Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils dirent alors : « ‘Adl et al-Qâra ». Autrement dit : comme leur trahison envers ceux d’ar-Rajî‘, Khubayb et ses compagnons. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) déclara : « Dieu est le plus Grand ! Réjouissez-vous, ô musulmans ! »

Mûsâ ibn ‘Uqba (1) rapporta : lorsque la nouvelle au sujet des Banû Qurayza parvint au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), il s’enveloppa de son vêtement, s’allongea et demeura ainsi longtemps. Les gens furent alors saisis d’une grande inquiétude et d’une vive crainte en le voyant se coucher, car ils réalisèrent qu’il n’avait pas reçu de bonnes nouvelles à propos des Banû Qurayza. Puis il releva la tête et déclara : « Réjouissez-vous de la victoire et du secours de Dieu. » Au matin, les deux groupes se rapprochèrent et s’échangèrent des tirs de flèches et des jets de pierres.

Sa‘îd ibn al-Musayyib dit : le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) prononça cette prière : « Ô Dieu, je Te demande Ton engagement et Ta promesse. Ô Dieu, si Tu le veux, il se pourrait que Tu ne sois pas adoré. »

Ibn Ishâq (2) dit : l’épreuve s’avéra alors considérable et la peur s’accrut. L’ennemi arriva par le haut et par le bas, si bien que les croyants eurent toutes sortes de doutes, et l’hypocrisie se manifesta. Ainsi, Ma‘attib ibn Qushayr, de la tribu des Banû ‘Amr ibn ‘Awf, s’exclama : « Muhammad nous promettait que nous dévorerions les trésors de Kisrâ et de César, or voilà qu’aujourd’hui chacun d’entre nous craint de se rendre aux latrines ! » Ows ibn Qayzî dit aussi : « Ô Messager de Dieu, nos demeures sont vulnérables face à l’ennemi » – et il s’exprima ainsi devant plusieurs hommes de son peuple – « permets-nous donc de rentrer chez nous, puisqu’elles se trouvent à l’extérieur de la cité. »

J’ai dit : ce sont là ceux, et d’autres du même acabit, visés par la Parole de Dieu – Exalté soit-Il – : « Et lorsque les hypocrites et ceux qui avaient une maladie au cœur ont dit : “La promesse que Dieu et Son Messager nous ont faite n’était qu’illusion.” (12) Et lorsque qu’un groupe d’entre eux a dit : “Ô gens de Yathrib ! Vous ne pouvez plus tenir ici ; retournez [chez vous] !” Et un groupe d’entre eux demanda la permission au Prophète, en disant : “Certes, nos demeures sont sans protection.” Or, elles ne l’étaient pas. Ils ne voulaient qu’une fuite. » [Les Coalisés (Al-Ahzâb) : 12-13].

Ibn Ishâq (3) raconta : le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) resta sur place, veillant, tandis que les polythéistes poursuivaient leur siège durant plus de vingt nuits, presque un mois, sans qu’il n’y eût d’autre forme de combat que des échanges de flèches. Quand la situation devint extrêmement pénible pour les gens, selon le récit que m’ont transmis ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda, des personnes dignes de confiance et az-Zuhrî, le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) envoya quelqu’un auprès de ‘Uyayna ibn Hisn et al-Hârith ibn ‘Awf al-Murrî, les deux chefs de Ghatafân, pour leur proposer le tiers des récoltes de Médine, à condition qu’ils se retirent avec leurs hommes, s’éloignant ainsi de lui et de ses compagnons. Un accord fut provisoirement négocié, au point de rédiger un document, mais ni témoignage formel, ni engagement ferme ne furent enregistrés, seulement une discussion exploratoire. Quand le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) voulut finaliser cet arrangement, il convoqua les deux Sa‘d et les consulta à ce sujet.

Ils dirent : « Ô Messager de Dieu, s’agit-il d’une affaire que tu affectionnes et que tu souhaites voir accomplie, ou bien d’un ordre formel de Dieu auquel nous ne pouvons déroger, ou encore d’une initiative que tu prends pour nous ? » Il leur répondit : « Il s’agit plutôt d’une mesure que je prends en votre faveur. Par Dieu, je ne fais cela qu’en voyant tous les Arabes vous cibler d’un seul geste et vous attaquer de tous côtés. Je désirais alors atténuer un tant soit peu leur force contre vous. »

S’adressant à lui, Sa‘d ibn Mu‘âdh déclara : « Ô Messager de Dieu, jadis nous et ces gens vivions dans le polythéisme, et nous adorions les idoles ; nous ne priions pas Dieu et nous ne… »

