Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Voici également un hadith jugé étrange, dont le seul rapporteur est Maymûn ibn Ustadh. C’était un Basrien qui transmettait des propos d’al-Barâ’ et d’Abd Allâh ibn ‘Amr. De lui ont rapporté Ḥumayd aṭ-Ṭawīl, al-Ǧarīraš et ‘Awf al-A‘rābī.

Abû Ḥâtim (1), citant Isḥâq ibn Manṣūr, d’après Ibn Ma‘īn, a déclaré qu’il (Maymûn ibn Ustadh) était digne de confiance (thiqa). Quant à ‘Alî ibn al-Madīnî, il a dit que Yaḥyâ ibn Sa‘īd al-Qaṭṭân ne rapportait pas de lui. An-Nasâ’î (2) rapporta : « Ḥaddathanâ (‘il nous a été transmis par) ‘Isâ ibn Yûnus, qui tenait de Ḍamra, lui-même de Abû Zur‘a as-Saybânî, de Abû Sikîna — un homme des affranchis — qui le tenait d’un Compagnon du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue). Ce Compagnon raconta : Lorsque le Messager d’Allah (que Dieu le bénisse et le salue) ordonna de creuser la tranchée, ils butèrent sur un rocher qui les empêchait de poursuivre le creusement. Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) se leva, prit la pioche, ôta son manteau et le posa près de la tranchée, puis il dit : “Et la parole de ton Seigneur s’est accomplie en toute vérité et en toute justice. Nul ne peut modifier Ses paroles. Il est l’Audient, l’Omniscient.” (3) (Coran 6:115). À ce moment, un tiers du rocher se détacha. Salmân al-Fârisî se tenait debout et observait, et lorsqu’il vit le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) frapper, il y eut un éclair. Puis le Prophète frappa une seconde fois en répétant : “Et la parole de ton Seigneur s’est accomplie en toute vérité et en toute justice…”, un autre tiers du rocher se détacha et un éclair se produisit de nouveau, que Salmân vit. Le Prophète frappa une troisième fois en répétant le même verset, et le dernier tiers du rocher se brisa.

Le Messager d’Allah (que Dieu le bénisse et le salue) sortit alors, reprit son manteau et s’assit. Salmân lui demanda : “Ô Messager d’Allah, je t’ai vu frapper et, à chaque coup, un éclair apparaissait.” Le Prophète lui répondit : “Ô Salmân, tu l’as donc remarqué ?” Salmân dit : “Oui, par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, ô Messager d’Allah.” Le Prophète déclara alors : “Au premier coup, on m’a montré les villes de Kisrâ et d’innombrables cités autour d’elles, si bien que je les ai vues de mes yeux.” Ceux parmi ses Compagnons qui étaient présents lui dirent : “Ô Messager d’Allah, invoque Dieu afin qu’Il nous en ouvre l’accès, qu’Il nous accorde leurs biens et leur descendance, et que nous puissions dévaster leur pays de nos propres mains.” Le Prophète invoqua donc Allah, puis il dit : “Lors du deuxième coup, on m’a montré les villes de César (Qayṣar) et les cités proches, au point que je les ai vues de mes yeux.” Ils répétèrent : “Ô Messager d’Allah, invoque Dieu afin qu’Il nous en ouvre l’accès, qu’Il nous accorde leurs biens et leur descendance, et que nous puissions dévaster leur pays de nos propres mains.” Et il invoqua Dieu une nouvelle fois. Puis il ajouta : “Au troisième coup, on m’a montré les cités de l’Abyssinie (al-Ḥabaša) et ses environs, jusqu’à les voir de mes propres yeux.” Ensuite, le Messager d’Allah (que Dieu le bénisse et le salue) conclut : “Laissez les Abyssins tant qu’ils vous laissent en paix, et laissez les Turcs tant qu’ils vous laissent en paix.” »

C’est ainsi que l’a rapporté an-Nasâ’î dans son intégralité. Abû Dâwud (4), pour sa part, n’en a rapporté que la parole : “Laissez les Abyssins tant qu’ils vous laissent en paix, et laissez les Turcs tant qu’ils vous laissent en paix.” Il le rapporte selon la chaîne : ‘Isâ ibn Muḥammad ar-Ramlî, de Ḍamra ibn Rabî‘a, de Abû Zur‘a (Yahyâ ibn Abî ‘Amr) as-Saybânî, avec le même contenu.

