Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Messager de Dieu (ﷺ) lui avait garanti qu’il reviendrait, en disant : « Je demande à Dieu qu’il soit mon compagnon au Paradis. » Personne parmi les hommes ne se leva, en raison de la peur extrême, de la faim et du froid. Comme personne n’avait répondu, il m’appela personnellement, et il m’était impossible de ne pas obéir lorsqu’il m’appela.

Il me dit : « Ô Hudhayfa, va et joins-toi à leurs rangs ; observe ce qu’ils font, et ne provoque rien tant que tu ne seras pas revenu vers nous. » Je me mis donc en route et pénétrai parmi eux, tandis que le vent et les soldats de Dieu accomplissaient leur effet : ils ne laissaient aucune marmite ni aucun feu se maintenir, ni même un bâtiment. Abou Sufyân se leva alors et déclara : « Ô gens de Quraysh, que chacun vérifie l’identité de son voisin. » Hudhayfa ajoute : « Je saisis la main de l’homme à côté de moi et lui demandai : “Qui es-tu ?” Il répondit : “Un tel, fils d’untel.” » Puis Abou Sufyân poursuivit : « Ô gens de Quraysh, par Dieu, vous voyez bien que ce lieu n’est plus tenable : nos montures ont péri, les Banou Qurayza nous ont trahis et on nous rapporte des choses à leur sujet qui nous déplaisent. Voyez-vous l’épreuve que nous inflige ce vent : nos marmites ne tiennent pas, notre feu ne demeure pas allumé, et nos abris ne tiennent plus. Partons ! Pour ma part, je m’en vais. » Il alla donc vers son chameau, qui était entravé, monta dessus et le frappa, si bien qu’il bondit sur trois pattes. Par Dieu, il ne lui avait même pas enlevé ses entraves qu’il était déjà debout. « Sans la consigne du Messager de Dieu (ﷺ) — “Ne fais rien avant de revenir vers moi” — j’aurais pu, si je l’avais souhaité, le tuer d’une flèche. »

Hudhayfa poursuit : « Je retournai auprès du Messager de Dieu (ﷺ), qui se tenait debout en prière, enveloppé dans un manteau appartenant à l’une de ses femmes. Lorsqu’il me vit, il me fit venir contre ses jambes et rabattit sur moi un pan du manteau. Il continua sa prière, inclina et se prosterna pendant que je restais là, contre lui. Quand il conclut sa prière, je l’informai de ce qui s’était passé. Puis les gens de Ghatafân ayant appris ce que Quraysh avait fait, ils plièrent bagage et retournèrent dans leur pays. » Ce récit, transmis par cette chaîne, est incomplet.

Ce hadith se trouve dans « Sahîh Muslim »(1), rapporté d’après Al-A’mash, d’après Ibrâhîm ibn Yazîd at-Taymî, d’après son père, qui a dit : « Nous étions auprès de Hudhayfa lorsqu’un homme lui adressa ces mots : “Si j’avais eu l’honneur de rejoindre le Messager de Dieu (ﷺ), j’aurais combattu à ses côtés et je n’aurais pas ménagé mes efforts.” Hudhayfa lui répondit : “Penses-tu vraiment ? Nous étions avec le Messager de Dieu (ﷺ) la nuit des Coalisés, au cours d’une nuit où soufflait un vent violent, glacé. Alors le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : ‘Qui donc ira me rapporter des nouvelles de l’ennemi, et sera mon compagnon au Jour de la Résurrection ?’ Mais personne parmi nous ne lui répondit. Trois fois il réitéra son appel de la même manière. Puis il dit : ‘Ô Hudhayfa, lève-toi et informe-nous de l’état des ennemis.’ Comme il m’avait appelé par mon nom, je ne pouvais faire autrement que de m’exécuter. Alors il ajouta : ‘Pars et apporte-moi leurs nouvelles sans les alerter contre nous.’ Je partis donc, avec l’impression de marcher dans un bain de vapeur tant la route m’était facilitée, et j’arrivai jusqu’à eux. Là, je vis Abou Sufyân, adossé à un feu. Je saisis mon arc, y plaçai une flèche et voulus le viser. Puis je me souvins de la parole du Messager de Dieu (ﷺ) : ‘Ne les alerte pas contre nous.’ Si j’avais tiré, je l’aurais atteint. Je fis alors demi-tour, toujours comme si je cheminais dans un bain chauffé, et lorsque je revins auprès du Messager de Dieu (ﷺ), je ressentis le froid qui me saisit. Je l’informai alors, et il me recouvrit des pans d’une cape qu’il portait pour la prière. Je m’endormis ainsi jusqu’au lever du jour ; à l’aube, il me dit : ‘Réveille-toi, ô dormeur !’” »

