Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il raconta : « Il (le Prophète) dit : “Tu as dit vrai.” » Puis il raconta : « Ensuite, le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) se leva avec moi, entra dans sa maison et me donna un bâton, en disant : “Garde ceci auprès de toi, ô ‘Abd Allâh ibn Unays.” » Il poursuivit : « Je sortis alors avec ce bâton devant les gens, et ils me demandèrent : “Qu’est-ce donc que ce bâton ?” Je répondis : “C’est le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) qui me l’a donné et m’a ordonné de le garder.” Ils me dirent : “Ne retournerais-tu pas voir le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) pour l’interroger à ce sujet ?” Je revins donc auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et lui demandai : “Ô Messager de Dieu, pourquoi m’as-tu donné ce bâton ?” Il répondit : “C’est un signe entre moi et toi au Jour de la Résurrection, car les plus rares ce jour-là seront ceux qui tiennent un bâton (al-mutakhassirûn).” » Il ajouta : « Alors ‘Abd Allâh (ibn Unays) l’attacha à son épée. Il ne cessa de le garder jusqu’au jour de sa mort. Puis, lorsqu’il mourut, il ordonna qu’on le plaçât dans son linceul et ils furent ensevelis ensemble. »

Ensuite, l’imâm Ahmad(1) le rapporta également, d’après Yahyâ ibn Âdam, d’après ‘Abd Allâh ibn Idrîs, d’après Muhammad ibn Is’hâq, d’après Muhammad ibn Ja‘far ibn az-Zubayr, d’après un descendant de ‘Abd Allâh ibn Unays – ou, selon une autre version, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn Unays – d’après ‘Abd Allâh ibn Unays, relatant un récit similaire. Abû Dâwud(2) le rapporta aussi, d’après Abû Ma‘mar, d’après ‘Abd al-Wârith, d’après Muhammad ibn Is’hâq, d’après Muhammad ibn Ja‘far, d’après le fils de ‘Abd Allâh ibn Unays, d’après son père, avec un récit approchant. Al-Hâfiẓ al-Bayhaqî(3) le rapporta également par la voie de Muhammad ibn Salamah(4), d’après Muhammad ibn Is’hâq, d’après Muhammad ibn Ja‘far ibn az-Zubayr, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn Anîs, d’après son père, en des termes semblables. ‘Urwah ibn az-Zubayr et Mûsâ ibn ‘Uqbah l’ont également mentionné, dans leurs récits de campagnes (Maghâzî), sous forme de récit incomplet, et Dieu sait mieux.

Ibn Hishâm(5) dit : « ‘Abd Allâh ibn Unays, à propos de son meurtre de Khâlid ibn Sufyân, a déclaré (vers longs) :

“J’ai laissé Ibn Thawr tel un chamelon, entouré de pleureuses qui déchirent tout col déjà lacéré.
Je l’ai frappé tandis que les femmes voyageuses étaient derrière moi et derrière lui, avec une lame blanche, sortie de l’eau du fer, bien forgée.
Elle fracassait la tête de ceux qui portent la cotte de mailles, semblable à une braise ardente, jaillie d’un brasier enflammé.
Je lui dis alors que l’épée lui rongeait la tête : ‘Je suis le fils d’Unays, un cavalier et non un faible reclus.
Je suis le fils de celui dont le chaudron n’a jamais été descendu par l’adversité, qui offre un vaste espace à ses hôtes, sans en être avare.
Et je lui ai dit : reçois cette frappe d’un noble, monothéiste suivant la religion du Prophète Muhammad.
Et chaque fois que le Prophète s’apprêtait contre un mécréant, je le précédais par la parole et par l’épée.’”