Ibn Isḥâq (5) ajoute : “Quelqu’un en qui j’ai confiance m’a informé qu’Abû Hurayra avait l’habitude de dire, lorsque ces contrées furent conquises…”

(1) Voir « Al-Jarh wa al-Taʿdīl » de son fils, vol. 8, notice 1051. (2) Rapporté par an-Nasaʾī, n° (3176), c’est un hadith ḥasan. (3) Plusieurs ont lu ce mot au pluriel : Nāfiʿ, Ibn Kathīr, Abū ʿAmr, Ibn ʿĀmir et Abū Jaʿfar, tandis que les autres, dont ʿĀṣim, l’ont lu au singulier. (4) Rapporté par Abū Dāwūd, n° (4302), c’est un hadith ḥasan. (5) Voir « As-Sīra an-Nabawiyya » d’Ibn Hichām (2/219).
وهذا حديث غريب أيضًا، تفرَّد به ميمون بن أستاذ هذا، وهو بصري روى عن البراء، وعبد اللَّه بن عمرو، وعنه حُميد الطويل، والجريرش، وعوف الأعرابي. قال أبو حاتم (١) ، عن إسحاق بن منصور، عن ابن معين: كان ثقة. وقال علي بن المديني: كان يحيى بن سعيد القطان لا يحدِّث عنه. وقال النسائي (٢) : ثنا عيسى بن يونس، ثنا ضمرة، عن أبي زرعة السَّيباني، عن أبي سكينة -رجل من المحرَّرين- عن رجل من أصحاب النَّبِيّ ﷺ ، قال لما أمر رسول اللَّه ﷺ بحفر الخندق، عرضت لهم صخرة حالت بينهم وبين الحفر، فقام النَّبِيّ ﷺ وأخذ المعول، ووضع رداءه ناحية الخندق، وقال: " ﴿وَتَمَّتْ كَلمات (٣) رَبِّكَ صِدْقًا وَعَدْلًا لَا مُبَدِّلَ لِكَلِمَاتِهِ وَهُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ﴾ [الأنعام: ١١٥] " . فندر ثلث الحجر، وسلمان الفارسي قائم ينظر، فبرق مع ضربة رسول اللَّه ﷺ برقة، ثم ضرب الثانية، وقال: " ﴿وَتَمَّتْ كلمات رَبِّكَ صِدْقًا وَعَدْلًا لَا مُبَدِّلَ لِكَلِمَاتِهِ وَهُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ﴾ " . فندر الثلث الآخر وبرقت برقة، فرآها سلمان، ثم ضرب الثالثة، وقال: " ﴿وَتَمَّتْ كلمات رَبِّكَ صِدْقًا وَعَدْلًا لَا مُبَدِّلَ لِكَلِمَاتِهِ وَهُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ﴾ " . فندر الثلث الباقي، وخرج رسول اللَّه ﷺ فأخذ رداءه وجلس، فقال سلمان: يا رسول اللَّه، رأيتك حين ضربت لا تضرب ضربة إِلَّا كانت معها برقة. قال رسول اللَّه ﷺ : "يا سلمان، رأيتَ ذلك؟ " . قال: إي والذي بعثك بالحق يا رسول اللَّه. قال: "فإني حين ضربت الضربة الأولى رفعت لي مدائن كسرى وما حولها ومدائن كثيرة، حتى رأيتها بعيني" . فقال له من حضره من أصحابه: يا رسول اللَّه، ادع اللَّه أن يفتحها علينا ويغنِّمنا ذراريهم، ونخرِّب بأيدينا بلادهم. فدعا بذلك، قال: "ثم ضربت الضربة الثانية، فرفعت لي مدائن فيصر وما حولها، حتى رأيتها بعيني" . قالوا: يا رسول اللَّه، اللَّه أن يفتحها علينا ويغنمنا ذراريهم، ونخرب بأيدينا بلادهم. فدعا، ثم قال: "ثم ضربت الضربة الثالثة، فرفعت لي مدائن الحبشة وما حولها من القرى، حتى رأيتها بعيني" . ثم قال رسول اللَّه ﷺ : "دعوا الحبشة ما ودعوكم، واتركوا الترك ما تركوكم" . هكذا رواه النسائي مطولًا. وإنما روى منه أبو داود (٤) : "دعوا الحبشة ما ودعوكم، واتركوا الترك ما تركوكم" . عن عيسى بن محمد الرملي، عن ضمرة بن ربيعة، عن أبي زرعة يحيى بن أبي عمرو السَّيباني، به. ثم قال ابن إسحاق (٥) : وحدثني من لا أتَّهم، عن أبي هريرة أنه كان يقول حين فتحت هذه الأمصار
(١) انظر "الجرح والتعديل" لابنه ٨/ الترجمة ١٠٥١. (٢) رواه النسائي رقم (٣١٧٦)، وهو حديث حسن. (٣) قرأها بالجمع كلمات: نافع، وابن كثير، وأبو عمرو، وابن عامر، وأبو جعفر وقرأ الباقون، ومنهم عاصم: كلمة بالإفراد. (٤) رواه أبو داود رقم (٤٣٠٢)، وهو حديث حسن. (٥) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٢١٩).

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