Parmi ceux qui assistèrent à l’allégeance d’al-‘Aqaba, participèrent aux batailles de Uhud et du Fossé, ainsi qu’aux événements qui suivirent, on compte cet homme dont la mort fut retardée, en Syrie, jusqu’en l’an quatre-vingts selon l’opinion la plus répandue. Certains affirment toutefois qu’il serait décédé en l’an cinquante-quatre (1). Et Dieu est plus savant.
‘Alî ibn al-Madînî et Khalîfa ibn Khayyât ont, quant à eux, établi une différence entre lui et ‘Abd Allâh ibn Anays Abû ‘Isâ al-Ansârî (2), lequel transmit un hadith rapportant que le Prophète ﷺ avait, le jour de la bataille de Uhud, réclamé un récipient rempli d’eau. Il en infléchit alors le goulot et but, comme le rapportent Abû Dâwud et at-Tirmidhî (3), d’après la chaîne de transmission de ‘Abd Allâh al-‘Umarî, depuis ‘Isâ ibn ‘Abd Allâh ibn Anays, lequel le tenait de son père. At-Tirmidhî déclara ensuite : « Son isnâd n’est pas valide, et ‘Abd Allâh al-‘Umarî est jugé faible en raison de sa mémorisation. »
——————————
L’histoire de ‘Amr ibn al-‘Âs avec le Négus et sa conversion (4)
Muhammad ibn Ishâq (5) relate, après l’assassinat d’Abû Râfi‘ :
Yazîd ibn Abî Habîb transmettait, d’après Râshid (6), affranchi de Habîb ibn Abî Aws ath-Thaqafî, en se fondant sur le témoignage de Habîb ibn Abî Aws : « ‘Amr ibn al-‘Âs m’a raconté, de sa propre bouche :
“Lorsque nous nous sommes repliés le jour des Coalisés après la bataille du Fossé, j’ai rassemblé des hommes de Quraysh qui partageaient mon avis et m’écoutaient. Je leur ai dit : ‘Par Dieu, vous constatez comme moi que l’affaire de Muhammad prend un ascendant frappant. J’ai réfléchi à une solution ; qu’en pensez-vous ?’
Ils demandèrent : ‘Quelle est cette idée ?’ Je répondis : ‘Je propose que nous nous rendions auprès du Négus et que nous restions chez lui. Si Muhammad triomphe de notre peuple, nous demeurerons alors chez le Négus, car obéir à ce dernier nous est plus agréable que d’être soumis à Muhammad. Mais s’il advient que les nôtres l’emportent, ils nous connaissent déjà, et nul ne nous fera de mal.’
Ils répliquèrent : ‘En effet, c’est un bon plan.’
Je repris : ‘Alors, réunissez pour lui un présent.’ Le présent le plus apprécié que nous pouvions offrir depuis nos contrées était constitué de peaux. Nous avons donc rassemblé de nombreuses peaux, puis nous sommes partis pour nous rendre auprès de lui.”
‘Amr poursuit : “Par Dieu, nous étions encore chez lui lorsqu’arriva ‘Amr ibn Umayya ad-Damrî, que le Messager d’Allâh ﷺ avait envoyé vers le Négus au sujet de Ja‘far et de ses compagnons. ‘Amr ibn Umayya entra auprès du roi, puis ressortit. J’ai dit alors à mes compagnons : ‘Voilà ‘Amr ibn Umayya ! Si j’entre à mon tour chez le Négus et lui demande de me le livrer, il me le remettra sans doute, et je pourrai alors le tuer. Par cet acte, Quraysh verra que j’ai agi pour sa cause, en ayant tué l’émissaire de Muhammad.’”
‘Amr poursuit : “J’entrai donc auprès du Négus et, comme à mon habitude, je me prosternai devant lui. Il me salua en disant : ‘Bienvenue à mon ami. M’as-tu apporté un présent en provenance de ton pays ?’”