«L’authentique» est issu du hadith rapporté par ʿUbayd Allāh ibn ʿUmar al-ʿUmarī, d’après Wahb ibn Kaysān, d’après Jābir, avec un contenu similaire. (Al-Suhaylī (1) déclare : « Dans ce hadith, il y a une allusion à ce dont le Messager de Dieu (ﷺ) avait informé Jābir ibn ʿAbd Allāh : que Dieu avait ressuscité [son père] et s’était adressé à lui en disant “Formule un souhait”, car il était martyr. » Dieu — Exalté soit-Il — a en effet dit : « Certes, Dieu a acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens… » (At-Tawbah [9], verset 111). Il leur a ensuite accordé un surcroît, conformément à Sa parole : « À ceux qui agissent avec excellence est réservé le meilleur et plus encore » (Yūnus [10], verset 26). Puis Dieu leur a réuni à la fois la compensation et la chose cédée, en leur rendant les âmes qu’Il avait achetées à eux, car Il dit : « Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le chemin de Dieu soient morts. Au contraire, ils sont vivants auprès de leur Seigneur, pourvus de subsistance » (Āl ʿImrān [3], verset 169). L’âme, pour l’être humain, est comparable à sa monture, comme l’a dit ʿUmar ibn ʿAbd Al-ʿAzīz. »
Il poursuit : « C’est pourquoi le Messager de Dieu (ﷺ) acheta à Jābir son chameau, qui était sa “monture”, en lui remettant le prix convenu, puis le lui rendit et l’augmenta même au-delà. » Il dit encore : « Cela confirme ce que le Prophète (ﷺ) avait annoncé à Jābir au sujet de son père. » L’explication qu’apporte Al-Suhaylī ici est une allusion singulière et une conception ingénieuse, et Dieu est plus savant.
L’Imam al-Bayhaqī, dans son ouvrage “Dalāʾil an-Nubuwwah” (3), a fait un chapitre sur ce hadith rapporté durant cette expédition, en disant : « Chapitre sur ce qui apparut lors de cette expédition, parmi ses bénédictions et ses signes, à propos du chameau de Jābir ibn ʿAbd Allāh (qu’Allah l’agrée). » Ce hadith possède de nombreuses chaînes de transmission différentes de la part de Jābir, avec des variantes considérables concernant le montant du prix du chameau et la façon dont la vente fut conclue. Analyser cette question en profondeur et la détailler davantage est plus approprié dans le “Kitāb al-Bayʿ” (Livre de la vente) des “Aḥkām” (Œuvres législatives). Dieu est plus savant.
Il est rapporté que ce récit est rattaché à cette expédition, mais aussi à d’autres, comme il apparaîtra ultérieurement, et il semble peu probable de les énumérer tous. Dieu est plus savant.
• La bataille (ghazwa) de Badr al-Ākhira.
Il s’agit de Badr al-Mawʿid (4), à laquelle ils s’étaient donné rendez-vous après Uḥud, comme cela a déjà été décrit. Ibn Isḥāq (5) rapporte : « Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) revint à Médine après l’expédition de Dhāt ar-Riqāʿ, il y séjourna le restant de Jumādā (al-Ūlā) et de Jumādā (al-Ākhira) ainsi que le mois de Rajab, puis il partit en Shaʿbān vers Badr pour le rendez-vous fixé avec Abū Sufyān. » Ibn Hishām précise : « Il désigna comme gouverneur de Médine ʿAbd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn Ubayy ibn Salūl. »
Ibn Isḥāq ajoute : « Le Messager de Dieu (ﷺ) arriva à Badr, où il stationna huit jours en attendant Abū Sufyān. De son côté, Abū Sufyān quitta La Mecque en compagnie des Qouraych pour arriver jusqu’à Majanna, dans la région de Dhahrān — selon d’autres, il parvint à ʿUsfān — avant de se raviser et de dire : “Ô gens de Qouraych, il ne convient pas que vous entrepreniez cette expédition en une année de disette, où la végétation est rare et le lait est moins abondant; je retourne donc et retournez aussi.” » Abū Sufyān rebroussa chemin et les gens de La Mecque surnommèrent alors l’armée « l’armée du sawīq (farine d’orge) », en disant : « Vous êtes simplement sortis pour boire du sawīq. »