Ibn Ishaq (1) rapporte : Kaʿb ibn Mālik (2) déclara également :
« Les coalisés ont su, lorsqu’ils s’attroupèrent contre nous et voulurent nous arracher à notre religion, que jamais nous ne consentirions à la trêve. Des groupes de Qays ibn ʿAylān se rallièrent, ainsi que Khandaf, sans savoir ce qui adviendrait. Ils cherchent à nous écarter de notre foi, et nous les écartons de l’impiété ; or le Miséricordieux voit et entend tout. Si, en nous offensant lors de l’affrontement, ils nous irritent, Dieu nous apporte alors un secours étendu pour contrer leur courroux. Voilà la protection de Dieu pour nous et Sa grâce ; quiconque ne bénéficie pas de la sauvegarde divine est voué à la perte. Il nous a guidés vers la religion de la vérité, qu’Il a choisie pour nous, et les faveurs de Dieu surpassent toutes les faveurs des hommes. »
Ibn Hishām (3) commente : « Ces vers font partie d’une de ses longues odes. »
Ibn Ishaq (4) poursuit : Ḥassān ibn Thābit (5) composa ces vers au sujet du châtiment infligé aux Banū Qurayẓa :
« Qurayẓa a subi son malheur, et n’a trouvé nul soutien contre l’humiliation. Un fléau s’est abattu sur eux, pire encore que celui qui atteignit auparavant les Banū al-Naḍīr. Au matin, le Messager de Dieu se rua sur eux, brillant tel la lune lumineuse, à la tête de sa cavalerie répartie en flancs, portée par des cavaliers semblables à des faucons. Nous les avons repoussés et ils n’ont remporté aucun gain : leur sang marquait les lieux comme un parfum musqué. Ils gisaient, leurs cadavres entourés par les oiseaux, ainsi périt l’orgueilleux pervers. Avertis donc Qurayš d’un semblable sort en guise de conseil — de la part du Tout-Miséricordieux — si elle accepte mon avertissement. »
Il est rapporté également que Ḥassān ibn Thābit (6) composa pour décrire la situation des Banū Qurayẓa :
« Un groupe qui soutint Qurayš a disparu, n’ayant dans sa propre contrée aucun allié. Ils avaient reçu l’Écriture, mais l’ont délaissée ; ils sont aveugles à la Tora et courent à leur perte. Vous avez renié le Coran alors que vous déteniez pourtant la confirmation de ce qu’avait déclaré l’avertisseur. Aussi, il ne causa nul émoi aux notables des Banū Luʾayy que s’allume un incendie dévastateur dans al-Buwayra. »
Abū Sufyān ibn al-Ḥārith ibn ʿAbd al-Muṭṭalib leur répondit par ces mots :
« Qu’Allah perpétue ce haut fait, et qu’Il jette le brasier dans les rangs de ces factions. »