Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

‘Utḥma rapporte, d’après Kathîr ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn ‘Awf al-Muzanî, d’après son père, d’après son grand-père, qu’il transmit un récit dans lequel le Messager de Dieu (ﷺ) traça le fossé, en prescrivant à chaque groupe de dix hommes de creuser quarante coudées.

Il dit : Les Émigrés (al-Muhâjirûn) et les Auxiliaires (al-Anṣâr) discutèrent à propos de Salmân (1). Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara alors : « Salmân fait partie des nôtres, gens de la maison (Ahl al-Bayt). »

‘Amr ibn ‘Awf raconta : « J’étais associé à Salmân, Hudhayfa, an-Nu‘mân ibn Muqarrin et six hommes parmi les Anṣâr pour creuser quarante coudées. Nous creusâmes jusqu’à trouver l’humidité du sol, et nous tombâmes sur un rocher blanc (marwah) qui fendit nos outils de fer et nous posa de grandes difficultés. Salmân alla donc informer le Messager de Dieu (ﷺ), qui se trouvait alors sous une tente turque. Celui-ci vint, prit la pioche de Salmân, frappa le rocher d’un coup qui le fendit, et il en jaillit une étincelle qui illumina ce qui se trouvait entre les deux étendues de pierre de Médine, comme une lampe dans la nuit la plus sombre. Le Messager de Dieu (ﷺ) proclama le takbîr annonçant la conquête, et tous les musulmans en firent de même. Puis il le frappa une seconde fois, avec la même lumière, et une troisième fois, pareillement. Salmân et les musulmans rapportèrent cela au Messager de Dieu (ﷺ) et l’interrogèrent à propos de cette lumière. Il répondit : « Lors du premier éclat, j’ai vu s’éclairer pour moi les palais de al-Ḥîrah et les villes de Kisrâ, pareils aux crocs d’un chien ; Gabriel (Jibrîl) m’a alors informé que ma communauté triompherait d’eux. Lors du deuxième, il en fut de même pour les palais de la terre des Byzantins (ar-Rûm) ; Gabriel m’a informé que ma communauté triompherait d’eux. Au troisième éclat, j’ai vu les palais de Ṣan‘â’, également pareils aux crocs d’un chien, et Gabriel m’a dit que ma communauté s’en emparerait. Réjouissez-vous ! » Les musulmans se réjouirent et dirent : « Louange à Dieu, la promesse est véridique. »

Il poursuivit : « Quand les Coalisés (al-Aḥzâb) apparurent, les croyants dirent : ﴿هَذَا مَا وَعَدَنَا اللَّهُ وَرَسُولُهُ وَصَدَقَ اللَّهُ وَرَسُولُهُ وَمَا زَادَهُمْ إِلَّا إِيمَانًا وَتَسْلِيمًا﴾ [al-Aḥzâb, 22]. Et les hypocrites dirent : “Il vous annonce qu’il aperçoit depuis Yathrib les palais de al-Ḥîrah et les villes de Kisrâ, et que vous les prendrez, alors que vous creusez un fossé sans même parvenir à sortir !?” » C’est à leur sujet que fut révélé : ﴿وَإِذْ يَقُولُ الْمُنَافِقُونَ وَالَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ مَا وَعَدَنَا اللَّهُ وَرَسُولُهُ إِلَّا غُرُورًا﴾ [al-Aḥzâb, 12]. Ce hadith est jugé « étrange ».

Le ḥâfiẓ Abû al-Qâsim aṭ-Ṭabarânî (2) rapporte : « Hârûn ibn Mulawwul nous transmit, Abû ‘Abd al-Raḥmân nous transmit, d’après ‘Abd al-Raḥmân ibn Ziyâd, lui-même d’après ‘Abd al-Raḥmân ibn Yazîd, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Amr, qui raconta : “Lorsque le Prophète (ﷺ) ordonna de creuser le fossé autour de Médine, on lui dit : ‘Ô Messager de Dieu, nous avons trouvé une pierre (ṣafâ) que nous ne pouvons pas briser.’ Le Prophète (ﷺ) se leva, et nous nous levâmes aussi. Lorsqu’il l’atteignit, il saisit la pioche et frappa un premier coup tout en proclamant le takbîr, et j’entendis un bruit sourd (haddah) tel que je n’en avais jamais perçu de semblable. Il déclara : ‘La Perse est conquise.’ Puis il frappa de nouveau, proclama le takbîr, et le même bruit retentit à nouveau. Il dit : ‘Byzance (ar-Rûm) est conquise.’ Enfin, il frappa une troisième fois et proclama le takbîr, et j’entendis encore ce même bruit, avant qu’il n’ajoute : ‘Dieu a fait venir les Ḥimyar comme alliés et soutiens.’”” » Ce récit est également jugé « étrange » pour cette chaîne de transmission, et ‘Abd al-Raḥmân ibn Ziyâd ibn An‘am al-Ifriqî est considéré comme faible. Dieu est plus savant.

(1) Dans le sens où les Émigrés et les Auxiliaires rivalisaient pour l’affiliation de Salmân.
(2) C’est-à-dire Abû al-Qâsim aṭ-Ṭabarânî, grand compilateur de hadiths.
(3) Ṣafâ : rocher ou pierre dure.

