Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Où donc se réfugier ou fuir, sinon auprès de Dieu ? Elle raconta : un homme de Quraysh, appelé Ibn al-‘Ariqah, décocha un trait contre Sa‘d, en disant : « Prends ceci, de la part du fils d’al-‘Ariqah !» L’atteinte toucha son akhil (veine de l’avant-bras) et la sectionna. Sa‘d invoqua alors Dieu en disant : « Ô Dieu, ne me fais pas mourir tant que mes yeux ne se seront pas réjouis à l’égard des Banû Qurayzah. » Elle dit : « Ces derniers étaient ses alliés et ses protecteurs à l’époque de l’ignorance (Jâhiliyyah). »

Elle poursuivit : la blessure de Sa‘d se referma, et Dieu envoya le vent contre les polythéistes : « Et Dieu dispensa les croyants du combat, car Dieu est Fort, Puissant. » [Al-Ahzâb : 25]. Abû Sufyân et ses compagnons se dirigèrent alors vers Tihâmah, tandis que ‘Uyaynah Ibn Badr et les siens s’en retournèrent au Najd. Les Banû Qurayzah, pour leur part, revinrent et s’enfermèrent dans leurs forteresses. De son côté, le Messager de Dieu (ﷺ) regagna Médine. Il ordonna qu’on dressât une tente en cuir dans la mosquée pour y installer Sa‘d.

Elle dit : l’Ange Gabriel vint alors trouver le Prophète (ﷺ), avec sur ses dents la poussière du combat, et lui dit : « As-tu déjà déposé les armes ? Par Dieu, les anges ne les ont pas encore déposées ! Pars combattre Banû Qurayzah. » Elle ajouta : le Messager de Dieu (ﷺ) revêtit donc sa cuirasse et ordonna aux gens de se préparer pour la marche. Il passa près des maisons des Banû Ghanm, qui se trouvaient autour de la mosquée, et leur demanda : « Qui est passé par ici ? » Ils répondirent : « C’est Dihyah al-Kalbî. » (Il se trouve que la barbe, l’âge et le visage de Dihyah ressemblaient à ceux de Gabriel, paix sur lui.) Le Prophète (ﷺ) parvint alors auprès des Banû Qurayzah et les assiégea pendant vingt-cinq nuits, jusqu’à ce que la situation se fît si pénible qu’il leur fut dit : « Consentez au jugement du Messager de Dieu (ﷺ). » Ils consultèrent alors Abû Lubâbah Ibn ‘Abd al-Mundhir, qui leur indiqua par un geste qu’ils seraient exécutés. Ils déclarèrent finalement : « Nous acceptons de nous soumettre au jugement de Sa‘d Ibn Mu‘âdh. »

Le Messager de Dieu (ﷺ) dit alors : « Soumettez-vous donc au jugement de Sa‘d Ibn Mu‘âdh. » On amena Sa‘d sur un âne muni d’un bât en fibre de palmier, car il était blessé et soutenu par les siens. Ils lui dirent : « Ô Abû ‘Amr, ce sont tes alliés, tes protégés, et ceux que tu connais pour leurs actes de guerre. » Elle raconte que Sa‘d ne leur répondit ni ne leur prêta attention, puis, arrivé près de leurs demeures, il se tourna vers son peuple et dit : « Il est temps que je ne me soucie plus du reproche des gens, pour la cause de Dieu. »

Abû Sa‘îd rapporte : « Lorsque Sa‘d arriva, le Messager de Dieu (ﷺ) dit : “Levez-vous pour votre chef et aidez-le à descendre.” » ‘Umar répliqua : « Notre chef, c’est Dieu. » Le Prophète (ﷺ) reprit : « Aidez-le à descendre. » Ils le firent, et le Messager de Dieu (ﷺ) lui dit : « Prononce ton jugement sur eux. » Sa‘d déclara : « Je juge que l’on exécute leurs combattants, que l’on prenne leurs femmes et leurs enfants comme captifs, et que l’on partage leurs biens. » Le Messager de Dieu (ﷺ) dit alors : « Tu as tranché parmi eux selon le Jugement de Dieu et celui de Son Messager. » Ensuite, Sa‘d prononça cette prière : « Ô Dieu, si Tu as encore destiné à ton Prophète (ﷺ) une guerre contre Quraysh, conserve-moi en vie ; Sinon, si Tu as mis un terme à la guerre entre eux, reprends-moi auprès de Toi. »

Elle raconta : la blessure de Sa‘d se rouvrit – bien qu’elle ne fût plus, jusqu’alors, qu’un petit orifice semblable à un anneau – et il retourna dans la tente que le Messager de Dieu (ﷺ) avait fait dresser pour lui. ‘Â’ishah expliqua : « Le Messager de Dieu (ﷺ), Abû Bakr et ‘Umar se trouvaient à ses côtés. Par Celui qui tient l’âme de Muhammad dans Sa main, je distinguais les pleurs de ‘Umar de ceux d’Abû Bakr, depuis ma chambre, car ils étaient tels que Dieu les a décrits : “Miséricordieux entre eux” [Al-Fath : 29]. » Al-‘Alqamah dit : « J’ai demandé : “Ô ma mère, que faisait alors le Messager de Dieu (ﷺ) ?” Elle répondit : “Ses yeux ne pleuraient pas pour quelqu’un, mais dès qu’il était saisi d’émotion, il s’agrippait à sa barbe.” »

Ce hadith possède une bonne chaîne de transmission et est corroboré par de nombreux récits. Il mentionne clairement que Sa‘d invoqua Dieu à deux reprises ; une première fois

(1) C'est-à-dire : dans leurs forteresses. (2) ʿAmr ibn ʿAlqama est inconnu, mais le hadith a des témoins, comme l'a indiqué l'auteur – qu'Allah lui fasse miséricorde –, à l'exception de son propos : « Ses yeux ne pleuraient pour personne », ce qui contredit ce qu'a rapporté al-Bukhārī (1353) du Messager de Dieu ﷺ selon lequel ses yeux ont pleuré à la mort de son fils Ibrāhīm.
وأين التحوُّز أو الفرار إلَّا إلى الله – Exalté soit-Il – ؟ قالت: ويرمي سعدًا رجل من قريش، يقال له: ابن العَرِقة. وقال: خذها وأنا ابن العَرِقَة. فأصاب أكحله فقطعه، فدعا الله سعد، فقال: اللهم لا تمتني حتى تقر عيني من بني قريظة. قالت: وكانوا حلفاءه ومواليه في الجاهلية. قالت: فرقأ كَلْمُهُ، وبعث الله الريح على المشركين، ﴿وَكَفَى اللَّهُ الْمُؤْمِنِينَ الْقِتَالَ وَكَانَ اللَّهُ قَوِيًّا عَزِيزًا (٢٥) ﴾ [الأحزاب: ٢٥] . فلحق أبو سفيان ومن معه بتِهَامة، ولحق عُيينة بن بدر ومن معه بنجد، ورجعت بنو قريظة فتحصّنوا في صياصيهم (١) ، ورجع رسول الله ﷺ إلى المدينة، وأمر بقبَّة من أَدَمٍ فضربت على سعد في المسجد. قالت: فجاءه جبريل، وإنَّ على ثناياه لنقعَ الغبار، فقال: أقد وَضَعْتَ السلاح؟ لا والله ما وضعتِ الملائكة السلاح بعدُ، اخرج إلى بني قُريظة فقاتلهم. قالت: فلبس رسول الله ﷺ لأْمَتَهُ، وأذَّن في الناس بالرَّحيل أن يخرُجوا، فمرَّ على بني غَنْم، وهم جيران المسجد حوله، فقال: "من مرَّ بكم؟ " قالوا: مرَّ بنا دِحْيَةُ الكلبيُّ. وكان دِحْيَةُ الكلبيُّ تشبه لحيته وسنُّه ووجهه جبريل، (عليه السلام) ، فأتاهم رسول الله ﷺ فحاصرهم خمسًا وعشرين ليلة، فلمَّا اشتد حصرهم واشتدَّ البلاء، قيل لهم: انزلوا على حكم رسول الله ﷺ . فاستشاروا أبا لبابة بن عبد المنذر، فأشار إليهم أنَّه الذَّبح، قالوا: ننزل على حكم سعد بن معاذ. فقال رسول الله ﷺ : "انزلوا على حكم سعد بن معاذ" . فأتي به على حمار عليه إكاف من ليف، قد حمل عليه وحفَّ به قومه، فقالوا: يا أبا عمرو، حلفاؤك ومواليك وأهل النكاية ومن قد علمت. قالت: ولا يرجع إليهم شيئًا، ولا يلتفت إليهم، حتى إذا دنا من دورهم التفت إلى قومه، فقال: قد آن لي أن لا أبالي في الله لومة لائم. - قال: قال أبو سعيد: فلما طلع قال رسول الله ﷺ : "قوموا إلى سيِّدكم فأنزلوه" . قال عمر: سيدنا الله. - قال: "أنزلوه" . فأنزلوه، قال رسول الله ﷺ : "احكم فيهم" . فقال سعد: فإني أحكم فيهم أن تقتل مقاتلتهم، وتُسبى ذراريهم، وتقسم أموالهم. فقال رسول الله ﷺ : "لقد حكمت فيهم بحكم الله وحكم رسوله" . ثم دعا سعد، فقال: اللهمَّ إن كنتَ أبقيت على نبيِّك ﷺ من حرب قريش شيئًا، فأبقني لها، وإن كنت قطعت الحرب بينه وبينهم، فاقبضني إليك. قالت: فانفجر كلْمُه، وكان قد برئ حتى لا يرى منه إلَّا مثل الخرص، ورجع إلى قبَّته التي ضرب عليه رسول الله ﷺ . قالت عائشة: فحضره رسول الله ﷺ وأبو بكر وعمر. قالت: فوالذي نفس محمد بيده، إنِّي لأعرف بكاء عمر من بكاء أبي بكر وأنا في حجرتي، وكانوا كما قال الله تعالى: ﴿رُحَمَاءُ بَيْنَهُمْ﴾ [الفتح: ٢٩] . قال علقمة: فقلت: يا أُمَّه، فكيف كان رسول الله ﷺ يصنع؟ قالت: كانت عينه لا تدمع على أحد، ولكنَّه إذا وجد، فإنَّما هو آخذ بلحيته. وهذا الحديث إسناده جيد (٢) ، وله شواهد من وجوه كثيرة. وفيه التَّصريح بدعاء سعد مرتين؛ مرَّة
(١) أي: في حصونهم. (٢) عمرو بن علقمة مجهول، لكن الحديث له شواهد كما قال المصنف (رحمه الله) ، دون قوله: كانت عينه لا تدمع على أحد، فهي مخالفة لما رواه البخاري (١٣٥٣) عن رسول الله ﷺ أن عينيه دمعتا عند وفاة ابنه إبراهيم.

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