Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et At-Tabarânî (1) a également rapporté : « Nous a transmis ‘Abd Allâh ibn Ahmad ibn Hanbal ; il m’a rapporté le témoignage de Sa‘îd ibn Muhammad al-Jarmî ; il nous a transmis Abû Tumayla ; il nous a transmis Nu‘aym ibn Sa‘îd al-‘Abdî, selon ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : “Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) creusait la tranchée, tandis que ses Compagnons avaient noué des pierres sur leurs ventres à cause de la faim. Lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) constata cela, il demanda : ‘N’y a-t-il personne qui puisse nous offrir de quoi manger ?’ Un homme répondit : ‘Oui.’ Il dit alors : ‘Allons, montre-nous où il habite.’”

Ils se rendirent à la [maison] de cet homme, qu’ils trouvèrent en train de creuser sa part du fossé. Son épouse l’envoya chercher : “Viens donc, car le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) est chez nous.” L’homme accourut en disant : “Que mon père et ma mère soient sacrifiés pour lui.” Il possédait une chèvre et son chevreau. Il se précipita pour l’égorger, mais le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) ajouta : “Le chevreau est derrière elle.” Il sacrifia le chevreau, et sa femme prit de la farine qu’elle pétrit et fit cuire. Elle mit sa marmite sur le feu, émietta le pain dans un plat, puis le présenta au Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) et à ses Compagnons. Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) y posa son doigt en disant : “Au nom de Dieu. Ô Dieu, bénis cette nourriture. Mangez.” Ils en mangèrent jusqu’à satiété, sans en consommer plus d’un tiers, de sorte qu’il en resta les deux tiers. Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) dit alors aux dix hommes qui étaient avec lui : “Allez, et envoyez-nous d’autres compagnons munis de vos récipients.” Ils partirent, puis revinrent à dix autres qui mangèrent également jusqu’à satiété. Ensuite, il se leva et invoqua la bénédiction en faveur de la maîtresse de maison, la nomma elle ainsi que sa famille, avant de repartir à la tranchée.

Alors il dit : “Allons trouver Salmân.” Ils virent une pierre devant lui qu’il n’arrivait pas à briser. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) déclara : “Laissez-moi être le premier à la frapper.” Il dit : “Au nom de Dieu”, la frappa, et un tiers de ce bloc se détacha. Il s’écria : “Dieu est le plus grand ! Voici les palais de Byzance (2), par le Seigneur de la Ka‘ba !” Puis il asséna un deuxième coup, un autre éclat tomba, et il s’exclama : “Dieu est le plus grand ! Voici les palais de la Perse, par le Seigneur de la Ka‘ba !” Les hypocrites dirent alors : “Nous sommes en train de creuser une tranchée pour nous protéger, et lui nous promet les palais de la Perse et de Byzance…”

Ensuite, l’historien Al-Bayhaqî (3) a rapporté : “Je suis ‘Alî ibn Ahmad ibn ‘Abdân ; je suis Ahmad ibn ‘Ubayd as-Saffâr ; nous a transmis Muhammad ibn Ghâlib ibn Harb ; nous a transmis Huwwadhah ; nous a transmis ‘Awf, d’après Maymûn ibn Ustâdh az-Zuhrî (4), qui me raconta ceci de la part d’al-Barâ’ ibn ‘Âzib al-Ansârî : ‘Lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) nous ordonna de creuser la tranchée, nous tombâmes sur un rocher massif et dur dans une partie du fossé, au point que les pioches ne parvenaient pas à l’entamer. Les Compagnons s’en plaignirent donc au Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). Lorsqu’il le vit, il saisit la pioche et dit : “Au nom de Dieu.” Il frappa un coup et brisa un tiers du rocher, puis déclara : “Dieu est le plus grand ! J’ai reçu les clés de la Syrie. Par Dieu, je vois ses palais rouges, s’Il le veut.” Ensuite, il frappa à nouveau et en détacha un autre tiers, puis il dit : “Dieu est le plus grand ! J’ai reçu les clés de la Perse. Par Dieu, je vois le palais blanc de al-Madâ’in.” Enfin, il frappa une troisième fois en disant : “Au nom de Dieu”, et se débarrassa du reste du rocher. Puis il dit : “Dieu est le plus grand ! J’ai reçu les clés du Yémen. Par Dieu, je vois les portes de Ṣan‘â’ depuis l’endroit même où je me trouve.”’”

