Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils les harcelèrent et vinrent à eux par le dessus et par le dessous. Puis, Nuʿaym ibn Masʿūd ibn ʿĀmir ibn Unayf [ibn Thaʿlaba] ibn Qunfudh ibn Hilāl ibn Khulāwa ibn Ashjaʿ ibn Rayth ibn Ghaṭafān se rendit auprès du Messager de Dieu (ﷺ) et lui dit : « Ô Messager de Dieu, je me suis converti à l’islam, mais mon peuple ne le sait pas encore. Ordonne-moi ce que tu veux. » Le Messager de Dieu (ﷺ) lui répondit : « Tu n’es qu’un seul homme parmi nous. Sème la discorde parmi nos ennemis si tu le peux, car la guerre est ruse. »

Nuʿaym ibn Masʿūd partit alors jusqu’à ce qu’il atteigne les Banū Qurayẓa, avec qui il entretenait des liens d’amitié à l’époque antéislamique. Il leur dit : « Ô Banū Qurayẓa, vous connaissez mon affection pour vous et les liens particuliers qui nous unissent. » Ils répondirent : « Tu dis vrai, nous n’avons aucune raison de douter de toi. » Il leur dit : « Les Quraysh et les Ghaṭafān ne sont pas comme vous. Votre pays est le vôtre ; vos biens, vos enfants et vos femmes y résident, et vous ne pouvez pas le quitter pour un autre. Quant aux Quraysh et aux Ghaṭafān, ils sont venus faire la guerre à Muḥammad et à ses compagnons, et vous vous êtes alliés à eux, mais leurs terres, leurs femmes et leurs biens se trouvent ailleurs, ce qui n’est pas votre cas. Ainsi, s’ils trouvent une occasion favorable, ils la saisiront ; mais si les choses tournent autrement, ils repartiront dans leurs terres et vous laisseront seuls face à cet homme, dans votre propre pays. Vous n’aurez aucune force contre lui s’il reste seul avec vous. Par conséquent, ne combattez pas aux côtés de ces gens avant de leur avoir demandé des otages pris parmi leurs notables qui se trouveront entre vos mains, en gage de confiance, afin qu’ils combattent avec vous Muḥammad jusqu’au bout. » Les Banū Qurayẓa répondirent : « Tu viens de nous conseiller avec sagesse. »

Puis il se rendit auprès des Quraysh et dit à Abū Sufyān ibn Ḥarb et à ceux de son peuple : « Vous savez à quel point je vous suis attaché et que je me suis séparé de Muḥammad. Or, une information est parvenue à mes oreilles, et je me dois de vous en faire part de manière sincère, mais tenez-la secrète. » Ils dirent : « Nous le ferons. » Il poursuivit : « Sachez que les Juifs ont regretté leurs actes envers Muḥammad. Ils lui ont envoyé un message en disant : “Nous regrettons ce que nous avons fait. Serais-tu satisfait que nous te livrions quelques hommes éminents des deux tribus, Quraysh et Ghaṭafān, afin que tu les exécutes, puis que nous soyons avec toi contre ceux qui resteraient, jusqu’à ce que tu les anéantisses ?” Et il leur aurait répondu : “Oui.” Ainsi, si les Juifs vous réclament des otages parmi vos hommes, ne leur remettez pas un seul d’entre eux. » Ensuite, il se rendit chez les Ghaṭafān et leur tint le même discours qu’il avait adressé aux Quraysh, les avertissant de la même chose.

La nuit du samedi du mois de Shawwāl de la cinquième année (de l’Hégire) arriva. Par la volonté de Dieu, ce fut un stratagème en faveur de Son Messager (ﷺ). Abū Sufyān ibn Ḥarb et les chefs de Ghaṭafān dépêchèrent ʿIkrima ibn Abī Jahl, accompagné de quelques hommes issus des Quraysh et de Ghaṭafān, auprès des Banū Qurayẓa. Ils leur dirent : « Nous ne sommes pas en territoire sûr pour y séjourner longtemps : nos montures et nos bêtes sont épuisées. Préparez-vous au combat pour en finir avec Muḥammad et régler ce qui nous oppose à lui. » Les Banū Qurayẓa leur répondirent : « Aujourd’hui est un samedi, un jour où nous ne faisons rien. Certains d’entre nous ont déjà enfreint ce jour et il leur est arrivé ce que vous n’ignorez pas. De plus, nous ne combattrons pas Muḥammad avec vous tant que vous ne nous aurez pas livré quelques otages parmi les vôtres, qui resteront en notre possession, pour nous assurer que vous mènerez le combat à nos côtés jusqu’à le vaincre. Nous craignons qu’en cas de combat prolongé et si les affrontements se font trop durs (1), vous ne vous repliez dans vos contrées en nous laissant seuls, alors que cet homme restera dans notre pays ; nous n’aurons alors aucune force contre lui. » Quand les émissaires revinrent rapporter ces propos aux Quraysh et aux Ghaṭafān, ils s’exclamèrent : « Par Dieu, ce que nous a rapporté Nuʿaym ibn Masʿūd était vrai ! » Ils firent dire aux Banū Qurayẓa : « Par Dieu, nous ne vous livrerons pas un seul de nos hommes. Si vous voulez combattre, alors sortez et combattez. » Les Banū Qurayẓa dirent alors…

(1) Le verbe “ضرَّستكم” évoque l’idée que la guerre se révèle trop rude ou que le combat devient trop éprouvant.