(1) Voir « Dala'il al-Nubuwwa » d'al-Bayhaqī (3/403). (2) Voir « Sīrat al-Nabawiyya » d'Ibn Hichām (2/222). (3) Voir « Sīrat al-Nabawiyya » d'Ibn Hichām (2/222-223).
عليه، وقالوا: عضل والقارة. أي: كغدرهم بأصحاب الرَّجيع، خُبَيب وأصحابه، فقال رسول اللَّه ﷺ : "اللَّه أكبر، أبشروا يا معشر المسلمين" . قال موسى بن عقبه (١) : ثم تقنَّع رسول اللَّه ﷺ بثوبه حين جاءه الخبر عن بني قريظة، فاضطجع ومكث طويلًا، فاشتد على الناس البلاء والخوف حين رأوه اضطجع، وعرفوا أنه لم يأته عن بني قريظة خير، ثم إنه رفع رأسه فقال: "أبشروا بفتح اللَّه ونصره" . فلما أن أصبحوا، دنا القوم بعضهم من بعض، وكان بينهم رمي بالنبل والحجارة. وقال سعيد بن المسيب: قال رسول اللَّه ﷺ : "اللهم إني أسألك عهدك ووعدك، اللهم إن تشأ لا تعبد" . قال ابن إسحاق (٢) : وعظم عند ذلك البلاء، واشتد الخوف، وأتاهم عدوهم من فوقهم ومن أسفل منهم، حتى ظن المؤمنون كل ظن، [ونجم النفاق] ، حتى قال معتِّب بن قشير أخو بني عمرو بن عوف: كان محمد يعدنا أن نأكل كنوز كسرى وقيصر، وأحدنا اليوم لا يأمن على نفسه أن يذهب إلى الغائط. وحتى قال أوس بن قيظي: يا رسول اللَّه، [إن] بيوتنا عورة من العدوِّ -وذلك عن ملأ من رجال قومه- فأذن لنا أن نرجع إلى دارنا؛ فإنها خارج من المدينة. قلت: وهؤلاء وأمثالهم المرادون بقوله تعالى: ﴿وَإِذْ يَقُولُ الْمُنَافِقُونَ وَالَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ مَا وَعَدَنَا اللَّهُ وَرَسُولُهُ إِلَّا غُرُورًا (١٢) وَإِذْ قَالَتْ طَائِفَةٌ مِنْهُمْ يَاأَهْلَ يَثْرِبَ لَا مُقَامَ لَكُمْ فَارْجِعُوا وَيَسْتَأْذِنُ فَرِيقٌ مِنْهُمُ النَّبِيَّ يَقُولُونَ إِنَّ بُيُوتَنَا عَوْرَةٌ وَمَا هِيَ بِعَوْرَةٍ إِنْ يُرِيدُونَ إِلَّا فِرَارًا﴾ [الأحزاب: ١٢ - ١٣] . قال ابن إسحاق (٣) : فأقام رسول اللَّه ﷺ يعني مرابطًا- وأقام المشركون يحاصرونه بضعًا وعشرين ليلة، قريبًا من شهر، ولم يكن بينهم حرب إِلَّا الرِّمِّيَا بالنبل، فلما اشتد على الناس البلاء، بعث رسول اللَّه ﷺ كما حدثني عاصم بن عمر بن قتادة، ومن لا أتَّهم، عن الزُّهري- إلى عُيينة بن حصن، والحارث بن عوف المُرِّي، وهما قائدا غطفان، فأعطاهما ثلث ثمار المدينة، على أن يرجعا بمن معهما عنه وعن أصحابه، فجرى بينه وبينهم الصلح، حتى كتبوا الكتاب، ولم تقع الشهادة ولا عزيمة الصُّلح إِلَّا المراوضة، فلما أراد رسول اللَّه ﷺ أن يفعل ذلك، بعث إلى السَّعدين، فذكر لهما ذلك، واستشارهما فيه، فقالا: يا رسول اللَّه، أمرًا تحبه فنصنعه، أم شيئًا أمرك اللَّه به لا بد لنا من العمل به، أم شيئًا تصنعه لنا؛ فقال: "بل شيء أصنعه لكم، واللَّه ما أصنع ذلك إِلَّا أني رأيت العرب قد رمتكم عن قوس واحدة، وكالبوكم من كل جانب، فأردت أن أكسر عنكم من شوكتهم إلى أمر ما" . فقال له سعد بن معاذ: يا رسول اللَّه، قد كنا نحن وهؤلاء القوم على الشرك باللَّه وعبادة الأوثان، لا نعبد اللَّه ولا
(١) انظر "دلائل النبوة" للبيهقي (٣/ ٤٠٣). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٢٢). (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢٢٢ - ٢٢٣).

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