Tu sauras bientôt lequel d’entre nous en sera préservé, et tu sauras quelle terre, parmi celles où nous nous rendons, causera préjudice. Et si les palmiers s’y dressaient comme montures, on dirait : « Il n’y a pas de séjour pour vous ici, partez ! »
J’ai dit : Voilà ce qu’avait prononcé Abou Sufyân ibn al-Hârith avant sa conversion (à l’islam). Une partie de ces vers est déjà rapportée dans le « Ṣaḥîḥ al-Bukhârî ».
Ibn Isḥâq (1) mentionne la réponse de Hassân à ce propos, destinée à Jabal ibn Jawwâl al-Tha‘labî. Nous l’omettons intentionnellement.
Ibn Isḥâq (2) rapporte aussi que Hassân ibn Thâbit (3) composa les vers suivants en pleurant la mort de Sa‘d et d’un groupe d’hommes tombés en martyrs le jour (du siège) de Banû Qurayẓa :
[du mètre al-ṭawîl]
« Ô mon peuple, existe-t-il un moyen de repousser ce que le destin a décrété ? / Et ce qui est passé des bons moments de la vie peut-il jamais revenir ?
Je me suis souvenu d’une époque révolue et mon cœur a été saisi, / Mes larmes alors ont coulé à profusion.
Un amour ardent, une peine, m’ont rappelé des frères, / Et ceux qui furent tués, dont Tufayl et Râfi‘ ont péri.
Et Sa‘d également : ils se sont retrouvés au Paradis, tandis que leurs demeures / Ont été désertées et la terre, vidée d’eux.
Ils ont tenu leurs promesses envers le Messager le jour de Badr, / L’ombre de la mort planait sur eux et les sabres scintillaient.
Il les appela, ils répondirent sincèrement ; / Tous lui obéissaient et écoutaient ce qu’il disait.
Ils ne flanchèrent pas avant de tomber ensemble, / Car nul ne met fin aux vies hormis les lieux du martyre.
Ils espéraient de lui l’intercession / Au moment où seuls les prophètes seraien t susceptibles d’intercéder.
Ô meilleur des hommes, tel est notre combat : / Nous avons répondu à l’appel de Dieu, et la mort nous guette.
Pour nous, le privilège de la primauté est tien, et ceux qui nous suivront / Hériteront la communauté de nos premiers convertis dans la foi de Dieu.
Nous savons que la souveraineté n’appartient qu’à Dieu seul, / Et que le décret de Dieu se réalise inéluctablement. »
***
L’assassinat d’Abû Râfi‘ Sallâm ibn Abî l-Ḥuqayq, le Juif — que Dieu le maudisse.
Il se trouvait dans un fort, en territoire de Khaybar. Il était un marchand célèbre au Ḥijāz (4).
Ibn Isḥâq (5) dit : « Lorsque l’affaire du Fossé (al-Khandaq) et la question des Banû Qurayẓa furent terminées, Sallâm ibn Abî l-Ḥuqayq… »