(1) C’est-à-dire : « Si elle vous atteint ». Voir « Sharḥ Gharīb Alfāẓ al-Sīrah » de al-Khashnī (3/8).
عدوهم عليهم، وإتيانهم إياهم من فوقهم ومن أسفل منهم. قال: ثم إن نُعَيْم بن مسعود بن عامر بن أُنيف [بن ثعلبة] بن قنفذ بن هلال بن خُلَاوة بن أشجع بن ريث بن غطفان أتى رسول الله ﷺ فقال: يا رسول الله، إني قد أسلمت و "إن قومي لم يعلموا بإسلامي، فمرني بما شئت. فقال رسول الله ﷺ : " إنما أنت فينا رجل واحد، فَخَذِّلْ عَنَّا إن استطعت، فإن الحرب خُدْعَة". فخرج نُعَيم بن مسعود حتى أتى بني قُريظة، وكان لهم نديمًا في الجاهلية، فقال: يا بني قريظة، قد عرفتم وُدِّي إياكم وخاصة ما بيني وبينكم. قالوا: صدقت، لست عندنا بمتَّهم. فقال لهم: إن قريشًا وغطفان ليسوا كأنتم، البلد بلدكم، فيه أموالكم وأبناؤكم ونساؤكم، لا تقدرون على أن تتحولوا منه إلى غيره، وإن قريشًا وغطفان قد جاءوا لحرب محمد وأصحابه، وقد ظاهرتموهم عليه، وبلدهم ونساؤهم وأموالهم بغيره فليسوا كأنتم، فإن رأوا نُهْزَةً أصابوها، وإن كان غير ذلك لحقوا ببلادهم وخلوا بينكم وبين الرجل ببلدكم، ولا طاقة لكم به إن خلا بكم، فلا تقاتلوا مع القوم حتى تأخذوا منهم رُهنًا من أشرافهم يكونون بأيديكم؛ ثقة لكم على أن تقاتلوا معهم محمدًا حتى تناجزوه. قالوا: لقد أشرت بالرأي. ثم خرج حتى أتى قريشًا فقال لأبي سفيان بن حرب ومن معه من رجال قريش: قد عرفتم وُدِّي لكم وفراقي محمدًا، وإنه قد بلغني أمر قد رأيت عليَّ حقًا أن أبلغكموه؛ نصحًالكم، فاكتموه عني. قالوا: نفعل. قال: تعلَّموا أن معشر يهود قد ندموا على ما صنعوا فيما بينهم وبين محمد، وقد أرسلوا إليه أنَّا قد ندمنا على ما فعلنا، فهل يرضيك أن نأخذ لك من القبيلتين من قريش وغطفان رجالًا من أشرافهم، فنُعطيَكهم فتضرب أعناقهم، ثم نكون معك على من بقي منهم حتى تستأصلهم؟ فأرسل إليهم أن نعم. فإن بعثت إليكم يهود يلتمسون منكم رُهُنًا من رجالكم، فلا تدفعوا إليهم منكم رجلًا واحدًا. ثم خرج حتى أتى غطفان، فقال: يا معشر غطفان، إنكم أصلي وعشيرتي، وأحب الناس إليَّ، ولا أراكم تتَّهموني. قالوا: صدقت، ما أنت عندنا بمتَّهم. قال: فاكتموا عنِّي. قالوا: نفعل. ثم قال لهم مثل ما قال لقريش، وحذّرهم ما حذّرهم، فلما كانت ليلة السبت من شوال سنة خمس، وكان من صنع الله تعالى لرسوله ﷺ أن أرسل أبو سفيان بن حرب ورؤوس غطفان إلى بني قريظة عكرمة بن أبي جهل، في نفر من قريش وغطفان، فقال لهم: إنا لسنا بدار مقام، قد هلك الخفّ والحافر، فأعدُّوا للقتال حتى نناجز محمدًا ونفرغ مما بيننا وبينه. فأرسلوا إليهم: إن اليوم يوم السبت، وهو يوم لا نعمل فيه شيئًا، وقد كان أحدث فيه بعضنا حدَثًا فأصابهم ما لم يخف عليكم، ولسنا مع ذلك بالذين نقاتل معكم محمدًا حتى تعطونا رُهُنًا من رجالكم يكونون بأيدينا؛ ثقة لنا حتى نناجز محمدًا، فإنا نخشى إن ضرَّسَتكم (١) الحرب، واشتد عليكم القتال أن تنشمروا إلى بلادكم وتتركونا، والرجل في بلادنا، ولا طاقة لنا بذلك منه. فلما رجعت إليهم الرسل بما قالت بنو قريظة، قالت قريش وغطفان: والله إن الذي حدَّثكم نُعيم بن مسعود لحق. فأرسلوا إلى بني قريظة: إنا والله لا ندفع إليكم رجلًا واحدًا من رجالنا، فإن كنتم تريدون القتال فأخرجوا فقاتلوا. فقالت بنو قريظة حين
(١) أي: إن نالت منكم. انظر "شرح غريب ألفاظ السيرة" للخشني (٣/ ٨).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies