Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nous le savons, et ils ne s’attendent pas à pouvoir en manger ne serait-ce qu’une seule datte, hormis en étant hébergés ou en l’achetant. Ainsi, lorsque Dieu nous a honorés par l’islam, nous a guidés vers lui et nous a élevés en dignité par toi et grâce à lui, devrions-nous leur donner nos biens ? Nous n’en avons nul besoin. Par Dieu, nous ne leur céderons que l’épée, jusqu’à ce que Dieu tranche entre nous et eux.

Le Prophète (ﷺ) déclara alors : « Tu es libre de ta décision. » C’est alors que Sa‘d ibn Mu‘âdh prit la feuille et en effaça le contenu, puis il dit : « Qu’ils engagent toute leur force contre nous. »

Ibn Isḥâq (1) dit : Le Prophète (ﷺ) et ses compagnons demeurèrent en état de siège, mais il n’y eut pas de combat direct entre eux et l’ennemi, si ce n’est qu’un groupe de cavaliers de Quraysh, parmi lesquels ‘Amr ibn ‘Abd Wudd ibn Abî Qays, de Banî ‘Âmir ibn Lu’ayy, ainsi que ‘Ikrima ibn Abî Jahl, Hubayra ibn Abî Wahb al-Makhzûmî et Dirâr ibn al-Khaṭṭâb ibn Mirdâs (des Banû Muḥârib ibn Fihr), s’équipèrent pour le combat et partirent à cheval. Ils passèrent par les demeures des Banû Kinâna en leur disant : « Préparez-vous, ô Banû Kinâna, pour la guerre, car vous saurez aujourd’hui qui sont les véritables cavaliers. » Ils continuèrent jusqu’à s’arrêter devant le fossé.

Lorsqu’ils le virent, ils dirent : « Par Dieu, voilà bien un stratagème que les Arabes ne pratiquaient pas. » Ils se dirigèrent alors vers un endroit étroit du fossé et y lancèrent leurs montures, qui le franchirent pour se retrouver dans la zone sableuse entre le fossé et le mont Sal‘. ‘Alî ibn Abî Ṭâlib sortit avec un groupe de musulmans pour bloquer l’ouverture franchie par leurs chevaux. Les cavaliers vinrent alors au trot dans leur direction.

‘Amr ibn ‘Abd Wudd avait combattu lors de la bataille de Badr jusqu’à ce qu’il fût gravement blessé, si bien qu’il ne participa pas à Uḥud. Mais le jour du Fossé, il se présenta, son équipement de combat visible, pour faire étalage de sa bravoure. Quand il s’arrêta avec ses hommes, il cria : « Qui veut m’affronter en duel ? » Alors, ‘Alî ibn Abî Ṭâlib (qu’Allâh l’agrée) s’avança. ‘Alî lui dit : « Ô ‘Amr ! Tu avais promis devant Dieu que si un Qurayshite te conviait à l’une de deux choses, tu les accepterais. » Il répondit : « Oui. » ‘Alî répliqua : « Eh bien, je t’invite à Dieu, à Son Messager et à l’islam. » ‘Amr dit : « Je n’en ai que faire. » ‘Alî poursuivit : « Alors je t’appelle au combat. » ‘Amr répliqua : « Pourquoi, ô fils de mon frère ? Par Dieu, je n’aime pas devoir te tuer. » ‘Alî répondit : « Par Dieu, moi, j’aimerais te tuer. » À ces mots, ‘Amr se mit en colère, sauta de sa monture, lui coupa les jarrets et frappa son visage. Ensuite il s’avança vers ‘Alî, et ils s’affrontèrent jusqu’à ce qu’’Alî (qu’Allâh l’agrée) le tue. Les cavaliers ennemis s’enfuirent alors, franchissant le fossé pour s’échapper.

Ibn Isḥâq (2) dit : ‘Alî ibn Abî Ṭâlib composa à ce sujet ces vers :

« Il a défendu les pierres par la folie de son jugement, tandis que moi j’ai défendu le Seigneur de Muḥammad avec clairvoyance.
Puis je suis reparti alors qu’il gisait au sol, tel un tronc entre les collines et les amas de sable.
Je m’abstins de prendre ses vêtements ; pourtant, si j’avais été démuni, j’aurais pu en faire mon butin.
Ne pensez pas que Dieu abandonnera Sa religion ni Son Prophète, ô vous les coalisés. »

Ibn Hishâm ajoute : « La plupart de ceux qui s’y connaissent en poésie doutent que ces vers soient d’‘Alî. »

(1) Voir « La Sīra du Prophète » d’Ibn Hishām (t. 2, p. 224). (2) Voir « La Sīra du Prophète » d’Ibn Hishām (t. 2, p. 225).
نعرفه، وهم لا يطمعون أن يأكلوا منها تمرة واحدة إِلَّا قِرًى أو بيعًا، أفحين أكرمنا اللَّه بالإسلام وهدانا له وأعزنا بك وبه، نعطيهم أموالنا! ما لنا بهذا من حاجة، واللَّه لا نعطيهم إِلَّا السيف، حتى يحكم اللَّه بيننا وبينهم. فقال النَّبِيّ ﷺ : "أنت وذاك" . فتناول سعد بن معاذ الصحيفة، فمحا ما فيها من الكتاب، ثم قال: ليجهدوا علينا. قال ابن إسحاق (١) : فقام النَّبِيّ ﷺ وأصحابه محاصرين، ولم يكن بينهم وبين عدوهم قتال، إِلَّا أنَّ فوارس من قريش منهم عمرو بن عبد ودّ بن أبي قيس، أحد بني عامر بن لؤي، وعكرمة بن أبي جهل وهبيرة بن أبي وهب المخزوميان، وضرار بن الخطَّاب بن مرداس، أحد بني محارب بن فهر، تلبسوا للقتال، ثم خرجوا على خيلهم، حتى مروا بمنازل بني كنانة فقالوا: تهيئوا يا بني كنانة للحرب، فستعلمون مَن الفرسان اليوم. ثم أقبلوا تعنق بهم خيلهم، حتى وقفوا على الخندق، فلما رأوه قالوا: واللَّه إن هذه لمكيدة ما كانت العرب تكيدها. ثم تيمَّموا مكانًا من الخندق ضيقًا، فضربوا خيلهم فاقتحمت منه، فجالت بهم في السبخة بين الخندق وسلع، وخرج علي بن أبي طالب في نفر معه من المسلمين، حتى أخذوا عليهم الثغرة التي أقحموا منها خيلهم، وأقبلت الفرسان تعنق نحوهم، وكان عمرو بن عبد ودٍّ قد قاتل يوم بدر حتى أثبتته الجراحة، فلم يشهد يوم أحد، فلما كان يوم الخندق، خرج معلمًا ليرى مكانه، فلما وقف هو وخيله قال: من يبارز؛ فبرز له علي بن أبي طالب، (رضي الله عنه) ، فقال له: يا عمرو، إنك كنت عاهدت اللَّه لا يدعوك رجل من قريش إلى إحدى خلّتين إِلَّا أخذتها منه. قال: أجل. قال له علي: فإني أدعوك إلى اللَّه وإلى رسوله وإلى الإسلام. قال: لا حاجة لي بذلك. قال: فإني أدعوك إلى النزال. قال له: لم يا بن أخي، فواللَّه ما أحب أن أقتلك. قال له علي: لكني واللَّه أحب أن أقتلك. فحمي عمرو عند ذلك، فاقتحم عن فرسه، فعقره وضرب وجهه، ثم أقبل على عليٍّ، فتنازلا وتجاولا، فقتله علي، (رضي الله عنه) ، وخرجت خيلهم منهزمة، حتى اقتحمت من الخندق هاربة. قال ابن إسحاق (٢) : وقال علي بن أبي طالب في ذلك: نَصَرَ الحجارة من سَفَاهَة رأيه … ونصرتُ ربَّ محمدٍ بصوابِ فصددتُ حين تركته متجدِّلًا … كالجذع بين دكادك وروابي وعَفَفْتُ عن أثوابه ولو أنني … كنت المقطّر بزّني أثوابي لا تحسبُنَّ اللَّه خاذلَ دينه … ونبيّه يا معشر الأحزابِ قال ابن هشام: وأكثر أهل العلم بالشعر يشك فيها لعليٍّ.
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٢٤). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٢٥).

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