شرح ذلك في هجرة الحبشة. وأما قول عُروة: إنَّ عثمان زوَّجها منه فغريب؛ لأن عثمان كان قد رجع إلى مَكَّة قبل ذلك، ثم هاجر إلى المدينة وصحبته زوجته رُقيَّة كما تقدَّم، والله أعلم.
(١) ترجمتها ومصادرها في "جامع الأصول" (١٢/ ٢٥٥) بتحقيقي، وقوله: "بنت أبي سفيان" لم يرد في (ط). (٢) في "دلائل النبوة" (٣/ ٤٥٩). (٣) في "دلائل النبوة" (٣/ ٤٦٠). (٤) سقط من (ط). (٥) في "دلائل النبوة" (٣/ ٤٦٠) وهي رواية ضعيفة لضعف ابن لهيعة. (٦) أي: أبصرنا أمرنا ولم تبصروا أمركم. انظر "النهاية في غريب الحديث والأثر" (٣/ ٣٠).

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