Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Voici la traduction en français :

« Une femme compatissante nous prête toutes sortes de soupçons… tandis que nous conduisions un puissant coursier intrépide.
Son envergure nous semblait pareille au mont Uhud lorsque ses flancs se dévoilent aux regards.
Là, tu peux voir les corps vêtus de cottes de mailles, revêtus d’armures sûres protégeant les vaillants guerriers.
Et des chevaux à la robe lisse, aussi effilés que des flèches soigneusement marquées, avec lesquels nous pourchassons les égareurs pécheurs.
C’est comme si, lorsqu’ils lancent l’assaut et que nous accourons, nous nous rencontrions devant la double fortification à la manière de gens qui se serrent la main.
Ce sont des gens chez qui nous ne voyons aucune raison, tout en clamant : “Ne sommes-nous pas les bien-guidés ?”
Alors nous les avons confinés pendant un mois pénible, et nous nous sommes montrés au-dessus d’eux, tels des conquérants.
Chaque jour, nous alternions nos assauts et nous partions contre eux, parés d’armes.
Dans nos mains, des lames acérées avec lesquelles nous tranchons têtes et cous.
Le scintillement qu’elles dégagent, une fois dégainées, apparaît à nu lorsque nous les brandissons.
On dirait l’éclat d’une pierre de cornaline brillant dans la nuit, dévoilant au regard de splendides gemmes.
Sans le fossé qu’ils avaient, nous les aurions tous anéantis.
Mais ce fossé s’interposa entre eux et nous ; c’est derrière lui qu’ils cherchèrent à se préserver de notre menace.
Si nous partons, nous laissons pourtant auprès de vos demeures Saʿd comme otage.
Quand la nuit tombe, tu entends pleurer sur Saʿd, faisant écho à des gémissements nostalgiques.
Bientôt nous reviendrons vous voir, comme nous vous avons déjà visités, soutenus les uns par les autres.
À la tête d’une troupe de Kinânah, nullement désarmée, telle une meute de lions veillant sur son repaire.

Alors Kaʿb ibn Mâlik, frère des Banû Salama, lui répondit en ces termes (en mètre al-Wâfir) :

“Une femme interroge sur ce que nous avons enduré, et si elle avait assisté à la scène, elle nous aurait trouvés endurants.
Nous patientons sans reconnaître d’égal à Dieu, confiants en Lui face à ce qui nous accable.
Le Prophète fut pour nous un allié loyal ; par lui nous nous élevons au-dessus de toute la création.
Nous combattons des gens qui se sont montrés injustes et ingrats, et qui nous attendaient dans leur inimitié.
Sitôt se lèvent-ils contre nous que nous nous hâtons de les frapper, d’un coup qui terrasse les plus téméraires.
Tu nous vois en de longues cottes de mailles amples, comme si nous étions revêtus de vastes bassins d’eau claire.
Dans nos mains, des épées légères à la lame blanche, par lesquelles nous apaisons l’audace des semeurs de trouble.
À la porte des deux tranchées, nous voilà tels des lions, dont l’enchevêtrement des crinières protège la tanière.” »

(1) Dans (Â) : « wa khawdan » est conservé dans la lecture (Ṭ), et « La Sīra an-Nabawiyya » d’Ibn Hichām, et al-Jarrad : al-khayl al-ʿitāq (chevaux âgés). (2) al-Karīt : l’entier, le complet. (3) Les vers figurent dans son « Dīwān », p. 215.
ومشفقةٍ تظنُّ بنا الظُّنونا … وقد قُدنا عَرندسةً طَحُونَا كأنَّ زُهاءها أُحُدٌ إذا ما … بدت أركانُه للناظرينَا ترى الأبدان فيها مُسبِغات … على الأبطال واليَلَبَ الحصينَا وجُردًا (١) كالقداح مسوَّمات … نؤمُّ بها الغُواة الخاطئينَا كأنَّهمُ إذا صالوا وصلنا … بباب الخندفين مصافحونَا أُناس لا نرى فيهم رشيدًا … وقد قالوا ألسنا راشدينَا فأحجرناهمُ شهرًا كريتا (٢) … وكنَّا فوقهم كالقاهرينَا نراوحهم ونغدو كلَّ يوم … عليهم في السِّلاح مدجَّجينَا بأيدينا صوارم مُرهفات … نقدُّ بها المفارق والشُّؤونَا كأنَّ وميضهنَّ معرَّياتٍ … إذا لاحت بأيدي مصلِتينَا وميض عقيقة لَمعت بليلٍ … ترى فيها العقائق مستبينَا فلولا خندقٌ كانوا لديه … لدمَّرنا عليهم أجمعينَا ولكن حال دونهمُ وكانوا … به من خوفنا متعوِّذينا فإن نرحل فإنَّا قد تركنا … لدى أبياتكم سعدًا رهينا إذا جنَّ الظّلام سمعت نَوْحَى … على سعد يرجِّعن الحنينا وسوف نزوركم عمَّا قريبٍ … كما زرناكم متوازرينَا بجمع من كنانة غير عُزْلٍ … كأُسد الغاب إذ حَمَتِ العرينَا قال: فأجابه كعب بن مالك أخو بني سلمة، (رضي الله عنه) (٣) ، فقال: [من الوافر] وسائلةٍ تُسائل ما لقينا … ولو شهدت رأتنا صابرينَا صبرنا لا نرى لله عِدلًا … على ما نابنا متوكِّلينَا وكان لنا النَّبيُّ وزيرَ صدقٍ … به نعلو البريَّة أجمعينَا نقاتل معشرًا ظلموا وعقُّوا … وكانوا بالعداوة مُرصدينَا نعاجلهم إذا نهضوا إلينا … بضرب يُعْجِلُ المُتَسرِّعينَا ترانا في فضافضَ سابغات … كغدران المَلَا متسربلينَا وفي أيماننا بيض خِفَافٌ … بها نشفي مراح الشاغبينَا بباب الخندقين كأنَّ أُسدًا … شوابكهنَّ يحمين العرينَا
(١) في (آ): "وخودًا" وأثبت لفظ (ط)، و"السيرة النبوية" لابن هشام، والجرد: الخيل العتاق. (٢) الكريت: التام الكامل. (٣) الأبيات في "ديوانه" ص (٢١٥).

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