As-Suhaylī (1) rapporta qu’un certain homme avait dit : « Hassân était lâche, d’une grande lâcheté. » Il ajouta : « D’autres ont rejeté cela et ont mis en doute ce récit, affirmant qu’il est “non relié”. Ils ont souligné que Hassân satirisait les idolâtres parmi les poètes, tels qu’Ibn az-Zib‘arā, Dirār ibn al-Khattâb et d’autres, et qu’aucun d’entre eux ne l’avait jamais accusé de lâcheté. » Il poursuivit : « Parmi ceux qui ont contesté ce récit figure le cheikh Abû ‘Umar an-Namrī. » Ils dirent encore : « Même en admettant l’authenticité de ce récit, peut-être fut-il alors bloqué dans une tour pour une raison passagère. » As-Suhaylī fut de cet avis. Dieu est plus Savant.
Mûsâ ibn ‘Uqbah (2) déclara : « Les polythéistes encerclèrent les musulmans au point de les réduire à une position semblable à une forteresse sous la pression de leurs troupes, et ils les assiégèrent près de vingt nuits, maîtrisant toutes les issues, à tel point que personne ne savait s’il avait accompli sa prière ou non. » Il ajouta : « Ils envoyèrent une forte troupe en direction de la demeure du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), et la combattirent tout le jour jusqu’à la nuit. Lorsque l’heure de la prière de l’après-midi (al-‘Asr) arriva, cette troupe se rapprocha et ni le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) ni ses Compagnons présents avec lui ne purent prier comme ils l’auraient voulu. Puis la troupe se replia quand la nuit tomba. On rapporte alors que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : “Ils nous ont empêchés d’accomplir la prière de l’après-midi. Que Dieu remplisse leurs ventres et leurs cœurs — et selon une autre version : leurs tombes — de feu.” Quand l’épreuve s’intensifia, de nombreuses personnes furent gagnées par l’hypocrisie et proférèrent de mauvaises paroles. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), voyant l’affliction et la détresse qui pesaient sur eux, se mit à les encourager et leur dit : “Par Celui qui détient mon âme, vous serez bientôt délivrés de l’épreuve que vous subissez. J’espère bien pouvoir encore faire le tour de la Maison ancienne (la Ka‘ba) en toute sécurité, que Dieu me remette les clefs de la Ka‘ba, qu’Il détruise Kisrâ et César, et que leurs trésors soient dépensés dans la voie de Dieu.” »
Al-Bukhârî (3) a rapporté : « Ishâq nous a transmis, Rûh nous a transmis, Hishâm nous a transmis, d’après Muhammad, d’après ‘Ubayda, d’après ‘Alî, que le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) déclara, le jour du Fossé : “Que Dieu emplisse de feu leurs demeures et leurs tombes, comme ils nous ont retardés de la prière médiane jusqu’au coucher du soleil.” » Ce hadith fut également transmis par tous les auteurs de recueils (de hadiths), sauf Ibn Mâjah, à partir des voies relatives à Hishâm ibn Hassân, d’après Muhammad ibn Sîrîn, d’après ‘Ubayda, d’après ‘Alî.
Muslim et at-Tirmidhî (4) rapportèrent eux aussi ce récit par la chaîne de transmission de Sa‘îd ibn Abî ‘Arûbah, d’après Qatâda, d’après Abû Hassân al-A‘raj, d’après ‘Ubayda, d’après ‘Alî, et at-Tirmidhî déclara : « Hadith bon et authentique. »
Puis al-Bukhârî (5) dit : « Al-Makkî ibn Ibrâhîm nous a transmis, Hishâm nous a transmis, d’après Yahyâ, d’après Abû Salama, d’après Jâbir ibn ‘Abd Allâh, qu’‘Umar ibn al-Khattâb arriva le jour du Fossé après le coucher du soleil, se mettant à maudire les polythéistes de Quraysh. Il s’écria : “Ô Messager de Dieu, j’ai failli ne pas prier jusqu’à ce que le soleil décline !” Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) dit : “Par Dieu, moi non plus je ne l’ai pas encore accomplie.” Nous descendîmes donc avec le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) à Bathân ; il fit ses ablutions pour la prière, et nous fîmes de même, puis il accomplit la prière de l’après-midi alors même que le soleil était déjà couché. »