Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

De même, Muhammad ibn Ishaq l’a rapporté dans son « Maghâzî »(1) d’une manière semblable au récit de Mûsâ ibn ‘Uqbah, d’après az-Zuhri, et semblable à la narration d’Abû al-Aswad, d’après ‘Urwah. Ibn Ishaq(2) a dit : Le Messager de Dieu (ﷺ) s’arrêta près d’un puits appartenant aux Banû Qurayza, situé du côté de leurs biens et appelé le puits d’Unâ(3). Il les assiégea durant vingt-cinq nuits, jusqu’à ce que le siège devienne insupportable pour eux, et Dieu jeta l’effroi dans leurs cœurs. Huyayy ibn Akhtab était entré dans leur forteresse après le retrait de Quraych et Ghatafân, par fidélité envers Ka‘b ibn Asad selon le pacte qu’ils avaient conclu. Lorsqu’ils comprirent que le Messager de Dieu (ﷺ) ne se retirerait pas avant de les combattre, Ka‘b ibn Asad déclara :

« Ô communauté juive, voyez la situation à laquelle vous êtes confrontés. Je vais vous proposer trois solutions ; choisissez-en celle qui vous conviendra. » Ils demandèrent : « Quelles sont-elles ? » Il répondit : « Adoptons la foi de cet homme et croyons en lui, car par Dieu, vous savez pertinemment qu’il est un Prophète envoyé : c’est celui que vous trouvez mentionné dans votre Livre. Ainsi, vous serez en sécurité, vous, vos biens, vos enfants et vos femmes. » Ils répondirent : « Nous ne renoncerons jamais au jugement de la Torah et nous ne le remplacerons par rien d’autre. »

Il poursuivit : « Si vous refusez cette solution, alors venez, tuons nos femmes et nos enfants puis sortons, nous, les hommes, l’épée au clair pour affronter Muhammad et ses compagnons, sans plus rien laisser derrière nous. Que Dieu décide alors entre nous et Muhammad : si nous périssons, nous n’aurons laissé aucune descendance dont nous redouterions le sort ; et si nous triomphons, par ma vie, nous retrouverons nos femmes et nos enfants. » Ils rétorquèrent : « Allons-nous tuer ces malheureux ? Quel sens aurait la vie après leur mort ? »

Ka‘b leur dit encore : « Si vous rejetez aussi cette option, sachez que cette nuit est la veille du sabbat. Peut-être Muhammad et ses compagnons compteront-ils sur le fait que nous n’agirons pas pendant le sabbat. Descendons donc, afin de pouvoir surprendre Muhammad et ses compagnons. » Ils objectèrent : « Allons-nous profaner notre sabbat et commettre ce que personne avant nous n’a commis, hormis ceux dont tu connais la destinée funeste ? » Il conclut : « Aucun d’entre vous, depuis sa naissance, n’a jamais été assez avisé ne serait-ce qu’une seule nuit ! »

Ils envoyèrent ensuite dire au Messager de Dieu (ﷺ) : « Envoie-nous Abû Lubâba ibn ‘Abd al-Mundhir, le frère des Banû ‘Amr ibn ‘Awf », car ils étaient alliés aux Aws, « que nous puissions le consulter au sujet de notre affaire. » Le Messager de Dieu (ﷺ) l’envoya donc. À sa vue, les hommes se levèrent vers lui tandis que les femmes et les enfants, en pleurs, coururent à lui. Abû Lubâba fut ému et ils lui demandèrent : « Ô Abû Lubâba, penses-tu que nous devrions nous rendre au jugement de Muhammad ? » Il répondit : « Oui », tout en faisant un signe de la main à sa propre gorge pour indiquer le massacre. Abû Lubâba dit alors : « Par Dieu, mes pieds n’avaient pas encore quitté l’endroit que j’ai compris avoir trahi Dieu et Son Messager (ﷺ). »

Il partit aussitôt, sans retourner auprès du Messager de Dieu (ﷺ), et il s’attacha lui-même à l’un des piliers de la mosquée, disant : « Je ne quitterai pas ma place avant que Dieu ne m’accorde Son pardon pour ce que j’ai fait. » Il jura aussi de ne jamais plus remettre les pieds chez les Banû Qurayza ni de se montrer en un lieu où il aurait trahi Dieu et Son Messager (ﷺ).

