Celui dont le visage était un miroir de porcelaine chinoise dans lequel se reflétaient les jeunes filles du quartier, c’est-à-dire Kaʿb ibn Asad ? — Il a été tué. — Qu’en est-il du maître des gens présents et lointains, Ḥuyayy ibn Akhṭab ? — Il a été tué. — Qu’est-il advenu de notre avant-garde lorsque nous attaquons (1) et de notre protecteur lorsque nous fuyons, ʿAẕẕāl ibn Shamūʾal ? — Il a été tué. — Qu’en est-il des deux assemblées, c’est-à-dire les Banū Kaʿb ibn Qurayẓa et les Banū ʿAmr ibn Qurayẓa ? — Ils ont péri, ils ont été tués. Il dit alors : « Je t’en supplie, ô Thābit, en vertu de la faveur que tu me dois, joins-moi à ces gens, car par Dieu, la vie n’a plus aucun intérêt après eux. Je ne serai pas patient ne serait-ce que le temps d’un seul trait de seau d’un chameau de puisage avant de rejoindre mes bien-aimés. » Thābit le fit avancer et on lui trancha la tête. Lorsque la parole « rejoindre mes bien-aimés » parvint à Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq, celui-ci déclara : « Par Dieu, il les rejoindra bien, mais dans le Feu de la Géhenne, pour y demeurer à jamais. »
Ibn Isḥāq rapporte : « “Fīla” (فيلة) avec un fāʾ [et un yāʾ pointé en dessous]. » Ibn Hishām (2) dit : « avec un qāf et une bāʾ non pointée. » Ibn Hishām ajoute : « Le “nāḍiḥ” est le chameau qui puise de l’eau pour arroser les palmiers. » Abū ʿUbayda commente : « Son sens est : “vider un seau”. »
Ibn Isḥāq (3) relate aussi que le Messager de Dieu (ﷺ) avait ordonné de tuer quiconque parmi eux (Banū Qurayẓa) avait commencé à avoir de la pilosité. Šuʿbah ibn al-Ḥajjāj m’a rapporté, d’après ʿAbd al-Malik ibn ʿUmayr, qu’ʿAṭiyya al-Quraẓī a dit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) avait ordonné qu’on tue tous ceux des Banū Qurayẓa qui étaient pubères. Or j’étais un jeune garçon et ils virent que je n’avais pas de pilosité, alors ils me laissèrent libre. » Les auteurs des “Sunan” (4) ont rapporté ce récit, selon la chaîne de transmission d’ʿAbd al-Malik ibn ʿUmayr, d’après ʿAṭiyya al-Quraẓī, avec un contenu similaire.
Certains savants ont déduit de ce hadith que l’apparition de poils drus autour de la zone intime est un signe de puberté, et qu’il équivaut même à la puberté selon l’avis le plus solide de l’imām aš-Šāfiʿī. D’autres savants font une distinction concernant les jeunes gens issus des gens du Livre (dhimmīs) : pour eux, cela constituerait un signe de puberté qui leur serait propre, tandis qu’il en irait autrement pour les musulmans, car ceux-ci pourraient être affectés par ce critère.
Ibn Isḥāq (5) rapporte également, d’après Ayyūb ibn ʿAbd ar-Raḥmān, que Salmā bint Qays, la mère d’al-Munẓir, obtint du Messager de Dieu (ﷺ) la libération de Rifāʿa ibn Simwāl : il avait atteint la puberté, mais s’était réfugié auprès d’elle et connaissait leur famille depuis longtemps. Elle dit : « Ô Messager de Dieu, Rifāʿa prétend qu’il priera et qu’il mangera la chair de chameau. » Le Prophète (ﷺ) l’en crut, et il le relâcha alors à sa requête.