Oumm Salama raconta : « J’ai retenu ces paroles de lui (Abou Salama). Lorsque Abou Salama mourut, j’ai prononcé la formule de retour à Dieu (inna lillâhi wa inna ilayhi râji‘ûn) et j’ai dit : “Ô Seigneur, récompense-moi dans mon malheur et remplace-le-moi par quelque chose de meilleur.” Puis je me suis dit en moi-même : “Comment pourrais-je trouver mieux qu’Abou Salama ?”
Quand ma période de viduité fut achevée, le Messager de Dieu ﷺ me demanda l’autorisation d’entrer alors que je tannais une peau. Je rinçai mes mains de la poudre de mimosa et je l’y autorisai. Je lui plaçai un coussin de cuir rembourré de fibres, sur lequel il s’assit, puis il me demanda en mariage. Lorsqu’il eut terminé son propos, je lui dis : “Ô Messager de Dieu, ce n’est pas que je ne te désire pas, mais je suis une femme en proie à une grande jalousie ; je crains que tu ne voies chez moi quelque chose qui me vaudrait un châtiment de la part de Dieu. De plus, je suis une femme avancée en âge et j’ai des enfants.”
Il répondit : “Quant à ce que tu crains de ta jalousie, Dieu te l’ôtera. Quant à l’âge, j’ai subi le même sort que toi. Et quant à tes enfants, ils sont mes enfants.” Oumm Salama poursuivit alors : “Je me suis donc remise à la volonté du Messager de Dieu ﷺ.” Elle ajouta : “Dieu m’a accordé, en remplacement d’Abou Salama, quelqu’un de meilleur que lui : le Messager de Dieu ﷺ.”
Ce hadith a été rapporté par at-Tirmidhî et an-Nassâ’î (1), d’après Hammâd ibn Salama, de Thâbit, de ‘Omar ibn Abî Salama, d’après sa mère Oumm Salama, d’après Abou Salama. At-Tirmidhî a jugé ce hadith “bon et rare (hasan gharîb)”. Dans une autre version transmise par an-Nassâ’î (2), il est rapporté par Thâbit d’après Ibn ‘Omar ibn Abî Salama. Ibn Mâjah (3) l’a également relayé, d’après Abou Bakr ibn Abî Shaybah, d’après Yazîd ibn Hârûn, d’après ‘Abd al-Malik ibn Qudâma al-Jumahî, d’après son père, d’après ‘Omar ibn Abî Salama.
Ibn Ishâq (4) a dit : “Ensuite, le Messager de Dieu ﷺ — c’est-à-dire après le rendez-vous de Badr — revint à Médine ; il y demeura jusqu’à la fin du mois de Dhou l-Hijja, et ce pèlerinage fut accompli par les polythéistes, en l’an quatre.” Al-Wâqidî (5) a mentionné : “Cette même année — la quatrième — le Messager de Dieu ﷺ ordonna à Zayd ibn Thâbit d’apprendre l’écriture des Juifs.””
Je (l’auteur) dis : “Il est établi dans le ‘Sahîh’ (6) qu’il (Zayd ibn Thâbit) a déclaré : ‘Je l’ai apprise en quinze jours.’ Dieu sait mieux.”