(1) Voir « La Sīra du Prophète » d’Ibn Hichām (tome 2, p. 234). (2) Voir « La Sīra du Prophète » d’Ibn Hichām (tome 2, p. 234). (3) Al-Fīrūzābādī affirme dans « Al-Maghānīm al-Muṭāba fī Maʿālim Ṭāba », p. 30, que le puits d’Anā s’écrit avec une hamza avec dhamma (d’où « ʾUnā »), et une consonne nūn atténuée, comme dans le mot « kahnā » ; certains disent avec une fatha et une consonne nūn doublée, comme dans le mot « ḥattā » ; d’autres encore le prononcent « ʾAnī » avec une fatha et une yāʾ précédant la consonne nūn doublée. Quant à As-Samḥūdī, dans « Wafāʾ al-Wafāʾ » (tome 2, p. 125), il précise que ce nom n’est plus connu aujourd’hui.
وكذا ذكره محمد بن إسحاق في "مغازيه" (١) في مثل سياق موسى بن عقبة، عن الزُّهري، ومثل رواية أبي الأسود، عن عُرْوَة. قال ابن إسحاق (٢) : ونزل رسول الله ﷺ على بئر من آبار بني قريظة من ناحية أموالهم، يقال لها: بئر أُنا (٣) ، فحاصرهم خمسًا وعشرين ليلة، حتى جهدهم الحصار، وقذف الله في قلوبهم الرعب، وقد كان حُيَي بن أخطب دخل معهم حصنهم، حين رجعت عنهم قريش وغطفان؛ وفاء لكعب بن أسد بما كان عاهده عليه، فلما أيقنوا بأن رسول الله ﷺ غير منصرف عنهم حتى يناجزهم، قال كعب بن أسد: يا معشر يهود، قد نزل بكم من الأمر ما ترون، وإني عارض عليكم خلالًا ثلاثًا، فخذوا بما شئتم منها. قالوا: وما هن؟ قال: نتابع هذا الرجل ونُصَدِّقه، فوالله لقد تبين لكم أنه لَنبي مرسل، وأنه للذي تجدونه في كتابكم، فتأمنون به على دمائكم وأموالكم وأبنائكم ونسائكم. قالوا: لا نفارق حكم التوراة أبدًا، ولا نستبدل به غيره. قال: فإذا أبيتم عليَّ هذه، فهلمَّ فلنقتل أبناءنا ونساءنا، ثم نخرج إلى محمد وأصحابه رجالًا مصلتين بالسيوف، لم نترك وراءنا ثَقَلًا، حتى يحكم الله بيننا وبين محمد، فإنْ نهلك نهلك ولم نترك وراءنا نسلًا نخشى عليه، وإنْ نظهر فلعمري لنَجِدَنَ النساء والأبناء. قالوا: أنقتل هؤلاء المساكين؟ فما خير العيش بعدهم! قال: فإن أبيتم على هذه، فإن الليلة ليلة السبت، وإنه عسى أن يكون محمد وأصحابه قد أَمَّنُونا فيه، فانزلوا لعلنا نصيب من محمد وأصحابه غِرَّة. قالوا: أنفسد سبتنا ونُحدِث فيه ما لم يُحدِث فيه مَن كان قبلنا، إلا من قد علمت، فأصابه ما لم يخفَ عنك من المسخ. فقال: ما بات رجل منكم منذ ولدته أمه ليلة واحدة من الدهر حازمًا. ثم إنهم بعثوا إلى رسول الله ﷺ أن ابعث إلينا أبا لبابة بن عبد المنذر أخا بني عمرو بن عوف - وكانوا حلفاء الأوس - نستشيره في أمرنا. فأرسله رسول الله ﷺ ، فلما رأوه، قام إليه الرجال، وجهش إليه النساء والصبيان يبكون في وجهه، فَرَقَّ لهم، وقالوا: يا أبا لبابة، أترى أن ننزل على حكم محمد؟ قال: "نعم" . وأشار بيده إلى حلقه أنه الذبح. قال أبو لبابة: فوالله ما زالت قدماي من مكانهما، حتى عرفت أني قد خُنْتُ الله ورسوله ﷺ . ثم انطلق أبو لبابة على وجهه، ولم يأت رسول الله ﷺ حتَّى ارتبط في المسجد إلى عمود من عمده، وقال: لا أبرح مكاني حتى يتوب الله عليَّ مما صنعت. وعَاهَدَ الله؛ أن لا أطأ بني قُريظة أبدًا، ولا أُرى في بلد خنت الله ورسوله فيه أبدًا.
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٣٤). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٣٤). (٣) قال الفيروزابادي في "المغانم المطابة في معالم طابة" ص (٣٠): بئر أُنا: بضم الهمزة، وتخفيف النون، كهنا، وقيل بالفتح، والتشديد، كحتَّى، وقيل: أنِّي، بالفتح، وكسر النون المشدَّدة بعده ياء. وقال السمهودي في "وفاء الوفا" (٢/ ١٢٥): وهي غير معروفة اليوم.

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