J’ai dit : « ‘Abd Allâh ibn Unays ibn As‘ad ibn Harâm, Abû Yahyâ al-Juhanî, est un Compagnon bien connu, de grande valeur ; il était… »

(1) Dans « Al-Musnad » (3/496), son isnād (chaîne de transmission) est faible. (2) Dans « Sunan » numéro (1249), son isnād est faible. (3) Dans « Dalāʾil al-Nubuwwah » (4/42). (4) Dans (A) : « par la voie de Muhammad ibn Musallamah » et il a été attesté la forme (T), qui est la correcte. (5) Voir « Sīrah Nabawiyyah » d’Ibn Hichām (2/620).
قال: "صدقت" . قال: ثم قام معي رسول الله ﷺ ، فدخل في بيته فأعطاني عصًا فقال: "أمسك هذه عندك يا عبد الله بن أنيس" . قال: فخرجت بها على الناس، فقالوا: ما هذه العصا؟ قال: قلت: أعطانيها رسول الله ﷺ ، وأمرني أن أمسكها. قالوا: أو لا ترجع إلى رسول الله ﷺ فتسأله عن ذلك؟ قال: فرجعت إلى رسول الله ﷺ فقلت: يا رسول الله، لم أعطيتني هذه العصا؟ قال: "آية بيني وبينك يوم القيامة، إنَّ أقلَّ الناس المتخصِّرون يومئذ" . قال: فقرنها عبد الله بسيفه، فلم تزل معه، حتى إذا مات أمر بها فضمَّت في كفنه، ثم دفنا جميعًا. ثم رواه الإمام أحمد (١) ، عن يحيى بن آدم، عن عبد الله بن إدريس، عن محمد بن إسحاق، عن محمد بن جعفر أبن الزبير،، عن بعض ولد عبد الله بن أُنيس - أو قال: عن عبد الله بن عبد الله بن أُنيس - عن عبد الله بن أُنيس، فذكر نحوه. وهكذا رواه أبو داود (٢) ، عن أبي معمر، عن عبد الوارث، عن محمد بن إسحاق، عن محمد بن جعفر، عن ابن عبد الله بن أُنيس، عن أبيه، فذكر نحوه. ورواه الحافظ البيهقيُّ (٣) ، من طريق محمد بن سلمة (٤) ، عن محمد بن إسحاق، عن محمد بن جعفر بن الزبير، عن عبد الله بن عبد الله بن أنيس، عن أبيه فذكره. وقد ذكر نحوه عُروة بن الزبير، وموسى بن عقبة في "مغازيهما" مرسلة، فالله أعلم. قال ابن هشام (٥) : وقال عبد الله بن أنيس في قتله خالد بن سُفيان: [من الطويل] تَرَكْتُ ابن ثَورٍ كالحُوار وحولَهُ … نوائحُ تَفْرِي كلَّ جَيب مقدَّدِ تناولتُه والظُّعن خلفي وخلفَه … بأبيض من ماء الحديد مُهَنَّدِ عَجُومٍ لهام الدَّارعين كأنه … شهاب غضىً من مُلهب متوقِّدِ أقولُ له والسَّيفُ يَعْجُمُ رَأْسَهُ … أنا ابنُ أُنيسٍ فارسًا غير قُعدُدِ أنا ابنُ الذي لم يُنْزِلِ الدَّهْرَ قِدْرَهُ … رحيبُ فناءَ الدَّارِ غيرُ مزنَّد وقلت له خُذْهَا بضربة ماجدٍ … حنيفِ على دين النبيِّ محمدِ وكنتُ إذا هَمَّ النَّبيُّ بكَافِير … سَبَقْتُ إليه باللِّسان وباليدِ قلت: عبد الله بن أُنيس بن أسعد بن حرام، أبو يحيى الجُهَنيُّ، صحابيٌّ مشهور كبير القدر، كان
(١) في "المسند" (٣/ ٤٩٦)، وفي إسناده ضعف. (٢) في "سننه" رقم (١٢٤٩)، وفي إسناده ضعف. (٣) في "دلائل النبوة" (٤/ ٤٢). (٤) في (آ): "من طريق محمد بن مسلمة" وأثبت لفظ (ط) وهو الصواب. (٥) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٦٢٠).

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