Al-Hâkim et le hâfiẓ al-Bayhaqî dans ses « Dalâ’il »(2) rapportent également ce hadith de façon plus détaillée, d’après ‘Ikrima ibn ‘Ammâr, transmettant de Muhammad ibn ‘Abd Allâh ad-Du’ali, d’après ‘Abd al-‘Azîz, le neveu de Hudhayfa. Il raconte que Hudhayfa évoquait leur participation aux campagnes du Messager de Dieu (ﷺ), et alors ses compagnons dirent : « Par Dieu, si nous avions été présents en ce temps-là, nous aurions agi ainsi et ainsi. » Hudhayfa leur répondit : « Ne vous en vantez pas… »

(1) Numéro (1788). (2) Voir « Dalāʾil al-Nubuwwah » (vol. 3, p. 451).
القوم ثم يرجع " شرط له رسول الله ﷺ الرجعة " أسأل الله أن يكون رفيقي في الجنةا. فما قام رجل من القوم؛ من شدة الخوف وشدة الجوع والبرد، فلما لم يقم أحد دعاني، فلم يكن لي بُدٌّ من القيام حين دعاني، فقال: "يا حُذيفة، اذهب فادخل في القوم، فانظر ماذا يفعلون، ولا تحدثنَّ شيئًا حتى تأتينا" . قال: فذهبت فدخلت في القوم، والرّيح وجنود الله تفعل بهم ما تفعل، لا تقرّ لهم قدرًا ولا نارًا ولا بناءً، فقام أبو سفيان فقال: يا معشر قريش، لينظر امرؤ مَن جليسه. قال حذيفة: فأخذت بيد الرجل الذي كان إلى جنبي فقلت: من أنت؟ قال: فلان بن فلان. ثم قال أبو سفيان: يا معشر قريش، إنكم والله ما أصبحتم بدار مقام، لقد هلك الكراع والخفّ، وأخلفتنا بنو قريظة، وبلغنا عنهم الذي نكره، ولقينا من شدة الريح ما ترون؛ ما تطمئن لنا قِدر، ولا تقومْ لنا نار، ولا يستمسك لنا بناء، فارتحلوا، فإني مرتحل. ثم قام إلى جمله وهو معقول فجلس عليه، ثم ضربه فوثب به على ثلاث، فوالله ما أطلق عقاله إلا وهو قائم، ولولا عهد رسول الله ﷺ إليَّ: "لا تُحدثْ شيئًا حتى تأتيني" . ثم شئت؛ لقتلته بسهم. قال حذيفة: فرجعت إلى رسول الله ﷺ وهو قائم يصلي في مِرط لبعض نسائه مراجل، فلما رآني أدخلني إلى رجليه، وطرح عليَّ طرف المرط، ثم ركع وسجد وإني لفيه، فلما سلم أخبرته الخبر، وسمعت غطفان بما فعلت قريش، فانشمروا راجعين إلى بلادهم. وهذا منقطع من هذا الوجه. وقد روى هذا الحديث مسلم بن الحجَّاج في "صحيحه" (١) من حديث الأعمش، عن إبراهيم بن يزيد التّيمي، عن أبيه قال: كنا عند حذيفة فقال له رجل: لو أدركتُ رسول الله ﷺ قاتلت معه وأبليت. فقال حذيفة: أنت كنت تفعل ذلك؛ لقد رأيتنا مع رسول الله ﷺ ليلة الأحزاب في ليلة ذات ريح شديدة وقُرّ، فقال رسول الله ﷺ : "ألا رجل يأتيني بخبر القوم يكون معي يوم القيامة؟ " فلم يجبه منا أحد، ثم الثانية ثم الثالثة مثله، ثم قال: "يا حُذيفة، قم فأتنا بخبر القوم" فلم أجد بُدًّا إذ دعاني باسمي أن أقوم، فقال: "ائتني بخبر القوم ولا تذعرهم عليَّ" . قال: فمضيت كأنما أمشي في حَمَّام حتى أتيتهم، فإذا أبو سفيان يَصْلِي ظهره بالنار، فوضعت سهمًا في كبد قوسي وأردت أن أرميه، ثم ذكرت قول رسول الله ﷺ : "لا تذعرهم عليَّ" . ولو رميته لأصبته، فرجعت كأنما أمشي في حَمَّام، فأتيت رسول الله ﷺ ، فأصابني البَرْد حين رجعت وقُررت، فأخبرت رسول الله ﷺ ، وألبسني من فضل عباءة كانت عليه يصلي فيها، فلم أزل نائمًا حتى الصبح، فلما أن أصبحت قال رسول الله ﷺ : "قم يا نومان" . وقد روى الحاكم، والحافظ البيهقي في "الدلائل" (٢) هذا الحديث مبسوطًا من حديث عكرمة بن عَمَّار، عن محمد بن عبد الله الدُّؤَليّ، عن عبد العزيز ابن أخي حذيفة قال: ذكر حذيفة مشاهدهم مع رسول الله ﷺ ، فقال جلساؤه: أمَا والله لو كنا شهدنا ذلك لكنا فعلنا وفعلنا. فقال حذيفة: لا تمنّوا
(١) رقم (١٧٨٨). (٢) انظر "دلائل النبوة" (٣/ ٤٥١).

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