(1) C’est-à-dire : querelle. (2) Al-Haythami l’a mentionné dans « Majma‘ al-Zawāʾid » (6/131) et l’a attribué à al-Ṭabarānī par deux chaînes de transmission ; dans l’une d’elles, Ḥuyayy ibn ʿAbd Allāh était considéré comme fiable par Ibn Maʿīn, mais fut affaibli par plusieurs autres, tandis que les autres narrateurs sont des hommes de la Ṣaḥīḥ. (3) C’est-à-dire : une roche.
عثمة، عن كثير بن عبد اللَّه بن عمروبن عوف المُزَني، عن أبيه، عن جدِّه، فذكر حديثًا فيه أن رسول اللَّه ﷺ خطَّ الخندق بين كل عشرة أربعين ذراعًا. قال: واحتق (١) المهاجرون والأنصار في سلمان، فقال رسول اللَّه ﷺ : "سلمان منَّا أهل البيت" . قال عمرو بن عوف: فكنت أنا، وسلمان، وحذيفة، والنعمان بن مُقَرِّن، وستة من الأنصار في أربعين ذراعًا، فحفرنا حتى إذا بلغنا الندى، ظهرت لنا صخرة بيضاء مَرْوَة، فكسرت حديدنا وشقت علينا، فذهب سلمان إلى رسول اللَّه ﷺ وهو في قبة تركية، فأخبره عنها، فجاء فأخذ المعول من سلمان، فضرب الصخرة ضربة صدعها، وبرقت منها برقة أضاءت ما بين لابتيها -يعني المدينة- حتى كأنها مصباح في جوف ليل مظلم، فكبَّر رسول اللَّه ﷺ تكبير فتح، وكبَّر المسلمون، ثم ضربها الثانية فكذلك، ثم الثالثة فكذلك. وذكر ذلك سلمان والمسلمون لرسول اللَّه ﷺ ، وسألوه عن ذلك النور، فقال: "لقد أضاء لي من الأولى قصور الحيرة ومدائن كسرى، كأنها أنياب الكلاب، فأخبرني جبريل أن أمتي ظاهرة عليها، ومن الثانية أضاءت قصور الحمر من أرض الروم، كأنها أنياب الكلاب، وأخبرني جبريل أن أمتي ظاهرة عليها، ومن الثالثة أضاءت قصور صنعاء، كأنها أنياب الكلاب، وأخبرني جبريل أن أمتي ظاهرة عليها، فأبشروا" . واستبشر المسلمون، وقالوا: الحمد للَّه، موعود صادق. قال: ولما طلعت الأحزاب قال المؤمنون: ﴿هَذَا مَا وَعَدَنَا اللَّهُ وَرَسُولُهُ وَصَدَقَ اللَّهُ وَرَسُولُهُ وَمَا زَادَهُمْ إِلَّا إِيمَانًا وَتَسْلِيمًا﴾ [الأحزاب: ٢٢] وقال المنافقون: يخبركم أنه يبصر من يثرب قصور الحيرة ومدائن كسرى، وأنها تفتح لكم، وأنتم تحفرون الخندق لا تستطيعون أن تبرَّزوا؟ ! فنزل فيهم: ﴿وَإِذْ يَقُولُ الْمُنَافِقُونَ وَالَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ مَا وَعَدَنَا اللَّهُ وَرَسُولُهُ إِلَّا غُرُورًا﴾ [الأحزاب: ١٢] . وهذا حديث غريب. وقال الحافظ أبو القاسم الطبراني (٢) : ثنا هارون بن ملول، ثنا أبو عبد الرحمن، ثنا عبد الرحمن بن زياد، عن عبد الرحمن بن يزيد، عن عبد اللَّه بن عمرو، قال: لما أمر النبيُّ ﷺ بالخندق فَخُنْدق على المدينة، قالوا: يا رسول اللَّه، إنا وجدنا صفاه (٣) لا نستطيع حفرها، فقام النبي ﷺ ، وقمنا معه، فلما أتاها أخذ المعول، فضرب به ضربة وكبَّر، فسمعت هدَّة لم أسمع مثلها قط، فقال: [ "فتحت فارس" . ثم ضرب أخرى فكبَّر، فسمعت هدَّة لم أسمع مثلها قط، فقال: ] "فتحت الروم" . ثم ضرب أخرى فكبَّر، فسمعت هدَّة لم أسمع مثلها قط، فقال: "جاء اللَّه بحِمْيَر أعوانًا وأنصارًا" . وهذا أيضًا غريب من هذا الوجه، وعبد الرحمن بن زياد بن أنعم الإفريقي فيه ضعف، فاللَّه أعلم.
(١) أي: تخاصم. (٢) وذكره الهيثمي في "مجمع الزوائد" (٦/ ١٣١) وعزاه للطبراني بإسنادين في أحدهما حُيي بن عبد اللَّه وثقه ابن معين وضعّفه جماعة، وبقية رجاله رجال الصحيح. (٣) أي: صخرة.

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