(1) Rapporté par al-Ṭabarānī dans "al-Muʿjam al-Kabīr" (11/376) et mentionné par al-Haythamī dans "Majmaʿ az-Zawāʾid" (6/132), qu'il attribue à al-Ṭabarānī. Il précise que ses narrateurs sont ceux des recueils authentiques, à l’exception de ʿAbd Allāh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal et Nuʿaym al-ʿAbdī, qui sont tous deux fiables. (2) Dans (ṭ): « akbar quṣūr ash-Shām » (« la plus grande des forteresses du Sham »). (3) Voir « Dalāʾil an-Nubuwwa » (3/421). (4) Dans « Dalāʾil an-Nubuwwa » : « az-Zahrānī ».
وقال الطبراني (١) أيضًا: ثنا عبد اللَّه بن أحمد بن حنبل، حدثني سعيد بن محمد الجرمي، ثنا أبو تُميلة، ثنا نُعَيم بن سعيد العبدي أن عكرمة حدث عن ابن عباس، قال: احتفر رسول اللَّه ﷺ الخندق، وأصحابه قد شَدُّوا الحجارة على بطونهم من الجوع، فلما رأى ذلك رسول اللَّه ﷺ قال: "هل دللتم على رجل يطعمنا أَكلة؟ " قال رجل: نعم. قال: "إما لا فتقدَّم فدلنا عليه" . فانطلقوا إلى [بيت] الرجل، فإذا هو في الخندق يعالج نصيبه منه، فأرسلت امرأته أن جئ؛ فإن رسول اللَّه ﷺ قد أتانا. فجاء الرجل يسعى وقال: بأبي وأمي. وله معزة ومعها جديها، فوثب إليها، فقال النَّبِيّ ﷺ : "الجدي من ورائها" . فذبح الجدي، وعمدت المرأة إلى طحينة لها فعجنتها وخبزت، فأدركت القِدر، فثردت قصعتها، فقربتها إلى رسول اللَّه ﷺ وأصحابه، فوضع رسول اللَّه ﷺ أصبعه فيها، وقال: "بسم اللَّه، اللهم بارك فيها، اطعموا" . فأكلوا منها حتى صدروا، ولم يأكلوا منها إِلَّا ثلثها، وبقي ثلثاها، فسرح أولئك العشرة الذين كانوا معه، أن اذهبوا وسرِّحوا إلينا بعدَّتكم. فذهبوا، فجاء أولئك العشرة، فأكلوا منها حتى شبعوا، ثم قام ودعا لربَّة البيت، وسمت عليها وعلى أهل بيتها، ثم مشوا إلى الخندق فقال: "اذهبوا بنا إلى سلمان" . وإذا صخرة بين يديه قد ضعف عنها، فقال رسول اللَّه ﷺ : "دعوني فأكون أول من ضربها" . فقال: "بسم اللَّه" . فضربها فوقعت فلقة ثلثها، فقال: "اللَّه أكبر، قصور الروم (٢) ورّب الكعبة" . ثم ضرب أخرى فوقعت فِلقة، فقال: "اللَّه أكبر، قصور فارس ورب الكعبة" . فقال عندها المنافقون: نحن نخندق على أنفسنا، وهو يعدنا قصور فارس والرُّوم. ثم قال الحافظ البيهقيّ (٣) : أنا علي بن أحمد بن عبدان، أنا أحمد بن عبيد الصفار، ثنا محمد بن غالب بن حرب، ثنا هوذة، ثنا عوف، عن ميمون بن أستاذ الزهري (٤) ، حدثني البراء بن عازب الأنصاري، قال: لما كان حين أمرنا رسول اللَّه ﷺ بحفر الخندق، عرض لنا في بعض الخندق صخرة عظيمة شديدة، لا تأخذ فيها المعاول، فشكوا ذلك إلى رسول اللَّه ﷺ ، فلما رآها أخذ المعول وقال: "بسم اللَّه" . وضرب ضربة فكسر ثلثها، وقال: "اللَّه أكبر، أُعطيت مفاتيح الشام، واللَّه إني لأبصر قصورها الحمر إن شاء اللَّه" . ثم ضرب الثانية فقطع ثلثًا آخر، فقال: "اللَّه أكبر، أعطيت مفاتيح فارس، واللَّه إني لأبصر قصر المدائن الأبيض" . ثم ضرب الثالثة، فقال: "بسم اللَّه" . فقطع [بقية] الحجر، فقال: "اللَّه أكبر، أعطيت مفاتيح اليمن، واللَّه إني لأبصر أبواب صنعاء من مكاني الساعة" .
(١) رواه الطبراني في "المعجم الكبير" (١١/ ٣٧٦) وذكره الهيثمي في "مجمع الزوائد" (٦/ ١٣٢) وعزاه للطبراني، وقال: ورجاله رجال الصحيح غير عبد اللَّه بن أحمد بن حنبل، ونعيم العبدي وهما ثقتان. (٢) في (ط): "أكبر قصور الشام". (٣) انظر "دلائل النبوة" (٣/ ٤٢١). (٤) في "دلائل النبوة": "الزهراني".

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